Cupra Raval : elle veut bousculer les stars R5 et E-208 en étant la plus « fun » des citadines électriques
La catégorie des citadines électriques s’étoffe à vue d’œil, et la nouvelle arrivante en provenance de chez Cupra a l’ambition de venir réveiller la catégorie par son style sportif, son côté fun, et un tarif de base sous les 26 000 €. De quoi faire trembler les références et meilleures ventes R5 électriques et E-208 ? Peut-être…

C’est peu dire qu’elle s’est fait attendre cette Cupra Raval. En effet, cette auto, qui porte le nom d’un bien connu quartier populaire de Barcelone, était déjà préfigurée par le concept UrbanRebel, dès 2022, et on voyait rouler des prototypes camouflés depuis fin 2024. Présentée ensuite dans divers salons mais toujours camouflée, la voici enfin sans aucun artifice destiné à brouiller la perception.
Vous noterez d’ailleurs qu’on dit « la » Raval et non « le ». En effet, depuis l’évocation de cette nouveauté, nous disions plutôt le Raval, car il semblait qu’il s’agisse d’un crossover, limite petit SUV urbain. Mais aujourd’hui c’est clair, Cupra présente sa nouveauté comme une citadine et l’a dévoilée à la presse il y a de cela presque deux mois (eh oui, on a dû patienter avant de pouvoir vous montrer ces images, tournées le 11 février dernier).
Pourtant, avec ses 4,05 m de long, 1,78 m de large, et 1,52 m de haut, les proportions restent celles d’un crossover, un peu haut sur pattes. Et les protections d’ailes et bas de portières en plastique accréditent cette théorie. Ceci dit, une R5 e-Tech électrique affiche 1,50 m sous la toise. Mais une « vraie » citadine polyvalente de segment B, comme est présentée la Raval, c’est une Peugeot 208, qui se contente d’1,43 m. Alors on vous laissera juges, et moi je n’ai pas arrêté de dire le Raval dans la vidéo, mais va pour « la » ici dans le texte, puisque la marque elle-même le dit.

Cette nouveauté fait partie d’une grande offensive produit du groupe Volkswagen dans le domaine de l’électrique. Et d’un élargissement de la gamme Cupra par le bas. Après les Formentor, Tavascan et Terramar, on descend en gamme pour venir chercher des clients plus jeunes, un peu moins fortunés (on reviendra au prix plus loin), et puis peut-être plus enclins à choisir un véhicule à batterie, ce qu’est la Raval.
En effet, comme les futures ID. Polo chez VW ou Epiq chez Skoda, elle est basée sur la plus petite plateforme électrique du groupe, la MEB +, mais elle se distingue par un style bien différent.
Un style fort mais pas trop exagéré

La Raval adopte en effet, en les adoucissant un peu peut-être, les codes stylistiques bien marqués de Cupra. Optiques à signature lumineuse en triangle, calandre travaillée semi-pleine à volets actifs, capot largement nervuré, la face avant en impose. Le logo peut être illuminé, comme il se doit aujourd’hui, du moins quand on choisira en option le pack Matrix LED. Il sera alors accompagné par un éclairage des quatre barrettes en creux, situées au-dessus de la calandre, et d’un logo arrière lui aussi lumineux.

Le profil, lui, est ramassé, musculeux, et les designers veulent nous faire croire à un coupé en utilisant une sorte de fausse ligne de toit noire qui décrit un arc de cercle, toit lui-même de couleur contrastée (noir ou gris) quand on ne le choisit pas couleur carrosserie. Oui, la Raval sera personnalisable vous l’aurez compris, on trouvera sept couleurs au nuancier dont du mat (vert ou bronze) et une inédite teinte « Plasma irisé » aux reflets changeants. On trouve aussi deux nervures sur ce profil, en haut et en bas des portières, qui donnent du dynamisme visuel, mais sans exagération dans les volumes et les creux, comme le Formentor par exemple.
Les jantes peuvent aller jusqu’à 19 pouces (17 pouces en entrée de gamme) et remplissent bien les passages de roues, on note aussi des poignées affleurantes à déploiement électrique. Mais les responsables produits et designers ont tenu à nous préciser qu’elles étaient aussi mécaniques, ce qui rendrait une éventuelle commercialisation en Chine possible (ce pays a interdit les poignées rétractables électriques).

