Près de 41 % de déchets

Tous les messages d'infractions (Mifs) enregistrés par les radars ne donnent pas lieu à l'édition et à l'envoi d'un avis de contravention (voir notre tableau). En moyenne, même si le système s'améliore d'année en année, plus de 40 % des clichés ainsi pris par les radars partent à la poubelle. Mais les chances d'échapper au système sont bien plus minces pour les Français. Selon nos informations, le pourcentage de déchets tombe alors à 25 %, en ce qui concerne les radars de vitesse.

Quels sont les principales raisons de ces rebuts ? En voici trois :

- Cela peut tout simplement provenir d'une qualité trop mauvaise de la photographie, ne permettant pas de déchiffrer le numéro d'immatriculation.

- Les deux-roues n'ayant des plaques qu'à l'arrière, s'ils sont flashés par l'avant, aucune conversion en PV n'est possible.

- Certains étrangers passent aussi encore entre les mailles du filet, même si l'étau les concernant s'est grandement rétréci en 2013.

Selon les statistiques officielles, 4 150 radars automatiques, tous types confondus (voir les statistiques par type de radars ci-dessous), étaient en service en 2013. Sur toute l'année, ils ont comptabilisé 18 943 208 infractions et 11 193 450 contraventions, soit une baisse respective de 10,8 % et 8,4% par rapport à 2012 (voir notre encadré ci-contre)… Comme nous l'avons déjà entendu, il s'agit bien d'une première dans l'histoire du contrôle automatisé, puisque jusqu'à présent, les chiffres n'avaient jamais cessé d'augmenter d'année en année, à mesure que le parc d'automates s'étoffait.

Et c'est donc un radar discriminant, capable de flasher aussi bien les véhicules légers que les poids lourds, qui s'est le plus déclenché l'an dernier. Installé à Clarafond, en Haute-Savoie, sur l'autoroute A40 et sur une portion limitée à 110 km/h en direction de Lyon, cet appareil a relevé une moyenne de 377 excès de vitesse au quotidien.

Maintenant, globalement, tous les radars ne s'avèrent pas être des serial flasheurs. Si les quelque 2 410 cabines actives en 2013 ont repéré une moyenne journalière de vingt dépassements, parmi elles, elles sont près de 500 à n'en avoir même pas enregistré au moins un par 24 heures... Des "sous-douées" rarement installées sur autoroutes, cela dit. Car la recette gagnante ne change pas : les installations les plus fécondes sont bien toujours sur voie rapide, et surtout là où la vitesse autorisée a été abaissée par rapport à la limite standard. Au lieu de 130, les sections sont ainsi limitées à 110, voire 90 ou même 70…

 

Statistiques globales 2013 par type de radars

D'un côté il y a les radars de vitesse, paramétrés, comme leur nom l'indique, pour repérer les excès de vitesse. De l'autre, il y a les radars antifranchissements de feux rouges et de feux clignotants aux passages à niveau.

Parmi les radars de vitesse, il y a alors 2 413 radars fixes, qui se décomposent ainsi :

- 2 199 cabines dites classiques,

- 171 radars discriminants, dont la particularité est d'une part de différencier les véhicules légers des poids lourds (et donc d'appliquer une limite de vitesse différente selon ces deux catégories de véhicules), d'autre part d'identifier la voie sur laquelle circule le véhicule pris en infraction (évitant ainsi de mettre à la poubelle les clichés sur lesquels apparaissent plusieurs véhicules).

- 43 radars tronçons, lesquels contrôlent la vitesse moyenne des véhicules sur des portions plus ou moins longues.

Il y a aussi ce que l'on appelle parfois abusivement les radars mobiles, avec :

- 912 embarqués ancienne génération, qui contrairement à une idée répandue ne sont pas de véritables mobiles, puisqu'ils s'utilisent uniquement à poste fixe, soit dans une voiture de police ou de gendarmerie banalisée, soit de manière débarquée à ses côtés (installé alors sur un trépied), et

- 77 radars mobiles nouvelle génération (RMNG), également baptisés mobiles-mobiles, car ils sont les seuls à réellement être homologués pour pister les dépassements en circulant dans le flot de la circulation.

Enfin, du côté des radars sanctionnant un franchissement interdit aux carrefours et aux barrières ferroviaires, il y a :

- 704 radars feux rouges et

- 44 radars passages à niveau.

Voici leurs statistiques, soit le nombre d'installations, de messages d'infractions (Mifs) et de PV, à partir desquels nous avons ainsi pu calculer le taux de conversion. A noter que ce taux varie grandement d'un type d'appareil à un autre...

