Audi A8, BMW Série 7 ou Classe S : laquelle de ces reines du luxe est le meilleur plan après 10 ans ?
Ces trois modèles symbolisent ce que l’industrie automobile allemande sait faire de mieux. Ces grandes berlines luxueuses en font rêver plus d’un et leurs prix ont particulièrement chuté, mais pour laquelle craquer ?

La concurrence entre les grandes berlines allemandes est féroce depuis plusieurs années déjà, notamment lorsqu’Audi présente sa première A8 en 1994. Si BMW et Mercedes sont déjà bien établis dans le segment du luxe, la marque aux anneaux fait une entrée remarquée et ses prestations n’ont rien à envier à ses deux concurrentes.
Généreusement motorisées, très bien fabriquées et bénéficiant des équipements à la pointe, ces berlines n’avaient rien de bon marché. Paradoxalement, ce sont aussi celles qui accusent les plus fortes décotes.
Plusieurs raisons à cela. Leur clientèle étant sensible à la nouveauté et aux forts contenus technologiques, une nouvelle génération fait chuter les valeurs de celle qui arrive sur le marché de l’occasion. Ensuite, les nombreux équipements qu’elles renferment ont de quoi faire peur, et à raison puisque les réparations sont souvent très coûteuses.
Afin de comparer plus finement nos trois limousines, nous nous sommes concentrées sur les modèles étant au catalogue il y a dix ans. Il s’agit donc des Audi A8 D4 (2010-2018) et BMW Série 7 F01/F02 (2008-2015). Dans le cas de la Mercedes Classe S, c’est un peu plus compliqué puisqu’elle se situe entre deux générations par rapport aux deux autres. La W221 a été commercialisée entre 2005 et 2013 alors que la W222 entre 2013 et 2021. Laquelle représente le meilleur plan après dix ans ?
Audi A8 D4 (2010 - 2018)

Lancée en avril 2010, cette génération se revendique comme la voiture la plus intelligente et la plus sportive. Elle dispose toujours d’une carrosserie et d’une structure en aluminium, mais plus légère et rigide, de moteurs V6 et V8 plus efficients et d’une nouvelle boîte automatique à huit rapports. Avec ses 5,13 m de long, en châssis court, elle sait recevoir. Les occupants bénéficient de beaucoup d’espace et d’une finition au top. À l’inverse de ses concurrentes, son hayon permet un accès bien plus aisé au coffre.
Le conducteur a droit à un système multimédia MMI qui se commande via un pad situé sur la console centrale. À l’époque, le système se veut moderne puisque le GPS annonce les virages à la boîte automatique afin que celle-ci rétrograde ou adapte le bon rapport en fonction du profil de la route.

À son lancement, elle loge sous son capot le V8 FSI de 372 ch, un V8 TDI de 350 ch. Sont arrivées par la suite des mécaniques plus raisonnables comme le V6 TDI de 250 ch ou le V6 TFSI de 290 ch. Enfin, la transmission quattro à quatre roues motrices est présente sur la quasi-totalité des versions.
La fiabilité :
Cette Audi A8 semble être épargnée des soucis lourds et récurrents. Toutefois, l’entretien doit être irréprochable sous peine d’usure prématurée de certaines pièces. Ainsi, une boîte automatique et des ponts vidangés sont à privilégier. Si l’habitacle vieillit bien dans l’ensemble, les revêtements dits « soft touch » peuvent se décoller et leur remise en état peut s’avérer onéreuse. Dans tous les cas, il faut privilégier un modèle qui a été stocké dans un endroit sec et qui a régulièrement roulé.

Ce que l’on peut trouver :
Cela peut paraître incroyable, mais il est possible de s’offrir une A8 pour moins chère qu’une Dacia Sandero neuve. Il faut tabler sur un ticket d’entrée de 12 000 € environ. À ce prix, les exemplaires tutoient souvent les 300 000 km et proviennent de Belgique ou d’Allemagne et abritent des mécaniques diesel. D’ailleurs, l’essence ne représente que 10 % de l’offre environ. Il n’y a pas si longtemps, ces mécaniques étaient particulièrement appréciées. À partir de 21 000 €, vous pouvez envisager un exemplaire de moins de 100 000 km datant de 2011/2012. À la vue des petites annonces, il ne semble pas y avoir de grandes différences entre les V6 et V8. Si ce dernier est plus noble, il nécessite aussi un budget entretien plus solide. Enfin, n’hésitez pas à demander la (longue) liste des options afin de comparer au mieux l’offre.
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BMW Série 7 F01 (2008 - 2015)

