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E85: faut-il craquer pour ce carburant à 0,70 €/l? (enquête vidéo)

Dans Pratique / Autres actu pratique

Un nombre croissant d’automobilistes français se rue sur l’E85, carburant qui promet 50% d’économie à la pompe et dont le réseau de distribution s’étoffe très rapidement. Caradisiac a enquêté sur le phénomène.

Quelques 1200 stations distribuent de l'E85 dans l'hexagone, un chiffre en constante augmentation.

L’E85, vous connaissez ? Il s’agit de ce carburant mêlant de 65 à 85% d’éthanol d’origine agricole à du sans plomb. Grâce à une très faible taxation, celui-ci affiche des tarifs à la pompe inférieurs de moitié à ceux du SP95. Et depuis que les pouvoirs publics ont homologué certains boîtiers permettant aux moteurs récents de fonctionner sans heurts au superéthanol, le phénomène prend rapidement de l'ampleur. Les volumes de vente ont en effet augmenté de 55% l’an dernier, pour approcher les 183 millions de litres.

On dénombre actuellement près de 1200 points de distribution dans l’hexagone, soit presque 300 de plus qu’au début de l’année 2018 ! « Avec les homologations des boîtiers de conversion E85 obtenues en 2018, le Superéthanol-E85 a pu décoller et s’installer dans le quotidien des français », commente Sylvain Desmoures, Secrétaire général du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA).

Rentabilité express

De fait, l’E85 représentait à la fin 2018 2,3% du total des essences distribuées, soit 1% de plus qu’un an plus tôt. On ne parlera certes pas de raz-de-marée, mais un mouvement de fond s’est incontestablement créé. Celui-ci repose sur plusieurs piliers :

Des tarifs imbattables. Avec un prix d’environ 70 centimes au litre, l’E85 coûte deux fois moins cher que le SP95 à la pompe. Même si l’éthanol induit une consommation supérieure au sans plomb « pur » du fait d’un pouvoir calorifique inférieur, l’investissement nécessaire à la pose d’un boîtier électronique de conversion est vite rentabilisé. Ledit boîtier sera facturé entre 600 et 1300 € selon la complexité et la cylindrée du moteur. Pour un 4 cylindres à injection indirecte consommant 8l/100 km et parcourant 15 000 km/an, la mise de fonds initiale est rentabilisé dès la première année d'utilisation.

Une fiabilité éprouvée. Les moteurs mis en circulation depuis 2001, c’est-à-dire satisfaisant à la norme Euro 3, sont déjà conçus pour carburer au SP95 E10, lequel incorpore déjà 10% d’éthanol. Le fait d’augmenter ce taux n’est en rien dommageable au groupe moto-propulseur, à la condition d’installer un boîtier électronique ad hoc. Celui-ci contrôle le débit d’E85 qui, du fait d'un pouvoir calorifique moindre, doit en effet être injecté en plus grandes quantités dans le moteur (d’où la légère surconsommation évoquée plus haut).

Gare au froid

Pour un moteur fonctionnant au superéthanol avec un boîtier homologué, la seule difficulté peut être le démarrage par temps très froid. « Il faudra peut-être donner deux coups de clé au lieu d’un », tempère un professionnel. Si apparaît un problème de combustion, un voyant pourra s'allumer au tableau de bord. « En cas d'avarie moteur, l'utilisation d'E85 pourrait motiver un refus de prise en charge par le constructeur », avertit Guillaume Darding, un ingénieur auto dont le site web est une mine d’informations techniques claires et précises, sur tous les thèmes. Toutefois, les sociétés vendant des boîtiers E85 homologués disposent d’assurance couvrant les conséquences d’éventuelles défaillances causées par leurs boîtiers. 

Trois sociétés proposent aujourd'hui des boîtiers de conversion homologués, à des prix variant de 600 à 1300 €. Les carnets de commande de ces boîtiers se remplissent rapidement : « depuis le début de l’année, on en installe un millier chaque mois », précise à Caradisiac Sébastien Le Pollès, président de FlexFuel Company.
Trois sociétés proposent aujourd'hui des boîtiers de conversion homologués, à des prix variant de 600 à 1300 €. Les carnets de commande de ces boîtiers se remplissent rapidement : « depuis le début de l’année, on en installe un millier chaque mois », précise à Caradisiac Sébastien Le Pollès, président de FlexFuel Company.

Un carburant facile à vivre. On l’a dit plus haut, le réseau de distribution de l’E85 se développe rapidement, avec près de 1 200 stations à ce jour et 11 nouvelles ouvertures en moyenne chaque mois. Des applications pour smartphone permettent de localiser celles-ci très facilement, à l’image de « Mes stations E85 » ou « Stations E85 », par exemple. Et si, au gré de vos déplacements, vous ne trouvez pas de pompe de superethanol, aucun problème puisque les voitures fonctionnent indifféremment au SP95 ou au SP98 classique. Pas de panne sèche à redouter, donc.

L'éthanol est produit à partir de betteraves ou de cultures céréalières.
L'éthanol est produit à partir de betteraves ou de cultures céréalières.

Un « vernis écolo ». Soyons clairs, l’argument écologique ne revêt souvent qu’une importance très secondaire aux yeux des usagers d’E85. Pour autant, et sans tomber dans un greenwashing béat, il est question d’une énergie verte et renouvelable,  ce qui sonne agréablement à l’oreille.

