Est-ce qu'un retour de Michelin en Formule 1 changerait drastiquement la discipline ?
Le manufacturier pneumatique français, peu intéressé par la Formule 1 depuis que la discipline a modifié son règlement et établi la règle du fournisseur unique, semble revoir sa position. Et en théorie, ça pourrait tout changer par rapport à la Formule 1 qu’on connaît aujourd’hui !

Michelin n’est plus présent en Formule 1 depuis la saison 2007. Le manufacturier français avait annoncé son départ de la discipline dès 2005, moment où le championnat a acté le passage à un fournisseur unique de pneumatiques afin de baisser les coûts. Ce passage à un fournisseur unique a aussi entraîné un important changement de la réglementation, visant à concevoir des pneus optimisés pour le spectacle plutôt que la durabilité des performances.
Ce concept, qui a débouché sur un cahier des charges imposant d’avoir des pneus souffrant d’une dégradation « programmée », aux typages très réglementés, a valu depuis de nombreuses critiques à Pirelli qui est l’unique fournisseur pneumatique de la Formule 1 depuis 2011 (après Bridgestone de 2007 à 2010) : les pilotes se plaignent régulièrement de pneus à la durée de vie trop faible ou à l’efficacité insuffisante. Rien à voir avec l’époque de la guerre entre les manufacturiers, où les pilotes disposaient souvent de gommes capables de rouler à fond pendant des courses entières (la hausse continue de la masse des monoplaces n’aide pas non plus).
L’avis de Michelin a peut-être changé
Toujours présent depuis au sommet de l’endurance (catégorie WEC) où ses pneus peuvent parfois enchaîner plus de deux heures de relais sans grosse dégradation, Michelin s’était toujours dit opposé depuis à l’esprit du règlement pneumatique de la Formule 1 : « on veut développer les meilleures pneus possibles, pas fournir simplement des gommes respectant un cahier des charges limitant », rappelaient des communicants de la marque en 2023 comme ils l’expliquaient encore cette année-là.
Mais comme le rapportent les journalistes d’Auto Hebdo, l’avis de Michelin sur la Formule 1 a peut-être changé. Le vice-président exécutif de Michelin Alexis Garcin, en charge des activités de sport automobile, était présent au dernier Grand Prix de Monza remporté par le jeune Kimi Antonelli. Il a été vu en discussions avec le patron de la FIA (qui a communiqué largement sur cet entretien) mais aussi au sein de plusieurs bâtiments d’écuries.
Il n’en fallait évidemment pas plus pour imaginer une réorientation de la stratégie de Michelin. Le manufacturier n’est plus présent non plus en championnat du monde des rallyes depuis 2020 et cherche peut-être à revenir sur le devant de la scène dans des disciplines majeures. Connaissant la position de Michelin sur les objectifs de qualité et de durabilité des pneus en compétition (l’endurance des gommes est érigé comme un argument marketing absolu par le manufacturier français), cela pourrait avoir des conséquences assez profondes sur la physionomie des courses.




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