J’ai roulé à 356 km/h en France et la police ne pouvait rien faire pour m'en empêcher
La première de nos traditionnelles séries estivales est consacrée à la vitesse, indissociable de l’automobile. À tour de rôle, nos journalistes vont évoquer des souvenirs personnels liés à des allures un peu folles atteintes au volant de véhicules divers et dans des circonstances variées. Des moments qui les ont suffisamment marqués pour qu’ils s’en souviennent encore des années plus tard, même s’il n’est pas question ici de glorifier des attitudes répréhensibles. Cette semaine, on parle d’un chiffre à la fois impressionnant et très facile à obtenir… à condition d’être riche !

Évidemment que le vrai plaisir de conduite se situe dans les virages et non dans les lignes droites : le fait de sentir « vivre » une voiture lorsqu’elle répond à des contraintes dynamiques complexes, sa faculté à communiquer sur tout ce qu’il se passe entre les mains et le bitume en encaissant le mieux possible ce qu’on lui demande, voilà tout le sel d’une expérience inoubliable au volant d’une bonne voiture sur une route sympa. Cependant et même à l’heure où la moindre familiale électrique peut se catapulter en ligne droite comme une supercar, certaines machines de « l’ancien temps » conservent une place particulière dans l’histoire de l’automobile.
La Bugatti Chiron fait partie de ces machines spéciales. Les puristes ont eu beau parler de la Veyron comme d’une « supercar Volkswagen » sans saveur à sa sortie en 2005, elle qui visait un cahier des charges ridiculement complet et exigeant à l’époque où ses rivales se focalisaient uniquement sur la pure précision en conduite sportive, rouler dans l’une de ces Bugatti de l’ère « Ferdinand Piech » imposait vraiment le respect. Sorte de profonde évolution de la Veyron, la Chiron apparue en 2016 portait la puissance de son W16 quadriturbo 8,0 litres à 1 500 chevaux pour 1 600 Nm de couple. A l’époque où Xiaomi ne fabriquant encore que des téléphones et pas des berlines à haute tension aux puissances démentielles, ces chiffres se situaient tout en haut de l’industrie automobile. Surtout, ces Bugatti du XXIème siècle parvenaient à offrir dans le même temps un niveau de luxe inimaginable au regard de leurs performances. En conduire une, c’était rentrer dans un univers parallèle à tout ce qui possédait quatre roues et un volant.
356 km/h compteur en toute légalité
Contrairement aux supercars de Ferrari, Porsche ou McLaren, les Bugatti ne se destinent pas à battre des records d’efficacité sur circuit. Ni à procurer les sensations de pilotage les plus pures possibles sur ce genre de terrain. Mais en piste, tout de même, la Chiron produisait des performances inimaginables entre chaque virage tout en se montrant infiniment plus précise et tranchante que la Veyron dans les courbes.
Voilà comment je me suis retrouvé, au volant d’une Chiron Sport au printemps 2019, à atteindre 356 km/h au bout de la ligne droite du Mistral sur le grand Circuit Paul Ricard avant la courbe de Signes. Certes, les lois de la physique revenaient immédiatement à l’esprit au moment de s’envoyer une décélération de 200 km/h à cette vitesse en écrasant la pédale de gauche : soyez sûr de tenir fermement le volant bien droit quand vous demandez à une masse de 1 995 kg à sec de s’arrêter brutalement alors qu’elle roule plus vite qu’un TVG ! Mais atteindre un tel chiffre (à 1 km/h du record officiel de vitesse du circuit de l’époque) sans forcer ni aucun talent et seulement quelques tours de piste, ça rend quand même un peu chose. Quelques années plus tôt, d’ailleurs, j’avais pris les freins au même endroit à 330 km/h en Veyron Grand Sport Vitesse. Et quelques années plus tard, certains confrères y ont atteint 370 km/h avec la Chiron Super Sport poussée à 1 600 chevaux : c’est qu’on n’arrêtait pas le progrès !
Jamais je n’avais roulé aussi vite de ma vie et de toute façon à chaque fois que je me retrouve sur une autobahn, il y a toujours trop de monde pour dépasser 300 km/h. Comme par hasard…









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