Les acteurs de la mobilité professionnelle dénoncent l’aveuglement de Bruxelles
Une coalition inédite d’acteurs de la mobilité et des PME monte au créneau contre le projet de règlement de Bruxelles concernant le verdissement des flottes. Chaque année les entreprises visées doivent intégrer un minimum de véhicules à faibles ou zéro émission dans leurs flottes. Derrière ces quotas, les signataires pointent un piège financier pour les entreprises.

Front uni face à la Commission européenne. Les acteurs de la mobilité professionnelle1— loueurs, PME, transporteurs, après-vente adoptent une position commune contre le règlement de verdissement des flottes proposé par Bruxelles.
Les signataires dénoncent des quotas de VE en flottes trop drastiques et le piège de la valeur résiduelle des modèles à batteries.
Le château de cartes du leasing
Près de 80 % des véhicules neufs d’entreprise en Europe sont acquis via la location longue durée (leasing). Le montant des loyers mensuels payés par l’entreprise dépend de la différence entre le prix d’achat du véhicule neuf et sa valeur résiduelle, c’est-à-dire sont prix de revente estimé sur le marché de l’occasion en fin de bail.
Or, depuis le printemps 2023, les valeurs résiduelles des voitures électriques continuent de subir une érosion continue. Décote rapide, guerre des prix sur le neuf et incertitudes technologiques jouent les troubles faits et rendent la seconde main électrique particulièrement toxique pour les comptes des loueurs. D’où l’idée astucieuse par exemple de proposer un releasing d’occasion pour éviter de perdre de l’argent en vendant l’auto.
"Les pertes sur les anciens contrats de locations des VE doivent être compensées sur les contrats de location des véhicules neufs", préviennent les signataires du texte. Conséquence, les leasers proposent des loyers toujours plus élevés pour se prémunir de la baisse de la valeur de voiture sur le marché de la seconde main.
La politique des quotas soutenue par Bruxelles, avec l’intégration grandissante de VE neufs en flottes au prix fort, risque paradoxalement de rendre la transition énergétique inaccessible pour les PME qui représentent 70 % de la clientèle des leasers.
L’illusion des quotas coercitifs
L’exigence de la Commission européenne est jugée « hors sol » par les professionnels. Ces derniers, dénoncent une erreur de diagnostic d’une politique européenne tournée surtout vers les grands groupes de leasers.
Pour forcer les flottes d’entreprises à se verdir Bruxelles a décidé d’imposer des quotas et de taxer les sociétés de financement, propriétaires des véhicules, si elles n’achètent pas assez de voitures électriques. Sauf que pour ne pas perdre d’argent sur les VE les leasers augmentent les prix de leurs loyers aux clients. L’Europe pense punir les grosses sociétés de leasing, mais dans la réalité, ce sont les -petits- professionnels qui vont payer la facture à la fin du mois.
La transition ne se décrète pas à coups de sanctions regrettent les professionnels. Les pays européens le plus avancés en matière de transition énergétique le sont grâce à des incitations fiscales massives et stables, combinées à un bon réseau d’infrastructures.
Sauver la seconde main pour sauver le neuf
Pour sortir de l’impasse, la coalition propose de restaurer la confiance dans le marché du VE d’occasion. Cela passe par de nouvelles exigences techniques, comme la garantie sur la réparabilité des batteries et l’accès transparent à leur état de santé (SoH). Les professionnels demandent également le remplacement des objectifs contraignants par des mesures incitatives et le respect de la neutralité technologique.
À trop se focaliser sur les objectifs de ventes de voitures neuves, l’Europe semble avoir oublié le marché de l’occasion permettant de les absorber.
1 : Leaseurope représente les acteurs européens de la location opérationnelle,financière et de courte durée de véhicules. SMEunited représente les intérêts des petites et moyennes entreprises à traversl’Europe. UETR (European Road Hauliers Association - Association européenne destransporteurs routiers). Eurofinas représente les fournisseurs de crédit à la consommation et les institutions financières. IRU (International Road Union - Union Internationale des entreprises de transport etde logistique),




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