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L’effet ZFE reste faible sur le verdissement du parc automobile et le recul de la pollution, c’est l’Insee qui le dit

Selon une toute récente étude de l’institut, l’impact des zones à faibles émissions sur l’achat de véhicules propres et la baisse de la pollution aux oxydes d’azote (NOx) s’avère marginal par rapport à la modernisation globale du parc français.

L’effet ZFE reste faible sur le verdissement du parc automobile et le recul de la pollution, c’est l’Insee qui le dit
Une artère de la ZFE d'Angers. Photo : Maxppp.

L’institut le reconnaît lui-même : « l’effet des ZFE reste faible par rapport au renouvellement tendanciel du parc ». Voilà qui bouscule quelque peu les idées reçues sur leur pertinence, et même la raison d’être des zones à faibles émissions, justement auscultées par l’Insee qui vient donc de rendre ses conclusions.

Pourtant, l’institut national des statistiques et des études économiques n’a pas livré sa sentence au doigt mouillé. Il s’est penché sur les 9 agglomérations qui ont mis en place des ZFE entre 2014 et 2024 à l’exception de Paris, trop différente, et incomparable aux métropoles régionales étudiées.

Une hausse spectaculaire en cache une autre, moins brillante

Comment savoir que le parc auto se verdit dans les ZFE et alentour ? Simple, il suffit de prendre en compte l’évolution des pastilles Crit’Air 0 et 1 pendant la période étudiée. Et le constat est sans appel : elles ont augmenté de 88,4 % dans les intercommunalités touchées. Les ZFE sont donc réellement et logiquement efficaces.

Sauf que l’on ne peut pas se contenter de cette hausse spectaculaire. Il faut apprécier au regard d’un regard d’un autre chiffre : la hausse générale des ventes de voitures plus propres ces dix dernières années. Honnête, l’Insee a comparé les deux données et le résultat change tout : la hausse des autos propres dans les ZFE n’est que de 5,8 % par rapport à l’ensemble de l’hexagone.

L’institut est allé plus loin en relevant les baisses des autos sales dans les agglomérations concernées par les ZFE et l’ensemble du pays, qui tient compte des autos qui disparaissent de la circulation et ne sont pas forcément remplacées. Le constat est similaire. La baisse enregistrée dans les zones atteint 53,6 %, mais elle ne dépasse pas 5,5 point lorsqu’on les pondère.

L’Insee a poussé le bouchon plus loin, et a voulu mesurer la baisse de la pollution dans les ZFE ces dix dernières années en se basant sur les émissions d’oxydes d’azote (NOx). Là encore, l’effet Waouh est immédiat : elles sont en chute de 48,3 % dans les agglomérations concernées.

Sans surprise, la baisse de la pollution est sensible dans les agglomérations dotées d’une ZFE, mais ce mouvement est surtout porté, là encore, par le verdissement généralisé du parc automobile via l’essor de l’électrique et de l’hybride. En 2024, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) des voitures étaient inférieures de 48,3 % par rapport à leur niveau de 2014 dans les ZFE régionales, contre 39,5 % hors ZFE.

Le jeu en vaut t-il la chandelle ?

Certes, une baisse d’émissions d’un peu moins de 10 % n’est pas négligeable et elle est évidemment liée à la (légère) hausse de l’achat de voitures plus propres vers lesquelles les ZFE ont poussé les automobilistes au cours de ces dix dernières années.

Mais une politique publique devrait être une affaire d’équilibre et dans le cadre des zones à faibles émissions, pas sûr que les gains soient supérieurs aux soucis politiques, économiques et sociales que les ZFE ont engendré.

L’envolée des ventes de VE ces derniers temps (au mois d’août, elles représentent 38 %, des achats de voitures neuves) se déroulent d’ailleurs au moment même ou les ZFE sont (provisoirement peut-être) à l’arrêt. Il est malheureusement lié à des problèmes internationaux autrement grave qu’à un empêchement de rouler et de polluer en rond.

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