10 millions de voitures concernées

La filière française du bioéthanol concerne 50 000 agriculteurs et occupe une surface de 300 000 hectares, soit l’équivalent de 1% de la surface agricole utile. Si ce carburant venait à se développer, il faudrait toutefois veiller à respecter l’équilibre entre agriculture à vocation alimentaire et agriculture à vocation « automobile ».

Le problème est toutefois très loin de se poser, même si les professionnels évaluent à 10 millions le nombre de véhicules à essence produits après 2001 qui en France pourraient carburer à l’E85.

En matière d’E85, l’offre des constructeurs auto s’avère très pauvre. Seul Ford est présent sur le créneau, avec un Kuga Flexifuel dont les premiers exemplaires arriveront dans les show-rooms au mois de juin 2019, à des prix compris entre 29 100€ et 34 250 €. Un moyen pour le constructeur d’occuper le terrain et d’écouler des SUV essence qui autrement seraient plus difficiles à vendre.
En matière d’E85, l’offre des constructeurs auto s’avère très pauvre. Seul Ford est présent sur le créneau, avec un Kuga Flexifuel dont les premiers exemplaires arriveront dans les show-rooms au mois de juin 2019, à des prix compris entre 29 100€ et 34 250 €. Un moyen pour le constructeur d’occuper le terrain et d’écouler des SUV essence qui autrement seraient plus difficiles à vendre.

Convaincu(e) ? Reste à prendre contact avec une entreprise produisant et installant des boîtiers dûment homologués (Journal Officiel du 15 décembre 2017). A ce jour, trois d’entre elles sont répertoriées : outre FlexFuel Company, citons BioMotors et ARM Engineering.

Il faut faire appel à ces sociétés ou à leurs garages partenaires (généralement des indépendants, rejoints depuis peu par les réseaux Speedy, Norauto ou Point S) pour opérer la greffe. Une opération qui dure de une à trois heures, et au terme de laquelle il faut renvoyer sa carte grise en préfecture afin que celle-ci vous revienne ornée de la mention FE  (Superéthanol-essence) dans la case P3, laquelle remplacera la mention ES (essence). Notez enfin que lors de la revente du véhicule, la carte grise sera gratuite ou à moitié prix selon la région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (124)

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Pour les boitiers homologués .... " A ce jour, trois d’entre elles sont répertoriées : outre FlexFuel Company, citons BioMotors et ARM Engineering. "

L'idée d'un petit comparo avec ces 3 équipements sur 3 bagnoles identiques.....chiche ?

Par

Dans la conclusion vous dite qu'il y a un risque de conflit entre agriculture alimentaire et bioethanol. C'est un faux problème, car c'est sans compter le bio-éthanol de seconde génération. Il y a le projet Futurol (organisation rassemblant plusieurs partenaires) qui vient enfin de breveter pour la commercialisation, un procédé de fabrication à partir de végétaux non alimentaires

Par

Les conseilleurs n'étant pas les payeurs...attention avec l'E85.

Réfléchissez bien !

Par

Pourquoi Ford ne colle pas son moteur Flexfuel dans ses Fiesta / Focus ... bordel.

Allez Ford ! on se sort les doigts du cul et on occupe le marché !

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A partir de végétaux non alimentaire ok , mais la surface cultivable ne va pas s'agrandir si bien que si les agriculteurs font pousser de quoi faire plus E85 ça empietera de fait sur les terres produisant de l'alimentaire.

Pour ma part je roule en Dacia Sandero 1.2 à 2/3 de E85 depuis 2ans et je n'ai eu aucun soucis et ce sans boîtier.

Le calculateur d'injection fait varié de lui même la richesse dans une plage d'utilisation donné.

Par

En réponse à Gre_g

Commentaire supprimé.

On peut faire de l'éthanol à partir de déchets végétaux et donc sans utiliser les surface agricoles (qui sont au passage utilisées à 80% pour nourrir du bétail...). C'est une solution intéressante, même si elle ne pourra pas répondre à nos besoins en énergie (loin s'en faut).

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Attendons la prochaine sécheresse et on parlera de l'épuisement des nappes phréatiques.

Les restrictions d'eau devront avant tout s'appliquer aux cultures non alimentaires.

Par

En réponse à mozipokl

Dans la conclusion vous dite qu'il y a un risque de conflit entre agriculture alimentaire et bioethanol. C'est un faux problème, car c'est sans compter le bio-éthanol de seconde génération. Il y a le projet Futurol (organisation rassemblant plusieurs partenaires) qui vient enfin de breveter pour la commercialisation, un procédé de fabrication à partir de végétaux non alimentaires

C'est bien là le problème : faire des champs entiers de végétaux pour faire rouler nos bagnoles plutôt que de faire pousser des choses qui se mangent. Dans des pays pauvres, on risque de se retrouver avec quelques agriculteurs très riches et une population qui n'a rien à manger.

Par

Il est en vacances le Webmaster ? Ou quelqu'un va se décider un jour à réparer les commentaires qui arrivent en doublon ?

Par

Petite question.

Le passage d'un véhicule au bio éthanol implique la modification de la carte grise.

Est il prévu une modification sur la vignette Crit'Air?

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