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Un début encourageant pour ce premier contact avec le Subaru E-Outback

Si l’Outback est un modèle important dans l’histoire de la marque, il doit aussi faire sa révolution électrique tout en ayant pour mission de contribuer au redressement de Subaru en France. En a-t-il les moyens ? Éléments de réponse lors de cette première prise en mains.

Un début encourageant pour ce premier contact avec le Subaru E-Outback
Contrairement aux autres modèles conçus avec Toyota, l'E-Outback est issu d'un développement Subaru.

L’heure de la reconquête a sonné chez Subaru ! Après avoir subi de plein fouet le malus en France et éprouvé de grandes difficultés à se lancer dans l’électrique, la marque compte bien sortir de l’ornière. Le challenge est de taille puisque la marque n’a écoulé chez nous que 22 exemplaires l’année dernière.

Pour 2026, la firme nippone envisage de vendre entre 300 et 500 unités et d’atteindre 1 500, voire 2 000 exemplaires en 2027. Si l’Uncharted doit représenter 50 % des volumes, Subaru compte aussi sur son E-Outback.

À l’inverse des deux autres modèles (Uncharted et Solterra) qui ont été développés par Toyota avec des réglages spécifiques à Subaru, l’E-Outback est un produit Subaru. Il est d’ailleurs fabriqué chez eux, à l’usine de Yajima au Japon.

Avant sa commercialisation en juin prochain, Subaru a invité une poignée de journalistes pour un premier contact. Direction un centre de développement à 30 minutes de Berlin, en Allemagne. Pas question donc de rouler sur route ouverte puisque les exemplaires ne sont encore que des préséries.

Puisqu’une seule version sera au catalogue (hormis deux finitions), le choix du modèle essayé est simple : deux électromoteurs identiques sur chaque essieu pour une puissance cumulée de 375 ch, associés à une batterie de 74,7 kWh. Le sujet du jour est davantage de découvrir la gestion des deux moteurs que de vérifier l’autonomie, annoncée à 523 km.

Cette posture est presque naturelle pour le Subaru E-Outback.
Cette posture est presque naturelle pour le Subaru E-Outback.

Grand spécialiste de la transmission à quatre roues motrices, Subaru capitalise toujours aujourd’hui sur cette technologie, même si une version deux roues motrices n’est pas exclue sur cet E-Outback. Le premier exercice consiste à évoluer sur un terrain accidenté. Si la garde au sol peut parfois faire défaut, l’auto n’éprouve aucune difficulté malgré le profil routier des pneumatiques. Le passage nécessitant un croisement de pont se fait tout en douceur, la gestion indépendante de chaque roue laisse bien sûr du « patinage » roue en l’air, mais l’exercice ne lui pose aucun souci. Idem pour progresser dans du sable humide, d’autant plus que les deux modes (X-Mode) de conduite pour sol dur ou meuble veillent au grain.

Malgré des pneus inadaptés pour ce type d’exercice, le Subaru n’a éprouvé aucune difficulté.
Malgré des pneus inadaptés pour ce type d’exercice, le Subaru n’a éprouvé aucune difficulté.

L’E-Outback est aussi équipée d’une aide à la descente et à la montée (Grip Control) qui gère l’allure selon différentes vitesses (de 2 à 10 km/h) actionnable depuis la commande physique sur la console centrale. La gestion à la descente se révèle d’une grande finesse, seul le son de la centrale ABS/ESP trahit le travail réalisé.

Après cette rapide escapade sur chemin, nous pouvons poser les roues de l’E-Outback sur le tarmac. La météo capricieuse mêlant éclaircies et averses de grêles est, pour une fois, la bienvenue pour apporter un peu de difficulté. Avant de tester le grip de cette nouveauté, nous constatons avec bonheur le soin apporté au confort de suspension. La production automobile étant régulièrement pointée du doigt à ce sujet, le moelleux de l’ensemble paraît ici étonnant, d’autant plus avec la garde au sol relativement généreuse (211 millimètres).

Nous ne nous attendions pas à un tel niveau de confort à bord de cet E-Outback.
Nous ne nous attendions pas à un tel niveau de confort à bord de cet E-Outback.

Tout en préservant le dos de ses passagers, l’E-Outback profite également de mouvements de caisse particulièrement maîtrisés, notamment le roulis. Le passage sur un slalom à bonne allure, et sur revêtement mouillé, permet de le constater. Ce maintien de caisse associé une direction directe et suffisamment précise donne confiance. Par rapport au Solterra, Subaru indique avoir amélioré la maîtrise du roulis de 21 % et réduit les corrections de la direction dans les courbes de 25 %.

