Le grand paradoxe des flottes d’entreprises françaises face à la complexification de la gestion des parcs
Si 84 % des décideurs affirment vouloir maintenir ou agrandir leur parc d’ici à 2026, cette confiance affichée masque une réalité plus complexe. Les véhicules vieillissent et les entreprises repoussent le moment de leur renouvellement pour échapper à l’envolée des coûts. Un paradoxe au moment où les sociétés sont censées accélérer le verdissement de leurs flottes.

C’est un chiffre qui pourrait laisser croire à une santé de fer. « 84 % des décideurs prévoient de maintenir ou d’augmenter la taille de leur flotte » souligne l’étude Ayvens/C-Ways publiée ce 15 avril.
Cet optimisme semble pourtant contraster avec les pratiques en cours. Le vieillissement des véhicules en parc et l’allongement de détention des modèles montrent ô combien les entreprises jouent la prudence.
Le grand vieillissement des parcs
Le phénomène le plus frappant reste l’allongement de la durée de détention. En quelques années seulement, l’âge moyen des véhicules particuliers (VP) en entreprise a glissé de "globalement 5 ans" à "quasiment 6 ans". Pour les véhicules utilitaires (VUL), le constat est encore plus sévère : "on était à 7 ans, on est plutôt maintenant aux alentours de 8 " souligne David Decultot, directeur conseil d’Ayvens France.
Cette tendance au faire durer est une réponse directe aux crises successives (Covid, pénuries) mais aussi à une stratégie d’attentisme face à l’instabilité fiscale. "Les contrats vont continuer à rester assez âgés mais il va arriver un moment où effectivement ces véhicules il faudra bien les renouveler", note Ayvens. En attendant, les entreprises jouent la montre. Les loyers sont lissés sur des durées plus longues pour absorber l’inflation du prix des véhicules neufs.
Les nouvelles stratégies de gestion
La réduction des coûts et l’optimisation du parc véhicules apparaissent comme la principale préoccupation des petites et moyennes structures étudiées par Ayvens/CWays. Pour contenir le Total Cost of Ownership (TCO), les gestionnaires ne se contentent plus de négocier les remises. Ils changent radicalement de logiciel.
Le Re-Lease (leasing de véhicules d’occasion) bien qu’encore marginale devient une option sérieuse. L’étude évoque une "possible substitution d’un véhicule neuf par un véhicule d’occasion", particulièrement pour les petites flottes qui n’ont pas les mêmes contraintes de volume que les grands comptes. Longtemps accroc au neuf, l’entreprise serait-elle en train de changer de paradigme. Pour maîtriser les budgets, les clients semblent s’y résoudre. Hier clients fidèles, ils également prêts à "changer de marque" ou à choisir des véhicules de "catégorie inférieure".
L’électrification sous pression fiscale
Malgré ces arbitrages financiers, "la première priorité en 2026 des grandes entreprises, c’est la décarbonation", rappelle l’étude. "D’ici 2028, les véhicules électriques (VP et VUL) en entreprise devraient représenter près d’une immatriculation sur deux et environ 15 % des flottes". Une manière de rappeler que les entreprises sont les bons élèves de l’électrification en France
Dans le détail, les décideurs indiquent électrifier à 100 % leur flotte VP d’ici à 2027 et 2029 pour les VUL Avec une grande dichotomie entre les petites structures qui prévoient de s’équiper en voitures à batteries plutôt à l’horizon 2030 et les grands comptes soumis à la loi LOM, obligés de verdir leur parc sous peine de pénalités.
Le marché des flottes n’est plus un canal sur lequel les voitures s’écoulent aussi facilement qu’avant. L’ère de consommation automobile effrénée s’est mue en une gestion d’actifs beaucoup plus rigoureuse.
Un métier en pleine mutation
Au-delà des chiffres, cette étude C-Ways/Ayvens cherche à démontrer que la voiture reste un outil de production indispensable.
Le marché se métamorphose. On passe d’une logique de "possession de véhicules neufs tous les 3 ans à une logique de gestion d’actifs complexes sur le temps long". L’étude montre que 74 % des entreprises révisent leur car policy deux fois par an. L’implication de tous les services de l’entreprise (RH, Finance, RSE), entraîne une complexification de la gestion avec une quête permanente du meilleur ratio prix service.
Pour les leasers comme Ayvens cela passe par d’avantage d’accompagnement pour piloter la transition. Les entreprises ont besoin de rouler pour travailler. Quoi qu’il en coûte ? Les faits montrent que non !




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