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Mercedes 400E W124 : la puissance d’un V8 dans une robe d’une discrétion absolue, le sleeper ultime ?

Dans Rétro / Youngtimer

Stéphane Schlesinger

On connaît la mythique 500E, performante et hors de prix, mais saviez-vous que la 400E marche pratiquement aussi fort, se révèle bien plus rare et coûte nettement moins cher ?

Mercedes 400E W124 : la puissance d’un V8 dans une robe d’une discrétion absolue, le sleeper ultime ?

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !

La surmotorisation, voilà une des goûteuses spécialités de Mercedes. La discrétion aussi, du moins jusqu'à une certaine époque. Le tout mis en ensemble a donné des engins exceptionnels, comme la 300 SEL 6.3, la 450 SEL 6.9 et, dans la gamme inférieure, la 400E W124. Bien moins connue que la 500E, qui a marqué les esprits par sa sportivité et ses ailes large, elle dispose pourtant d'un V8 puissant, tout en demeurant aussi banale visuellement qu'une 200D optionnée. Le sleeper ultime ! Véritable version pour connaisseur, la 400E - devenue E420 en 1993 - voit sa cote grimper nettement. A vous de savoir en profiter maintenant. 

On dirait une Mercedes 200D avec de belles jantes : la 400E cultive la discrétion, ne laissant pas supposer qu'un V8 de 279 ch trône sous son capot.
On dirait une Mercedes 200D avec de belles jantes : la 400E cultive la discrétion, ne laissant pas supposer qu'un V8 de 279 ch trône sous son capot.

Certes, les taxis allemands ont initialement rejeté la Mercedes W124. Mais force leur a été de constater les grandes qualités de cette berline ultramoderne et soigneusement fabriquée. D’ailleurs, celle-ci a longtemps manqué de glamour, jusqu’à l’apparition de sa variante 500E en 1989. Dotée d’un énorme V8 5,0 l et assemblée chez Porsche, elle a apporté une touche de délire sportif dans une gamme jusque-là très sage, mais son prix était du genre colossal. De plus, entre la 300 E et elle, il y avait un fossé, que Mercedes a décidé de combler.

Le V8 M119 de la Mercedes 400E est de la même famille que celui de la 500E. Il s'agit d'un 4,2 l à 32 soupapes tout en alliage doté d'un déphaseur sur chaque arbre d'admission.Très moderne en 1992 !
Le V8 M119 de la Mercedes 400E est de la même famille que celui de la 500E. Il s'agit d'un 4,2 l à 32 soupapes tout en alliage doté d'un déphaseur sur chaque arbre d'admission.Très moderne en 1992 !

Comment ? Avec une déclinaison intermédiaire, dotée d’un V8 mais pas typée sportive : cela donne la 400E, présentée à la rentrée 1991, en toute discrétion. Comme son appellation ne l’indique pas, cette variante chic se dote d’un 4,2 l, celui de la 420 SE W140, un bloc produisant tout de même 279 ch. Allié obligatoirement à une boîte 4 automatique, il suffit à emmener la 400E à 250 km/h, une vitesse de toute façon limitée électroniquement. Malgré les 1 620 kg, le 0 à 100 km/h est expédié en 7,2 s : à l’époque, c’est presque sportif. Pour encaisser le muscle et le poids de ce gros moteur, la 400E bénéficie des triangles avant de la SL R129, et s’équipe de d’étriers de frein à quatre pistons à l’avant.

Seul le monogramme permet de distinguer la 400E des autres Mercedes W124. Cette variante, apparue en 1991, bénéficie d'emblée des bas de caisse intégraux.
Seul le monogramme permet de distinguer la 400E des autres Mercedes W124. Cette variante, apparue en 1991, bénéficie d'emblée des bas de caisse intégraux.

A l’arrière, on note l’installation d’un antipatinage électronique ASR, alors que l’ABS est bien sûr monté en série. D’ailleurs, quand l’auto est commercialisée en France, à la rentrée 1992, on s’aperçoit d’une chose pas si courante à l’époque chez Mercedes : l’équipement est très complet. En effet, clim bizone, sellerie cuir et volant à réglages électriques, régulateur de vitesse, double airbag, jantes en alliage, et alarme sont de série… Cela entraine un prix pas tout à fait démocratique : 410 000 F, soit 106 200 € actuels selon l’Insee.

Comme la 400E ne se différencie pas extérieurement d’une 250D dotée de belles jantes, elle peinera à se faire connaître… et se vendra relativement bien, malgré la concurrence de la BMW 540i. Etrangement, elle ne se déclinera ni en coupé, ni en break. En 1993, à l’instar des autres W124, la 400E bénéficie d’un restylage, apportant une calandre plus petite, de nouveaux feux arrière, une décoration revue et une appellation où le E passe en tête. De plus, se voulant plus claire, elle reflète par sa nouvelle dénomination le chiffre de sa cylindrée : E420. Techniquement, elle n’évolue pour ainsi dire pas, et terminera sa carrière en 1995. 22 802 exemplaires des 400E/E420 sortiront de l’usine Mercedes à Sindelfingen.

