Le restylage de la Renault Mégane E-Tech n’apporte pas autant d’évolutions qu’espéré
Après plus de 4 années de carrière et plus de 100 000 exemplaires écoulés, il était temps, face à une concurrence toujours plus agressive, que la compacte électrique de Renault évolue. Mais si la face avant est largement revue, les modifications ne suffiront sans doute pas à lui permettre de prendre le leadership dans son segment.

Si Renault a été, avec ses Fluence et Zoé, l’un des pionniers de la voiture électrique, la marque avait fini par prendre du retard face à certains de ses rivaux, faute de renouvellement et de développement de sa gamme zéro émission. La phase 2 de cette offensive débute toutefois fin 2021, lors du salon de Munich.
À cette occasion, le Losange dévoile la Mégane E-Tech. Initialement destinée à prendre la suite de la Zoé, alors âgée de 9 ans, elle prendra finalement place dans le segment des berlines compactes en reprenant le nom de la lignée alors en place. Un choix fait par Luca de Meo, alors PDG du groupe français. Un choix également logique au vu du gabarit (4,20 m de long) de ce modèle, aussi proche de celui de la Mégane d’alors (4,36 m) que de celui de la Clio (4,05 m).
Les livraisons débutent alors en mai 2022 avec une gamme peu lisible, composée de deux motorisations (130 et 220 ch), de deux tailles de batterie et de plusieurs niveaux de puissance de recharge, parfois seulement disponible par le biais des options. Au fil du temps, la Mégane finit toutefois par resserrer son offre autour des variantes les plus demandées.

Mais cela ne suffit pas à freiner la chute des ventes : entre 2024 et 2025, elles sont quasiment divisées par deux en France ! S’impose alors l’idée que la Mégane E-Tech a atteint le moment de sa carrière où un restylage s’impose. Un restylage tout juste dévoilé et qui sera disponible dans le réseau dès la rentrée.
Jeux de lumières


Comme toujours à ce stade de la carrière d’un modèle, il n’est pas question de modifier la majeure partie des éléments de carrosserie. Pourtant, Renault n’a pas mégoté en la matière. Naturellement, le profil est strictement identique à celui de la première phase. Mais la face avant, pour sa part, est presque totalement repensée.
C’est simple : seuls les projecteurs n’ont pas été redessinés. En effet, la position plus basse du Losange a contraint la marque à développer un nouveau capot. Il prend désormais place dans une calandre plus travaillée et constellée, comme c’est actuellement l’habitude chez Renault, de dizaines de petits losanges.
Le bouclier avant est également inédit et ne peut plus recevoir l’insert doré qui était disponible sur certaines versions de la Mégane pré-restylage. À la place, une large partie en noir brillant prend place entre la signature lumineuse inédite. Car, contrairement à ce que l’on pensait, les designers n’ont pas repris le motif en demi-losange de la Clio 6 mais préféré deux lots de 8 mini-losanges. Cela donne à cette berline un regard neuf et surtout plus dynamique, pour ne pas dire agressif.
Sur la poupe, les modifications sont encore beaucoup plus tenues, puisque les feux sont le seul élément à avoir été retouché. Et nous ne parlons pas ici de leurs contours. Non, c’est "simplement" leur composition qui est nouvelle. Mais en abandonnant ces éléments très classiques pour de nouveaux en 3 dimensions, le postérieur parvient à se donner un aspect techno à bon compte.
Transformer une contrainte en atout
À bord, il faut être un vrai spécialiste de ce modèle pour repérer les très rares évolutions. Ne les cherchez pas du côté de l’instrumentation, toujours assurée via deux dalles HD et, pour celle consacrée au multimédia, un système d’exploitation Google (même si celui-ci reçoit plus d’applications et promet d’être encore plus rapide et fluide à l’usage), ni des formes générales de la planche de bord.

