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Transition énergétique : « La fiscalité n’est pas forcément une fatalité pour les flottes automobiles »

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Dans cette tribune, Jean Pagezy, président de PCA Services, spécialiste en conseil, courtage LLD et gestion de parc, livre ses recommandations pour surmonter le passage obligé de la transition énergétique et faciliter les démarches des entreprises.

Transition énergétique : « La fiscalité n’est pas forcément une fatalité pour les flottes automobiles »
Électrifier sa flotte pour en faire baisser la fiscalité, oui. A condition d'effectuer les bons choix ©Belpress Maxppp

Alors que les premières mesures du projet de loi de finances 2027 ont été dévoilées le 1er octobre, le dernier trimestre de 2026 s’inscrit comme une période fatidique pour les flottes automobiles. C’est maintenant que s’opèrent les arbitrages budgétaires en vue de l’année suivante. Et mieux vaut être armé pour faire face à une fiscalité toujours plus lourde et complexe.

À l’heure de renouveler son parc, une entreprise doit prendre en compte les avantages en nature, le malus au poids, l’écotaxe, les quotas de verdissement de la loi LOM ou les ajustements du PLF 2027 encore amenés à évoluer

Jean Pagezy, président de PCA services
Jean Pagezy, président de PCA services

Du coût théorique au coût réel

Avant toute chose, il faut comprendre qu’il est presque impossible d’administrer sereinement son parc sans définir des règles claires d’attribution et d’utilisation des véhicules de fonction ou de service. En faisant cela, un gestionnaire de flotte limite l’écart entre le coût théorique et le coût réel d’un véhicule. Surtout quand la voiture de fonction reste un fort levier d’attractivité RH.

Certes, les véhicules « plaisir », les plus lourds et les plus taxés, ont de moins en moins leur place dans les politiques de flotte. Mais les catalogues peuvent encore accueillir des véhicules premium bénéficiant de l’éco score et donc de l’abattement sur l’AEN, à l’image de l’Audi Q6 ou du Mercedes CLA.

Méfiance toutefois : le PLF 2027 prévoit d’intégrer un nouveau critère de résilience de l’éco-score. Celui-ci pénaliserait les voitures électriques dont la batterie serait produite hors d’Europe. Une nouvelle donne à prendre en considération pour les flottes d’entreprises puisqu’elle risque d’exclure certains modèles dont la liste reste encore à définir.

S’électrifier pour faire baisser la facture…

Si l’électrification allège la fiscalité, verdir efficacement sa flotte sans data semble périlleux. Par conséquent, un audit précis des usages (kilométrage réel, typologie de trajets, besoins métiers) doit s’opérer avant tout choix de motorisation et de véhicules. Sans cette étape, le risque de basculer vers l’électrique des salariés qui n’en ont pas l’usage est prégnant et source de rejet plutôt que d’adhésion. Commencer la transition par les collaborateurs volontaires, qui en deviennent ensuite les ambassadeurs internes, apparaît donc comme la meilleure chose à faire.

… Mais pas à n’importe quel prix !

De même, les taxes liées à l’immatriculation et à l’utilisation pèsent directement sur le TCO. Choisir un véhicule uniquement sur son prix d’achat ou son loyer mensuel peut se révéler une erreur.

Simples d’utilisation et surtout peu touchés par l’éco taxe, voire pas du tout pour certains comme le Hyundai Kona ou le Nissan Qashqai, les véhicules hybrides ont la cote. Pour ce qui est des véhicules électriques, les dispositifs fiscaux qui leur sont encore favorables (comme les économies d’impôts, la prime CEE et l’abattement sur l’AEN) sont plus complexes à appliquer mais ne doivent surtout pas être éludés. Les véhicules électriques chinois, certes moins chers, n’étant pas éligibles à ces dispositifs, cela explique pourquoi ces derniers sont encore peu immatriculés en flottes.

Mettre tous les bénéfices économiques de son côté

Afin d’optimiser les coûts d’une flotte, trois réflexes doivent aussi être adoptés : sensibiliser les collaborateurs aux frais de remise en état et de dépassement kilométrique ; utiliser l’information des kilomètres réellement parcourus pour renégocier le loyer en cours de contrat plutôt que de subir le réajustement lors de la restitution ; allonger la durée de détention pour ralentir le turn-over de la flotte afin de mieux lisser les taxes ou de baisser les loyers.

Grouper les renouvellements au moment de l’arrivée à échéance peut aussi améliorer le temps et les conditions obtenues. De plus, le remplacement systématique de véhicule un-pour-un n’est plus une évidence puisque des solutions alternatives existent comme les voitures de service partagées ou la mise en place du crédit mobilité.

Se faire accompagner

Enfin, dans un contexte économique complexe et sous contraintes, une flotte automobile se doit d’être gérée comme un poste de dépenses stratégique. Sans soutien, une entreprise s’expose à une flambée de son budget flotte, il ne faut donc pas hésiter à se faire accompagner par un acteur indépendant.

Ce tiers peut aussi mettre les loueurs en concurrence, ajoutant ainsi un argument dans la balance des négociations sur les loyers. Sans oublier qu’une expertise extérieure permet d’anticiper les évolutions prochaines.

Certes, le PLF 2027 garantit une certaine stabilité de la fiscalité automobile pour l’année qui vient, avec des barèmes de malus CO2 et au poids inchangés. Mais l’arrivée de nouvelles taxes sur les véhicules électriques pour janvier 2027 n’est pas à exclure, voire fortement probable.

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