Pour cette génération de la Série 7, terminées les excentricités de Chris Bangle, la grande berline statutaire doit à nouveau rentrer dans le rang et faire preuve de classicisme. C’est clairement le cas puisque les lignes sont plus harmonieuses et l’ensemble paraît plus cohérent.
Si le volume du coffre (500 litres) n’a rien d’extraordinaire et que son accès est limité, les passagers arrière sont nettement mieux accueillis qu’auparavant grâce à la progression de l’empattement. Quant au conducteur, il profite toujours d’un châssis aux petits oignons, même si le gabarit et le poids ne peuvent lui procurer le dynamisme d’une Série 3. De plus, BMW a écouté les critiques en offrant un intérieur particulièrement soigné et harmonieux, avec des revêtements de qualité et très bien assemblés.

Au niveau technologique, elle offre les derniers raffinements de l’époque avec la possibilité d’accéder à l’infotrafic, la météo, les mails, et même les dépêches AFP.
Côté mécanique, il est difficile de faire son… difficile. Que ce soit en essence ou en diesel, l’agrément mécanique est au top et les performances sont au rendez-vous. Le point d’orgue revient au V12 6.0 de 544 ch lors de sa sortie en 2008.
La fiabilité :
La BMW Série 7 ne connaît pas d’avaries graves, mais certains points sont à surveiller. On note ainsi que les silentblocs du train avant fatiguent assez rapidement, du fait notamment du poids élevé de l’auto. Sur les mécaniques diesel, le cache culbuteur peut fuir, ce qui n’a rien de grave, mais il ne faut pas le laisser tel quel. À noter que globalement, les blocs à essence présentent une meilleure tranquillité d’utilisation. Comme pour l’Audi, certains revêtements pelliculés se désagrègent.

Ce que l’on peut trouver :
Cette grande BMW est encore plus accessible que l’Audi puisqu’il est possible de dénicher un exemplaire à 10 000 €. Il s’agit souvent d’une version 730d de 2008 ayant dépassé les 250 000 km. Pour quelques milliers d’euros supplémentaires, soit environ 14 000 €, vous pouvez prétendre à une version similaire, mais affichant moins de 200 000 km. Avec 25 000 € en poche, un exemplaire de moins de 100 000 km s’offre à vous, mais ils sont rares. Comme pour l’Audi, le diesel est majoritaire et représente 80 % de l’offre.
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Mercedes Classe S W221 (2005 - 2013)

Celle qui a vu s’asseoir sur sa banquette une grande partie des dirigeants de ce monde profite d’un grand savoir-faire. Seulement, en voulant séduire la clientèle chinoise, la Classe S laisse quelque peu de côté la finesse des lignes pour un aspect plus robuste et sportif, comme en témoignent les ailes particulièrement marquées.
À l’intérieur, la planche de bord se distingue par sa double casquette afin d’y intégrer des écrans. Comme pour BMW et son système iDrive, Mercedes adopte une molette pour naviguer dans tous les nombreux menus qu’offre cette S. Accès au téléphone, réglages des sièges, lecteur de CD, GPS, tout ou presque par cette commande, ce qui a forcément vieilli aujourd’hui.
En revanche, les équipements de confort comme les sièges ventilés sont toujours aussi appréciables, de même que la qualité de la présentation et de réalisation du mobilier intérieur. Les passagers arrière ne peuvent qu’apprécier l’espace offert, notamment dans la version longue (+ 13 cm), et le confort de suspension, toujours un point sur lequel Mercedes excelle.

Sous le capot, même les moteurs d’entrée de gamme sont déjà généreux comme en atteste la version S350 lors du lancement. Le V8 fort de 388 ch fait logiquement mieux, mais de toute façon, c’est encore une fois le diesel qui a le plus séduit.
Si l’agrément mécanique est au rendez-vous, qu’en est-il du comportement routier ? Grâce à son nouveau système Active Body Control, elle efface les effets de tangage et de roulis, assurant des passages en courbe optimum. Son truc à elle : rouler vite sans jamais en donner l’impression.
La fiabilité :
Amortissement, électronique, ou encore transmission, la Mercedes Classe S n’est pas totalement exempt de défauts, mais elle n’est pas non plus un mauvais élève à ce chapitre. Un exemplaire parfaitement suivi et totalement dénué de bruit suspect est indispensable. Ce type d’auto, qui étrenne de nouvelles technologies, ne supporte pas l’approximation. Le réseau Mercedes étant onéreux, un modèle uniquement suivi par la marque est à privilégier.