L’évolution qui saute le plus aux yeux concerne les selleries. Sur la version Esprit Alpine photographiée ici, cela se traduit par l’arrivée du simili-cuir pour les parties latérales. Simili-cuir qui recouvre entièrement les sièges de l’entrée de gamme Techno et qu’il est possible de choisir blanc ou noir. Simili-cuir, enfin, qui recouvre la partie supérieure de la planche de bord et qui donne un aspect plus cossu à cette dernière.
Pour le reste, on retrouve des matériaux de qualité honorable, même si les plastiques durs et mats règnent en maître sur la partie inférieure du mobilier et des assemblages plutôt soignés.


Ah, si, on allait oublier : une caméra prend désormais place sur le pilier, côté conducteur. Elle permet le fonctionnement du dispositif de surveillance, désormais obligatoire. Renault a profité de cette nouvelle contrainte pour doter la Mégane E-Tech d’un système de reconnaissance faciale. Capable de reconnaître les différents conducteurs préalablement enregistrés, elle règle automatiquement le siège, les rétroviseurs, l’ambiance lumineuse ou encore ses stations de radio favorites.
Petits bras
Notre plus grosse attente concernant cette phase 2 de la Mégane E-Tech concernait surtout la batterie. Avec ses 60 kWh, la française paraissait un peu faiblarde face à des rivales qui n’hésitaient désormais plus à dépasser les 75 kWh d’énergie embarquée. D’autant que la puissance de charge, 130 kW maximum, se trouvait également dans le bas du panier.
Alors, oui, Renault a entendu ses clients et dote la nouvelle Mégane d’une batterie plus importante. Mais, contrairement à ce que nous espérions, il ne faut pas compter avec la 87 kWh du Scénic, qui aurait sans doute permis à cette berline de frôler les 650 km d’autonomie, mais se "contenter" d’un inédit élément de 67 kWh s’en remettant à la technologie Lithium-Fer-Phosphate.

Selon Renault, c’est suffisant pour satisfaire la clientèle actuelle… et en convaincre une nouvelle. D’autant que la puissance de charge est désormais de 165 kW en pointe. Malgré cela, Renault annonce 24 minutes pour passer de 15 à 80 % de charge, ce qui reste moyen. Un choix qui permet, toujours selon la marque, à la Mégane E-Tech phase 2 de rester très compétitive sur le marché actuel.
Faut-il compter sur des prix en baisse ?
On ne se refait pas. Il a juste fallu que les équipes de Renault nous parlent de compétitivité pour que nous leur posions la question du prix. Et nous avons fait chou blanc ! Aucune réponse n’est à espérer avant l’ouverture des commandes, prévue durant l’été. Risquons-nous tout de même à un petit calcul.
À ce jour, la gamme Mégane E-Tech débute à 39 500 €, hors Coup de pouce CEE, soit 35 880 € une fois la prime de 3 620 € déduite (ou 34 670 € si l’on a droit au Coup de pouce XXL de 4 830 €).
Si la nouvelle batterie parvenait à obtenir le CEE complémentaire accordé aux accumulateurs "made in Europe" (nos interlocuteurs se sont refusés à tout commentaire sur ce point), la Mégane pourrait alors compter sur une déduction maximale de 7 650 €. En fixant le prix de l’entrée de gamme à 37 550 €, la marque pourrait alors afficher un prix "toutes primes déduites" de 29 900 €. Ce qui serait très compétitif dans cette catégorie.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que seuls 2 niveaux de finition seront désormais disponibles. Les Techno et Esprit Alpine promettent une dotation très complète, incluant le système connecté Google, les sièges avant électriques, la pompe à chaleur, le One Pedal…

Un coup de jeune trop limité
Si les modifications esthétiques de la Mégane E-Tech phase 2 sont, surtout à l’avant, un peu plus importantes qu’attendues, les nouvelles caractéristiques techniques déçoivent. Avec sa nouvelle batterie, la Mégane refait un peu de son retard, mais elle apparaît, d’ores et déjà, assez peu compétitive face à des rivales plus profondément retouchées (Cupra Born, Volkswagen ID.3 Neo…), voire carrément inédites (Kia EV4, Nissan Leaf…). À moins que la grille tarifaire de la française nous réserve une belle surprise.
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