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J’ai atteint sur route ouverte une vitesse inavouable, mais en toute légalité

La première de nos traditionnelles séries estivales est consacrée à la vitesse, indissociable de l’automobile. À tour de rôle, nos journalistes vont évoquer des souvenirs personnels liés à des allures un peu folles atteintes au volant de véhicules divers et dans des circonstances variées. Des moments qui les ont suffisamment marqués pour qu’ils s’en souviennent encore des années plus tard, même s’il n’est pas question ici de glorifier des attitudes répréhensibles. Cette semaine, on parle d’un chiffre à la fois impressionnant et relativement facile à obtenir… À condition d’être au bon endroit, et bien motorisé !

J’ai atteint sur route ouverte une vitesse inavouable, mais en toute légalité
Il est toujours tentant de mettre l'aiguille du tachymètre vers la boîte à gants, mais les conditions sont rarement réunies.

Ressentir un train avant « griffer » la route via les mains et un train arrière enrouler un virage depuis le fessier reste de grands moments de plaisir et de satisfaction, sans doute les meilleurs au volant d’une auto. Il y a aussi la vitesse, pas celle que l’on peut atteindre sur circuit, pas toujours très élevée. Ni même sur nos rubans nationaux sur lesquels une « pointe » à plus de 180 km/h peut vous envoyer en prison…

C’est globalement à partir de 250 km/h que les choses sérieuses commencent. Seulement, il faut le terrain de jeu et la monture qui vont avec pour atteindre ce palier symbolique. Ce fut le cas il y a dix ans, avec comme arme celle que l’on surnomme Godzilla. Si sa puissance semble presque modeste aujourd’hui avec 570 ch, son prix catalogue de 99 900 € et son malus de 8 000 € de l’époque laissent rêveur…

Notre Nissan GT-R d’hier était une affaire face à une compacte sportive type Audi RS3 d’aujourd’hui qui demande au minimum 158 300 €. Bref…

Les lignes brutales et musclées de la Nissan GT-R font toujours leur petit effet, même près de vingt ans après sa sortie.
Les lignes brutales et musclées de la Nissan GT-R font toujours leur petit effet, même près de vingt ans après sa sortie.

Si l’on peut dire que c’était mieux avant, notre terrain de jeu de l’époque est en revanche toujours d’actualité : les Autobahnen allemandes et leurs portions à la vitesse illimitée.

Retour avec notre Gt-r puisque l’idée est de la convoyer depuis Paris jusqu’à Nürburg, en Allemagne. Vibrations, bruits d’engrenages provenant de la transmission : les premiers tours de roue étonnent. Cette GT-R ne semble pas lubrifiée, et pourtant cela fait partie de son bon fonctionnement.

Après un « rodage » de plusieurs kilomètres en France, nous voici enfin de l’autre côté de la frontière. Les autoroutes allemandes ne profitent pas du même soin que chez nous : multiples raccords, visibilité parfois médiocre, peu de deux fois trois voies… Pourtant, à ma grande surprise, tous ces éléments semblent s’effacer dans une longue cuvette.

Avant même d’avoir le temps de prendre conscience de ma décision, mon pied droit écrase la pédale d’accélérateur. Les deux mains sur le volant, regard au loin et positionné sur la voie de gauche, je laisse le moteur s’exprimer pleinement et la boîte de vitesses égrener les rapports. La facilité à laquelle cette GT-R augmente son allure est déconcertante. La grande stabilité de l’auto augmente le sentiment de confort et de sérénité.

Un moment aussi furtif que la vitesse atteinte

Pourtant, le paysage défile à travers les vitres. Le cap des 250 km/h passé, je vise celui des 300 tout en ayant comme but les 340 km/h maximum que mentionne le compteur. L’apparition de deux voitures au loin mettra fin à cette quête du Graal. J’ai atteint un honorable 315 km/h, une vitesse qui me satisfera davantage lorsque j’apprendrai ensuite que c’est la Vmax officielle donnée par Nissan.

Ce moment fut aussi furtif que la vitesse atteinte. Difficile de définir les sensations sur le moment. Le sentiment d’avoir réalisé quelque chose d’exceptionnel reste, même une décennie plus tard. C’est à ce jour mon record, un chiffre légal que je n’ai aucun mal à revendiquer, bien au contraire. Ah, ces chères autoroutes allemandes…

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