Ce que l’on trouve sur le marché :
Il s’agit de la moins chère de notre sélection, plutôt logique puisque c’est aussi la moins récente. À partir de 8 000 €, une Classe S s’offre à vous. Seulement, à ce prix, des réparations sont parfois à prévoir et/ou l’entretien semble hasardeux : fuyez ! Il est préférable d’augmenter votre cagnotte jusqu’à 10 000 € pour bénéficier d’un exemplaire plus « sérieux ». Il s’agira certainement d’un diesel 320 CDI d’environ 200 000 km et de 2007. Toutefois, les essence 350 ne sont pas rares puisque, contrairement aux A8 et Série 7, la proportion de moteurs essence est plus importante. Il est ainsi possible de dénicher une S500 de 2006 avec 110 000 km pour 15 000 €.
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Mercedes Classe S W222 (2013 – 2021)

Par rapport aux modèles cités ci-dessus, cette génération de Classe est bien plus moderne. Tout d’abord, la marque est revenue à davantage de classicismes avec des lignes fluides, voire sages. Mais c’est surtout à l’intérieur que la modernité saute aux yeux, notamment via la double dalle numérique au sommet de la planche de bord. La taille des écrans et leur graphisme n’ont plus rien de comparable.
Si ces concurrentes du jour n’ont pas à rougir en termes d’habitabilité ou de confort, leurs équipements technologiques ne sont pas aussi évolués. Conduite autonome dans les embouteillages, suspensions qui scannent la route ou qui compensent le vent latéral, envoie de flash aux piétons dans la nuit, quatre roues directrices…

Ses mécaniques font aussi preuve d’une grande sobriété puisque le V6 diesel Bluetec 350 fort de 258 ch ne réclame officiellement que 5,5 l/100 km de moyenne ! Une S400 Hybrid est aussi de la partie, de même que la S500 qui peut compter sur son V8 biturbo fort de 455 ch.
La fiabilité :
Mercedes a remis le curseur qualité au plus haut avec cette génération et cela se ressent également au niveau de la fiabilité. En plus d’être épargnée des gros soucis, cette berline profite encore du réseau Mercedes du fait de son âge encore récent. Les propriétaires actuels ne délaissent pas encore les garages à l’étoile.

Ce que l’on peut trouver :
Du fait de son âge bien moins avancé que ses concurrentes du jour, il ne faut pas s’attendre à dénicher cette Classe S à 13 000 €. Pour autant, un chèque de 21 000 € suffi, une affaire par rapport aux prix du neuf de l’époque. À ce prix, vous disposez d’une Bluetec 350 de 2013 affichant 250 000 km environ. Si le diesel n’est plus ultra-représenté, comme pour les générations précédentes, il tient encore une place importante, près de la moitié, dans les petites annonces. Si vous cherchez davantage l’exclusivité, une S500 démarre à 27 000 € tout en affichant moins de 200 000 km. Enfin, et cela vaut pour tous les modèles listés, la liste des options influe sur le prix et doit être absolument vérifiée.
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Le bilan
Une Mercedes Classe S à moins de 10 000 € ? C’est possible. Étonnamment, celle qui a la plus forte image et celle qui s’offre pour le moins cher. Dans tous les cas, il est préférable d’y mettre davantage pour avoir l’esprit plus tranquille. Cette dernière présente l’avantage d’être plus représentée sur le marché de l’occasion. Finalement, que ce soit la Mercedes, la BMW ou l’Audi, c’est un peu une question de goût puisque les prix sont assez comparables, même si la BMW est mieux placée.
À noter toutefois que s’orienter vers un modèle à essence nécessitera plus de patience, car plus rare. Pour les férus de technologie, et pour ceux qui ont un portefeuille plus solide, l’avant-dernière génération de Classe S reste un bon choix. Si vous vous orientez vers un exemplaire à moins de 20 000 €, ayez plusieurs milliers d’euros de côté afin de pallier les éventuelles pannes.
Enfin, il est fortement conseillé de trouver le garagiste capable d’y mettre les mains avant de se lancer en quête de votre limousine de rêve.

















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