Nombre de cabines classiques 2 199
Total Mifs cabines classiques 9 945 655
Total PV cabines classiques 5 664 043
Ratio Mifs / PV (en %) 56,95
Nombre de radars discriminants 171
Total Mifs discriminants 2 314 656
Total PV discriminants 838 583
Ratio Mifs / PV (en %) 36,23
Nombre de radars tronçons 43
Total Mifs tronçons 142 883
Total PV tronçons 106 839
Ratio Mifs / PV (en %) 74,77
Nombre de radars embarqués 912
Total Mifs embarqués 5 000 320
Total PV embarqués 3 850 244
Ratio Mifs / PV (en %) 77,00
Nombre de RMNG 77
Total Mifs RMNG 178 464
Total PV RMNG 101 316
Ratio Mifs / PV (en %) 56,77
Nombre de radars feux rouges (FR) 704
Total Mifs FR 1 348 736
Total PV FR 624 272
Ratio Mifs / PV (en %) 46,29
Nombre de radars Passages à niveau (PN) 44
Total Mifs PN 12 494
Total PV PN 8 153
Ratio Mifs / PV (en %) 65,26
Nombre total de radars 4 150
Total Mifs 18 943 208
Totals PV 11 193 450
Ratio Mifs / PV (en %) 59,09

Source : ministère de l'Intérieur


Le Rhône, le département où les radars crépitent le plus

D'un département à un autre, les risques de se faire flasher ne sont pas les mêmes. Sans surprise, ils sont plus grands là où la densité urbaine est la plus forte. Quand plus de 100 automates sont en service dans le Nord, puis quelque 90 dans les Bouches-du-Rhône et les Yvelines, il n'y en a que quinze en Lozère ou dans les Hautes-Pyrénées. Le parc n'est pas non plus toujours aussi diversifié : aux côtés des cabines et des radars embarqués, il n'y a pas forcément de radars feux rouges, encore moins de nouveaux radars mobiles-mobiles. Quant aux radars passages à niveau, ils sont quasi-inexistants.

Avec 951 979 flashs, tous types de radars confondus, c'est en tout cas dans le Rhône que la menace de se faire prendre est la plus grande. Devant les Alpes-Maritimes, l'Essonne, les Bouches-du-Rhône et Paris. Mais si l'on considère la moyenne de déclenchements par appareil, ce sont les automates de la Seine-Saint-Denis qui ont été les plus actifs l'an dernier, devant les rhodaniens.

Pour ce qui est des seuls radars embarqués, ce sont les quatorze de la Haute-Garonne qui ont enregistré le plus d'excès (avec 242 707 dépassements), devant le Val d'Oise et les Bouches-du-Rhône. Des embarqués qui, contrairement à ce que l'on peut parfois entendre, se révèlent pour l'heure bien plus performants que les radars mobiles nouvelle génération (RMNG). Quand les premiers affichent ainsi une moyenne mensuelle de 457 flashs par appareil, pour un taux de conversion en PV à 77 %, les seconds font plus de 40 % de moins, avec une moyenne de 257 photos prises, et un taux de conversion d'à peine 57% !

Pour ce qui est des statistiques des radars antifranchissements de feux rouges ou de feux clignotants aux passages à niveaux, elles n'ont rien à voir avec celles obtenues par les appareils de vitesse. Le radar feu rouge le plus flasheur en 2013 est, comme en 2012, celui du 20e arrondissement de Paris, à l'intersection du boulevard de la Chapelle et de la rue de Girard, avec 38 467 déclenchements. En moyenne, ce type de radar tourne à hauteur de 1 900 crépitements annuels, quand les radars de vitesse sont à 5 100. Aux passages à niveau, le rythme – fort heureusement - faiblit encore, avec une moyenne en dessous des 285 infractions enregistrées annuellement.

 

Tous les classements région par région, département par département

Tout au long de ce mois d'avril, retrouvez ainsi les classements de tous les radars fixes, ainsi que ceux de tous les feux rouges et passages à niveau quand il y en a, sans compter, les statistiques globales des radars embarqués, et des nouveaux mobiles… Rendez-vous pour commencer, dès cet après-midi, avec la région Ile-de-France. Puis les jours suivants, avec dans cet ordre de publication, toutes les statistiques des départements des régions :

- Rhône-Alpes,

- Provence-Alpes-Côte-D'azur,

- Nord-Pas-de-Calais,

- Haute-Normandie,

- Basse-Normandie,

- Bretagne,

- Picardie,

- Alsace,

- Champagne-Ardenne,

- Franche-Comté,

- Lorraine,

- Bourgogne,

- Centre,

- Limousin,

- Pays de la Loire,

- Poitou-Charentes,

- Auvergne,

- Aquitaine,

- Languedoc-Roussillon,

- Midi-Pyrénées,

- Corse,

- DOM.