Excès de vitesse au travail : ce secteur d’activité bat tous les records
Au volant l’urgence professionnelle se traduit top souvent par une dangereuse tendance à appuyer sur le champignon. Si les entreprises sont aujourd’hui massivement équipées pour traquer le type de conduite de leurs collaborateurs, elles peinent encore à utiliser ces données pour les faire ralentir.

Courir après le temps. Un mal chronique chez les professionnels de la route. Dans cette course effrénée, enfoncer la pédale d’accélérateur apparaît comme un réflexe inné.
Il n'est donc pas surprenant de constater que l’excès de vitesse est l’infraction la plus couramment sanctionnée chez les salariés en mission. La survitesse représente à elle seule 37 % des infractions majeures au Code de la route constaté. Tous les métiers de sont pas logés à la même enseigne.
Le pied enfoncé
L’analyse de la société de gestion de risque britannique SambaSafety, menée sur un panel de plus de 800 millions de kilomètres parcourus, montre, contre toute attente que les professionnels du transport et de la logistique gardent le pied léger, avec un taux médian de 48 incidents pour 100 000 miles (160 934 km).
À l’inverse les salariés du BTP roulent à tombeau ouvert. Le secteur de la construction affiche le pire bilan avec un taux record de 254 incidents pour la même distance (5 fois plus que le transport) devant le secteur pétrolier (154/100 000 miles) et la gestion des déchets (108).
En France le ministère du travail souligne que les excès de vitesse représentent 28 % des accidents mortels sur les trajets domicile travail
Les yeux sur l'écran
Outre la propension des professionnels à la vitesse, le rapport souligne que cette course contra la montre s’accompagne d’une recrudescence de l’inattention au volant (+ 31 % en 2 ans). Ces moments de distraction se concentrent à plus de 40 % en matinée, plage horaire où la pression pour arriver à l’heure expose le conducteur à multiplier les risques. Un chiffre confirmé par la sécurité routière. De ce côté-ci de la Manche aussi, l’inattention au volant devient préoccupante (28 % des accidents en mission).
Comment expliquer que ces comportements à risques persistants des salariés alors que la technologie embarquée permet de surveiller leur comportement au volant ? « L’un des constats les plus évidents […] est le décalage entre la collecte de données et leur bonne utilisation », alerte Kristy Kennah, responsable de l’assurance chez SambaSafety.
Les données négligées
Si 90 % des grandes flottes sont équipées d’outils capables de détecter les comportements routiers, à peine 26 % des gestionnaires de flottes utilisent ces remontées d’informations pour cibler les chauffeurs trop pressés et leur imposer des formations.
Ce silence autour du comportement au volant se prolonge jusque chez les assureurs. Seules 35 % des flottes partagent ces données avec leurs compagnies d’assurances. Pour justifier ce manque de transparence, 64 % des entreprises réticentes affirment qu’on ne leur a rien demandé, et 31 % ne voient aucun intérêt financier à remonter les données.
Le coût financier
Pourtant, le poids financier des réparations en France a bondi de 26 % en 5 ans. Au premier trimestre 2026, sur les 3,4 milliards déboursés par les assureurs automobiles britanniques, près de 2 milliards l’ont été par les seules réparations liées aux accidents.
De quoi inciter les entreprises à utiliser leurs données pour sensibiliser leurs salariés à lever le pied et à garder les yeux sur la route afin de réduire leur sinistralité et s’offrir un levier de négociation avec les compagnies d’assurances.




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