Bloquer les prix des carburants peut paraître de prime abord socialement légitime, notamment pour les personnes placées devant la nécessité de se déplacer et donc d’acheter du carburant pour se rendre à leur travail ou réaliser toute autre tâche sociale. Seulement, le blocage du prix des carburants profite aussi à ceux et celles qui bénéficient des revenus les plus élevés et freine une nécessaire mutation écologique. On peut ainsi s’interroger sur la légitimité de telles mesures, d’autant plus lorsqu’elles émanent d’un gouvernement « de gauche ».


On aura aussi noté le caractère annoncé comme momentané des mesures envisagées par le gouvernement. Cela s’explique. Le gouvernement ne peut pas durablement baisser les taxes sur les carburants sans revoir complètement le dispositif de TIPP au moment même où l’état des finances de la France exige davantage de revenus. Quant à bloquer durablement les prix hors taxes, une telle mesure aurait immanquablement pour effet de pousser les pétroliers à « aller raffiner ailleurs »… Sauf à les en empêcher !


Sans doute la solution est-elle ailleurs et à plus longue échéance. Sans doute s’agit-il dès lors de limiter les effets sociaux négatifs de la hausse des prix du carburant et de réfléchir plus que jamais à la nécessaire transition énergétique pour s’adapter à la raréfaction de certaines ressources et orienter la consommation vers de nouveaux usages (sinon remettre au goût du jour certains, les transports en commune par exemple, y compris au niveau régional et département). Et dans cette optique, la variable « prix » peut être saisie politiquement.


Rendez-vous page suivante pour le second versant de ce Midi Pile.


@antoinedufeu