Lionel Jospin : l’homme au cabriolet R19 n’est plus
Vingt-quatre ans après son retrait foudroyant de la scène politique l’ancien Premier ministre nous a quittés. De son passé trotskiste à la rigueur de Matignon, il aura incarné une certaine image d’austérité en politique avec pour seule fantaisie, l’achat d’une version découvrable de la compacte du losange.

Il s’est retiré de la vie publique le 10 avril 2002, et il s’en est allé défensivement ce 23 mars 2026. À 88 ans, Lionel Jospin vient de nous quitter, 24 ans après avoir quitté la politique.
De l’homme, on retiendra son passé trotskiste (lambertiste pour être précis) et la curieuse pratique de l’entrisme des années 60 ou les encartés de ce parti avançaient masqués pour mieux transformer de l’intérieur les institutions et les partis classiques.
De Trotsky à Mitterrand
C’est ainsi que « Michel » (le pseudonyme de Lionel Jospin) est entré au PS et dans la haute fonction publique après son passage par l’ENA et un premier poste de prof d’économie.
C’est au parti socialiste qu’il va s’enraciner, avec l’aide de François Mitterrand en se délestant petit à petit de ses oripeaux trotskistes, jusqu’à devenir le Premier ministre de la cohabitation entre 1997 et 2002.
Mais Lionel Jospin incarne aussi l’idée d’une certaine gauche, plus social démocrate que radicale. Un positionnement politique qui ira jusqu’au choix de sa voiture, achetée, selon ses dires, avec ses propres deniers. En 1991 il fait paraître chez Flammarion L’Invention du possible, un essai politique qui connaît un certain succès.

Alors, avec ses droits d’auteur, Jospin veut se faire plaisir. Mais pas trop. Pas question de rouler dans de l’ostentatoire et de la marque étrangère. Il choisit le cabriolet Renault 19 à 130 000 francs (Environ 35 000 euros d’aujourd’hui) apparut en 1991. Une auto que les Français découvriront lors de la campagne présidentielle de 1995, dans laquelle son propriétaire est candidat pour le PS.
Cabriolet et île de Ré
Mais le sémillant cabriolet n’arpentera ni les gravillons de la cour de l’Élysée ni ceux de Matignon. Car Lionel Jospin est battu par Jacques Chirac à la présidentielle de 1995 et, lorsque deux ans plus tard lorsqu’après sa dissolution ratée, il est nommé Premier ministre de cohabitation, la R19 a disparu. Elle a été volée deux mois plus tôt dans le fief jospinien, cet endroit qui fera beaucoup pour ce que l’on a surnommé à l’époque la « gauche caviar » : l’Ile de Ré.
On ne l’y reprendra plus à vouloir tester la solidité d’une toile de cabriolet, très facile à couper au couteau à l’époque. Lionel Jospin rentre dans les rangs et va rouler en Peugeot 605 le temps de son mandat de Premier ministre, avant de quitter l’arène politique brutalement lors d’un fameux discours au soir du 10 avril 2002 qui a vu Jean-Marie Le Pen passer devant lui et accéder au second tour de la Présidentielle. Il s’est, dès ce moment-là montré aussi discret au volant que dans la vie publique.







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