La poupe conserve beaucoup de personnalité et un style sportif, avec un particulier un becquet de toit imposant et un dessin de faux diffuseur en bas du bouclier, accompagnés d’un bandeau lumineux sur notre modèle de présentation, son logo éclairé et une signature reprenant les désormais classiques triangles.
Franchement, si l’ensemble est un peu chargé, il est moins complexe de style que d’autres modèles de la gamme, tout en gardant un côté acéré qui fait indéniablement musclé et sportif. Reste à voir ce que ça donnera en version d’entrée de gamme et non en finition VZ comme celle que nous vous présentons.
Un habitacle aussi fort en style et originalités que la carrosserie

Contrairement à d’autres marques qui proposent un style fort dehors, mais insipide dedans, la Raval poursuit dans l’habitacle ses efforts de style extérieurs. On pourra d’ailleurs choisir entre trois ambiances : Pulse, Immersive, ou Feel, avec chacun ses spécificités en matière de sellerie ou de coloris. Le dessin de la planche de bord est moderne, enveloppant, en mode un peu cockpit d’avion, avec des contreportes qui prolongent le haut de la planche de bord. Les sièges monoblocs de la version sportive VZ sont eux aussi bien enveloppants et maintiennent parfaitement. Par ailleurs, il est clair que de gros efforts ont été fait en matière d’ambiance lumineuse, avec en bandeau en bas du pare-brise, animé et réactif aux clignotants ou aux indications du GPS, des lignes de LED dans tout l’habitacle, et une innovation jamais vue encore sur le marché.

En effet, la Raval peut disposer de l’Ambient dash light, un système avec de petits projecteurs situés de chaque côté de la planche de bord, qui projettent sur les panneaux de porte des motifs lumineux colorés personnalisables, et animés, ce qui permet de se concocter une ambiance à la carte. Est-ce utile ? Absolument pas. Est-ce joli ? Oui plutôt. Ca rendra jaloux les voisins, ça c’est sûr. Mini s’y était essayé en projetant des motifs aussi, mais seulement sur la partie supérieure de la planche de bord. Ici c’est plus élaboré, et complètement inédit dans la catégorie, et même dans l’industrie automobile.
Plus concrètement, la qualité de fabrication est excellente pour la catégorie. Bien sûr, nous étions à bord d’une finition haute VZ, l’entrée de gamme sera probablement moins bien présentée. Mais ici, la coiffe de planche de bord est en plastique moussé, le haut des contreportes aussi, idem pour les panneaux de porte et pour les côtés de la console centrale, ce qui est rarement le cas surtout chez les citadines. L’écran conducteur de 10 pouces est assez lisible et configurable. De son côté l’écran multimédia fait 12,9 pouces de diagonale.

Il intègre pour la première fois chez Cupra, et dans le groupe VW, un système d’exploitation Android fourni par Google. On y retrouve donc les basiques du géant américain, comme de la connectivité smartphone, et bien sûr le store d’applications, la navigation Google, un assistant vocal. Et comme toujours, il intègre Youtube pour la vidéo et spotify pour la musique, ce qui permettra de patienter pendant les recharges. Déjà expérimenté par d’autres marques, Renault en particulier, c’est un système qui donne entière satisfaction, le meilleur du moment dans la zone tarifaire des citadines et des compactes. Par contre, tout passe par l’écran. Heureusement donc que son ergonomie est bien travaillée. Mais on aurait apprécié des commandes qui resteraient physiques pour la clim', par exemple. Elles sont ici à la fois tactiles et intégrées à l’écran.
Presque des volumes de compacte
Terminons le tour du propriétaire avec les places arrière et le coffre. Pour les premières, l’espace est moyen pour les genoux et la tête, mais une E-208 ne fait pas mieux, et une R5 électrique est bien pire, mais il faut avouer que cette dernière rend 13 cm en longueur à la Raval. Pour le second, là Cupra a fait très fort. En effet, arriver à caser 441 litres dans 4,05 m de long, c’est un record en matière de rapport encombrement/volume de coffre. Bien sûr, cela tient compte du volume sous le plancher de coffre, qui peut se positionner sur deux niveaux, et de celui d’un rangement supplémentaire situé encore en dessous. Les câbles de recharge y trouveront avantageusement leur place, sachant qu’il n’y a pas de coffre sous le capot.


Avec de tels volumes, la Raval passerait presque pour une compacte, malgré sa taille de citadine, un aspect que la marque ne manque pas de mettre en avant. C’est mérité. Par contre, on regrettera au global une sensation d’engoncement dans l’habitacle, à cause d’une ambiance sombre et d’une surface vitrée réduite. C’est plus lumineux dans la R5 ou dans une Ë-C3.
Un équipement très techno
Passons rapidement sur les équipements, car si l’on connaît la structure de gamme, le détail du contenu pour chaque niveau de finition n’est pas clairement défini, puisque les choses ont été remaniées entre les premières annonces et le lancement à venir (juillet 2026). On sait seulement qu’il y aura des finitions de lancement, baptisées Dynamic, Dynamic Plus et VZ Extrême, plus une série spéciale dédiée à la France, mais qu’elles seront ensuite remplacées par quatre niveaux plus durables : Raval, V Plus, V Endurance et VZ. C’est eux dont on ne connaît pas le contenu technologique.

