« Même si Ferrari m'oblige à l'acheter, ça vaut le coup » : y aura-t-il du chantage aux clients sur la Luce électrique ?
Les communicants de Ferrari l’ont tout de suite assuré lors du lancement de la Luce : pas question d’obliger les clients à acheter un exemplaire de sa première voiture électrique pour viser les modèles les plus exclusifs et convoités. La réalité, elle, serait plus nuancée.

La Ferrari Luce va-t-elle plaire aux clients habituels du constructeur italien ? La marque assume totalement le décalage entre le design et la philosophie de sa première voiture électrique, très différente des modèles thermiques qu’elle offre aux clients depuis ses débuts au milieu du siècle précédent.
Lors de la présentation officielle de la voiture en mai dernier, les dirigeants de Ferrari précisaient d’ailleurs qu’il s’agissait d’une offre additionnelle aux modèles « normaux » de la gamme, ne visant pas la même clientèle. « On ne veut pas forcer nos habitués à acheter cette voiture », était-il dit à cette occasion.
Faudra-t-il acheter une Luce pour avoir accès aux Ferrari les plus convoitées ?
D’après les journalistes de Bloomberg, la réalité serait plus nuancée. Pour avoir accès aux modèles en série limitée de Ferrari les plus convoités, ceux que la marque au cheval cabré ne propose qu’à ses meilleurs clients, le fait de signer un bon de commande pour la Luce pourrait être un facteur déterminant.
Ferrari réserve déjà depuis longtemps ses modèles d’exception à ceux qui possèdent déjà de nombreuses voitures de sa gamme. Selon nos informations, plus le modèle convoité est exclusif, plus il faut posséder de Ferrari dans son garage. Pour les séries spéciales les plus élitistes (du genre de la F80 ou des « Icona » comme la récente Daytona SP3), les clients possédaient tous déjà plus de cinq Ferrari dans leur garage. Et il n’était pas possible d’obtenir un bon de commande de la voiture sans posséder au préalable un certain nombre de Ferrari de toutes les gammes.
« Acheter une Luce, ça vaut quand même le coup »
« Même s’il faut que j’achète une Ferrari Luce pour que je puisse obtenir le bon de commande d’une voiture comme la F80, ça vaut le coup », nous précise un excellent client de Ferrari. « La Luce vaut plus d’un demi-million d’euros, certes, mais je ferai de toute façon une plus-value encore plus grosse sur la valeur d’une supercar dont la cote grimpera très vite en quelques années. Même si je n’ai aucun intérêt pour la Luce, elle me permettrait ainsi de faire un super investissement », estime-t-il.

De là à s’offusquer qu’un constructeur automobile s’arroge le droit de jouer sur l’exclusivité pour faire pression sur ses clients afin de les inciter à commander des voitures, il y a une marche que nous ne saurions franchir : tout le monde reste libre d’acheter les voitures qu’il souhaite et à ces niveaux, de telles pratiques semblent de toute façon incontournables. Chez Porsche, par exemple, il était vivement recommandé d’acheter une Taycan il y a quelques années pour obtenir le bon de commande des versions les plus rares et convoitées de la 911.








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