« Autobésité » : Le paradoxe inattendu de la transition énergétique des flottes
Alors que la réglementation pousse les flottes d’entreprises à effectuer leur transition énergétique vers des modèles électriques, ces derniers n’ont jamais semblé aussi massifs. Le SUV s’impose de façon hégémonique balayant les berlines traditionnelles. Au profit de modèles plus lourds et surtout plus gourmands en énergie.

C’est un effet pervers de la transition énergétique que le législateur n’avait sans doute pas anticipé. Sommées par la loi et la fiscalité de verdir leurs flottes, les entreprises françaises investissent massivement dans les voitures électriques.
Les chiffres des immatriculations professionnelles depuis le début de l’année 2026 dressent le portrait d’un marché en pleine mutation énergétique et morphologique. La voiture se veut zéro émission, mais charpentée comme un camion. "L’autobésité" gagne les flottes.
Le triomphe du C-Suv
La transformation est extraordinaire. Les immatriculations du segment B (208, Clio), épine dorsale des flottes, se sont en 5 ans effondrées de 29 %. Quant au nombre de berlines du segment C, il dévisse de 28 % sur la même période, souligne AAA Data.
Depuis 2002, la clientèle d’entreprise a jeté son dévolu sur les carrosseries surélevées. La C-SUV s’est emparé de la première place du podium avec 60 511 unités écoulées auprès des professionnels sur le premier semestre de l’année. Des modèles comme le Peugeot E-3008 ou le Renault Scenic E-Tech, incarnent ce nouveau standard de la voiture de fonction spacieuse et polyvalente exigée par les collaborateurs. D’autant qu’il s’agit souvent de l’unique voiture du foyer.
L’envolée du D-Suv
Mais le fait le plus révélateur de cette montée en gamme se voit dans l’explosion du segment D-SUV. Avec 33 078 unités mises à la route depuis le début de l’année (vs 18 689 en 2021), la proportion de grand SUV en flottes a bondi de 77 % en 5 ans. Tesla Model Y, Volkswagen ID.4 ou Peugeot 5008, figurent parmi les modèles qui accompagnent cette tendance, tirés par une électrification qui a d’abord touché les modèles les plus chers.
Les entreprises satisfont aux obligations légales en matière de CO2 avec des modèles de plus en plus lourds, bien loin de la frugalité espérée. C’est là tout le paradoxe.

















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