Une grande courbe sur des pavés, au grip précaire donc, met aussi en lumière l’équilibre de l’auto et sa progressivité. Difficile de déterminer le rôle des électromoteurs, dont chaque roue peut délivrer indépendamment sa puissance, mais la vitesse de passage est bien plus importante qu’avec l’ancienne Outback. Si l’on sent aussitôt la différence de poids (environ 2 tonnes contre 1 650 kg) entre les deux générations, la dernière passe pourtant plus fort…

Un essai plus long et plus approfondi permettra de mieux cerner les capacités de cette E-Outback au quotidien. Toutefois, il apparaît que cette auto est très bien née et que l’efficacité n’est pas obtenue au détriment du confort. À noter également que la régénération au freinage dispose de cinq niveaux bien calibrés (sans fonction one pedal), que les trois modes de conduite (Eco, Normal et Power) suffisent amplement et que certains détails sont particulièrement bien pensés à l’image de la caméra de recul située dans l’habitacle, au niveau de la lunette arrière et qui profite du balayage de l’essuie-glace.

La planche de bord est très proche de celle du Solterra. À noter que la jante du volant peut cacher le combiné, comme dans une Peugeot.
La planche de bord est très proche de celle du Solterra. À noter que la jante du volant peut cacher le combiné, comme dans une Peugeot.
C’est l’un des points forts de ce Subaru, le coffre permet réellement un usage familial.
C’est l’un des points forts de ce Subaru, le coffre permet réellement un usage familial.

Pour ne rien gâcher l’habitabilité arrière est bonne et que le volume de 633 litres en fait un véritable break familial. Les dossiers de la banquette arrière peuvent se rabattre en deux parties via deux commandes situées dans le coffre. Pour les amateurs d’escapades en plein air, sachez que les rails de toit supportent une charge de 317 kg, à l’arrêt bien sûr, car ce chiffre descend à 80 kg en mouvement.

Plus proche du quotidien dans l’usage, la capacité de recharge atteint 150 kW en courant continu et 22 kW, de série, en courant alternatif. Si cette dotation de série est appréciable, la puissance en CC reste classique. Subaru indique un temps de charge de 10 à 80 % en 28 minutes et insiste sur cette régularité sur une grande plage de température, du moins entre - 10° et + 25°.

La marque ne communique pas encore les équipements dans le détail, mais note que deux finitions seront disponibles (4XPerience et 4XPerience +) et que la liste des options pourrait se limiter à la peinture métallisée. On peut donc s’attendre à une riche dotation, d’autant plus que les prix sont bien positionnés, respectivement 52 990 € et 55 990 €. À titre d’exemple, un Tesla Model Y Grande autonomie (600 km) et transmission intégrale débute au même prix : 52 990 €.

La première génération de Subaru Outback est sortie en 1995. Pourtant, la marque est de nouveau en conquête trente ans après.
La première génération de Subaru Outback est sortie en 1995. Pourtant, la marque est de nouveau en conquête trente ans après.

Pour ce premier contact, le Subaru E-Outback nous a convaincus en termes de confort et d’agrément de conduite et de gestion de ces moteurs. Certainement bien équipé et disposant d’un bel espace intérieur, il a de quoi séduire les familles qui ne souhaitent pas forcément rouler en SUV. Quant à l’autonomie et à la recharge, un essai grandeur réelle permettra de savoir s’il est proche ou non de ses promesses. Reste à la marque nippone de communiquer sur ses nouveaux produits et d’attirer les éventuels acheteurs à pousser les portes des showrooms. Plus facile à dire qu’à faire…

Fiche technique

  • Longueur : 4,84 m
  • Largeur : 1,86 m
  • Hauteur : 1,67 m
  • Empattement : 2,85 m
  • Volume de coffre : 633 litres
  • Poids : 2005-2010 kg
  • Puissance et couple moteur : 227 ch et 268 Nm
  • Puissance cumulée : 375 ch
  • 0 à 100 km/h : 4,5 secondes
  • Vitesse maximale : 180 km/h
  • Capacité de la batterie : 74,7 kWh
  • Autonomie : 523 km (WLTP)
  • Recharge : 150 kW en CC, 22 kW en AC

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