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Et si la première solution pour réduire le bilan carbone des flottes ne venait pas de la voiture électrique

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Pour abaisser leurs émissions carbone, les flottes sont sommées de verdir à la vitesse grand V leurs parcs véhicules. Pourtant avant même d’investir dans une électrification encore complexe, une solution plus simple et immédiate permet de concilier réduction de CO2 et gains de productivité

Et si la première solution pour réduire le bilan carbone des flottes ne venait pas de la voiture électrique
L'IA serait-elle meilleure que la voiture électrique pour abaisser des émissions CO2 des flottes ©OUEST FRANCE/MAXPPP

Alors que le secteur des transports reste le premier émetteur de gaz à effet de serre en France (avec 34 % des émissions nationales), la loi LOM oblige les entreprises de plus de 100 véhicules à verdir massivement leurs flottes. Mais face au coût d’investissement à l’incertitude technologique, la transition énergétique prend plus de temps que prévu.

Il existe néanmoins une manière simple et rapide d’abaisser les émissions des flottes sans nécessairement changer de véhicules. La trajectoire vers le « Net Zéro » commence par un nettoyage mathématique de leurs itinéraires grâce à l’intelligence artificielle.

Optimiser les trajets et réduire les kilomètres à vide

Chaque jour les algorithmes  intègrent des millions de variables en temps réel -profils client, gabarit du véhicule, trafic routier- pour concevoir les meilleurs trajets possibles. Grâce à l’intelligence artificielle le géant britannique Restore Information à vu le kilométrage de sa flotte et ses émissions de CO2 baisser de 25 %. Mieux, l’algorithme a même permis d’augmenter le nombre de livraisons par tournée de 39 %.

L’IA permet non seulement de réduire les coûts d’exploitation, mais elle divise également le temps nécessaire pour recalculer un itinéraire en cas d’imprévu. Un gain d’agilité face aux aléas routiers.

Le point de départ de la baisse des émissions

En France, le groupe La Poste, confronté au défi de la livraison du dernier kilomètre, s’appuie sur les algorithmes prédictifs. En anticipant les volumes de colis selon la saisonnalité, la météo ou les pics de e-commerce, l’IA ajuste instantanément la tournée du facteur.

La technologie redessine même le quotidien des petites structures. Réunies sous la bannière du Lab’IA Transport, plusieurs PME partagent les bénéficient d’agent IA autonomes capables de scanner les bourses de fret pendant que les véhicules roulent. En cas d’annulation de dernière minute, l’IA analyse la position du véhicule et cherche instantanément un fret complémentaire sur le trajet. De quoi augmenter le taux de remplissage tout en limitant l’impact carbone.

Pour les experts de Michelin Connected Fleet, l’algorithme est l’étape zéro pour réduire l'impact environnemental. Alors que le remplacement d’un VUL ou d’un camion thermique par un électrique exige de lourds investissements, l’optimisation mathématique des tournées offre un impact immédiat sur les flottes existantes.

Un bien mal compris

Pourtant, la greffe technologique peine à prendre. À peine 5 % à 6 % des entreprises françaises utilisent l’IA pour planifier leurs tournées, selon l’INSEE et Bpifrance Le Lab. Un retard structurel lié à la sous-numérisation des PME.

Alors que les entreprises européennes ont pour objectif de réduire de 40 % à 50 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, l’IA apparaît pourtant comme un indéniable outil de gestion, permettant de concilier performance économique et impératifs climatiques.

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