Donc, selon le niveau on pourra trouver 7 airbags dont un central, la recharge par induction, la conduite autonome de niveau 2, le parking automatique, voire automatique assisté par smartphone sans besoin d’être dans la voiture, la sono 12 haut-parleurs Sennheiser 475 W, la climatisation bizone, les sièges CUP monobloc à motifs 3D, les sièges électriques, les caméras 360°, la recharge par induction de smartphone, une clé digitale, une alarme, l’alerte de trafic arrière avec freinage en cas d’obstacle, le double plancher de coffre, les jantes de 17, 18 ou 19 pouces, les feux Matrix LED, les logos illuminés, et bien sûr toutes les aides à la conduite (ADAS) obligatoires aujourd’hui comme l’alerte de somnolence, le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide au maintien dans la voie, l’alerte de pression des pneus, etc.
Techniquement : du choix !
Techniquement enfin, la Raval laisse un choix de couple moteur/batterie rarement vu dans la catégorie. Même la R5 et ses 3 puissances et 2 batteries est battue. Ici chaque niveau de finition correspondra à un ensemble différent.
Pour l’entrée de gamme Raval, ce sera la petite batterie LFP (Lithium/Fer/Phosphate) de 37 kWh, 116 ch et environ 300 km d’autonomie. En finition V Plus, ce sera la même batterie mais 135 ch et toujours 300 km avant la panne sèche. La finition V Endurance permet de passer à la grosse batterie NMC (Nickel/Manganese/Cobalt) de 52 kWh. La puissance grimpe à 211 ch, ce qui devient sportif, et l’autonomie est annoncée à 450 km. Enfin la finition la plus énervée VZ se marie avec la grosse batterie, et affiche 226 ch, pour un 0 à 100 en 6,8 secondes. L’autonomie chute alors à 400 km. Elle devrait être comparable à l’Alpine A290 220 ch. Tous les modèles pourront bénéficier d’un mode « One pedal ».

Pour les vitesses de charge, c’est 11 kW pour tout le monde en courant alternatif à la maison ou sur borne publique. Pour la charge rapide, selon les niveaux de finition, ce sera entre 50 kW (finition Raval) et 105 kW (finition V Endurance et VZ), en passant par 88 kW pour la V Plus. Ce qui permet de passer de 10 à 80 % de charge entre 23 et 24 minutes selon la capacité de la batterie (hors Raval). Ce sont des chiffres dans la très bonne moyenne de la catégorie. Le planificateur de trajet est disponible, ainsi que la fonction plug and charge, qui permet de démarrer une charge sas avoir à sortir de carte de sa poche. LA Raval est aussi prête pour le V2L (Vehicule to load) ce qui permet d’utiliser ou de recharger un appareil externe avec l’énergie contenue dans la batterie.
Quant au châssis, il est abaissé de 15 mm par rapport aux autres modèles basés sur la même plateforme MEB +, et les voies sont plus larges de 10 mm. La version VZ dispose d’un différentiel autobloquant électronique et de réglages spécifiques des trains roulants.
Un prix presque calé sur la Renault 5 électrique
Enfin, venons-en au prix. Il n’y a malheureusement que le prix de base qui est dévoilé aujourd’hui. Ce sera 25 995 € pour l’entrée de gamme Raval à petite batterie 37 kWh. Ou 250 €/mois en LOA. Cela montera évidemment bien plus haut pour les versions à grosse batterie et équipement plus riche, mais pour le moment, on ne connaît pas l’intégralité de la grille tarifaire. En tout cas, c’est 1 005 € plus cher qu’une R5 d’entrée de gamme 40 kWh, mais qui rappelons-le, ne développe que 95 ch et est dépourvue de charge rapide ! La 120 ch à charge rapide, c’est 28 490 €.
Une Citroën Ë-C3 est moins chère avec une batterie équivalente, fait 113 ch, et annonce 320 km d’autonomie pour 42 kWh, mais surtout 23 300 €. Toutefois, elle n’est strictement pas comparable en matière d’équipement, de qualité de présentation, de finition. Elle est plus « essentielle », tout comme la Grande Panda électrique. Ou comme la Leapmotor T03, qui est aussi plus petite, mais affichée à moins de 17 000 € !
Le modèle le plus comparable en matière de taille et de prestations, c’est finalement la Peugeot E-208, qui elle, est bien plus chère. Alors oui, elle offre minimum 136 ch, et autour de 50 kWh de batterie, mais s’affiche à 28 400 € minimum.

Il semblerait donc que la Raval se cale plutôt sur la R5, tout en offrant bien plus d’espace pour les passagers et les bagages, et la possiblité de monter beaucoup plus haut en puisance en haut de gamme, devenant alors rivale de l’Alpine A290 qui, elle, démarre à 42 200 € en version 220 ch. L’espagnole ne devrait pas monter aussi haut en prix.
Elle a en tout cas sur le papier, en attendant les essais, pas mal de qualités : volume de coffre, habitabilité, équipement très techno et même inédit, originalité du design, choix de motorisation, charge rapide pour tout le monde, autonomies intéressantes.
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