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L’État s’impose le 100 % électrique pour mieux le faire accepter aux autres

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Alors que le gouvernement lance une campagne de communication massive auprès des Français, une circulaire signée par Sébastien Lecornu impose aux administrations d’acheter exclusivement des véhicules électriques dès 2027 pour ses flottes véhicules. Un virage d'exemplarité assortie de quelques exceptions.

L’État s’impose le 100 % électrique pour mieux le faire accepter aux autres
Fini le thermique, à compter de 2027 l'État ne commandera que des modèles électriques pour ses flottes ©Radio France Max PPP

En marketing, on appelle cela du détournement culturel (newsjacking) nostalgique. Le gouvernement lance une nouvelle campagne d’incitation à l’électrification de la mobilité avec comme référence une chanson d’Elmer Food Beat (le plastique c’est fantastique ; 1990).

"L’électrique, c’est fantastique !". Au risque de faire boomer et déconcceté des plus jeunes, ce slogan pop, déployé tout l’été par le gouvernement dans sa nouvelle campagne de communication Électrifions la France, se veut une incitation forte à l’électrification du parc automobile.

Un rôle de locomotive face aux réticences du privé

L’exécutif a conscience que pour convaincre les ménages et surtout les entreprises de basculer vers l’énergie décarbonée, il se doit de montrer l’exemple. Une circulaire signée le 9 juin 2026 par Sébastien Lecornu, sonne le glas du moteur thermique au sein des flottes automobiles de l’État. Une manière de bien marquer la voie à suivre.

À compter du 1er janvier 2027, le 100 % électrique deviendra la règle absolue pour toutes les nouvelles acquisitions de véhicules de l’État. Cette directive, qui s’inscrit dans le vaste plan d’électrification présenté au printemps, concerne les voitures particulières comme les véhicules utilitaires légers, qu’ils soient achetés neufs, d’occasion, ou loués en longue durée (LLD). Ministres, préfets et représentants de l’État devront eux aussi rouler à l’électron.

Matignon affiche ainsi un double objectif. D’abord réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles dans les transports — premier secteur émetteur de gaz à effet de serre dans l’Hexagone — et sanctuariser la souveraineté énergétique en privilégiant une électricité produite majoritairement sur le territoire national.

Cette demande d’accélération brutale répond aussi à un calendrier commercial morose. Alors que l’électrification des flottes professionnelles avance encore à un rythme très inégal dans le secteur privé, l’État entend jouer un rôle de locomotive. En forçant ses propres services à basculer, il espère créer un effet d’entraînement et structurer le marché. Si de grandes marques affichent le label « Électrifions la France », cela crédibilise la démarche auprès du grand public. L’administration veut ainsi montrer l’exemple.

Face au principe de réalité, les exceptions de l’administration

Face à la réalité terrain, conscient que la transition énergétique ne peut se faire immédiatement d’un coup de baguette magique, Sébastien Lecornu a dû introduire plusieurs clauses d’exception.

Certaines administrations, soumises à des contraintes de forte charge utile, d’interventions urgentes ou de très grande intensité, ne trouvent pour l’heure pas d’équivalent viable dans l’offre électrique actuelle. Qu’il s’agisse des véhicules de secours, de forces de l’ordre ou d’unités d’intervention lourde, le Premier ministre prévoit une dérogation. Les services concernés devront documenter précisément leurs difficultés — qu’il s’agisse du manque de modèles adaptés ou, paradoxalement, du manque de bornes de recharge sur le territoire — pour présenter une trajectoire spécifique s’étalant entre 2027 et 2029.

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