En 1993, la 400E devient E420 à l'occasion d'un restylage qui voit la calandre rétrécir. La mécanique n'évolue pratiquement pas.
En 1993, la 400E devient E420 à l'occasion d'un restylage qui voit la calandre rétrécir. La mécanique n'évolue pratiquement pas.

Combien ça coûte ?

L’auto a beau être plus rare en occasion que la 500E, du moins en France, elle demeure nettement moins chère. Pour un exemplaire en très bon état, comptez de 18 000 € à 30 000 €, suivant qu’il passe les 300 000 km ou reste sous les 150 000 km. Ensuite, les prix grimpent de façon exponentielle à mesure que le kilométrage baisse, les autos de moins de 100 000 km pouvant passer les 40 000 €.

Le restylage que subit la Mercedes W124 en 1993 se remarque également par les feux arrière désormais fumés.
Le restylage que subit la Mercedes W124 en 1993 se remarque également par les feux arrière désormais fumés.

Quelle version choisir ?

Celle que vous trouverez d’abord, ces Mercedes étant fort rares en France. Ensuite, privilégiez les exemplaires dotés de leur suivi et dans le meilleur état possible, car toutes les réparations sont chères.

Des options sympas, comme le toit ouvrant, ici en 1993, peuvent renforcer le côté collector d'une Mercedes 400E/E420.
Des options sympas, comme le toit ouvrant, ici en 1993, peuvent renforcer le côté collector d'une Mercedes 400E/E420.

Les versions collector

Toutes, a fortiori celles comportant des éléments de rareté tels que des coloris originaux et des options nombreuses (toit ouvrant, correcteur d’assiette…).

En lui-même, le V8 M119 de la Mercedes 400E est très solide, mais les périphérique le sont nettement moins, à commencer par le faisceau. Le moteur remplit bien son espace, ce qui complique les interventions.
En lui-même, le V8 M119 de la Mercedes 400E est très solide, mais les périphérique le sont nettement moins, à commencer par le faisceau. Le moteur remplit bien son espace, ce qui complique les interventions.

Que surveiller ?

Ne vous laissez pas aveugler par la réputation de solidité des Mercedes anciennes. Les 400E/E420 datent d’une période où les autos à l’étoile se sont à la fois complexifiées et dégradées du point de vue de la fiabilité, même si la qualité demeure excellente. Il est donc absolument crucial d’opter pour un exemplaire dûment suivi, car si la mécanique est robuste, les pépins sont nombreux… et chers à résoudre !

Ainsi, si le V8 et la boîte auto sont virtuellement increvables, ils demandent des vidanges régulières (tous les 10 000 km pour le moteur, 60 000 km pour la boîte). Sur la 400E, le tendeur de chaîne de distribution est à surveiller de près (il a été corrigé sur la 420), alors que sur les deux, les fuites d’huile sont monnaie courante alors que le faisceau électrique sous le capot est fragile. Le remplacer est une opération à quelques milliers d’euros. A examiner aussi, la pompe de direction assistée, le viscocoupleur de ventilateur, voire le papillon des gaz motorisé (cher…).

A l’arrière, le pont prend du jeu à partir de 150 000 km, et sa réfection est rendue complexe par l’antipatinage électronique. Quant aux bras de suspension avant, ils souffrent du poids du moteur. En revanche, l’habitacle vieillit remarquablement bien, sans pépins électriques graves, même si la coiffe du tableau de bord peut se fendre sous l’effet du soleil. Enfin, la corrosion peut attaquer, notamment du côté des passages de roue avant.

Puissante et équilibrée, la Mercedes 400E, ici en 1992, est avant tout une formidable autoroutière, silencieuse et confortable.
Puissante et équilibrée, la Mercedes 400E, ici en 1992, est avant tout une formidable autoroutière, silencieuse et confortable.

Sur la route

Le volant très grand est toujours une source d’étonnement sur les Mercedes anciennes, mais le réglage rend ce défaut bénin. On est d’ailleurs fort bien installé dans ce siège pas si ferme. Au démarrage, on comprend pourquoi on n’a pas choisi une 300 : le son du V8 change tout, même s’il demeure très discret. D’ailleurs, aujourd’hui encore, la 400E étonne par son insonorisation. Elle va de pair avec une mécanique très douce, moteur et boîte, alors que la suspension filtre efficacement les inégalités. En clair, cette Mercedes est une reine du confort.

La finition de la 400E est impeccable, normal, on est chez Mercedes. En revanche, la richesse de l'équipement aurait plutôt tendance à étonner.
La finition de la 400E est impeccable, normal, on est chez Mercedes. En revanche, la richesse de l'équipement aurait plutôt tendance à étonner.

Oui, mais on a huit cylindres… Pied dedans, la berline allemande vous colle gentiment au dossier, tandis que l’étoile au bout du capot se rapproche du ciel. Elle marche fort mais sans en donner l’impression, vu la progressivité du 4,2 l, qui délivre un gros couple assez tôt. On se retrouve ainsi à des vitesses largement prohibées sans s’en rendre compte.Dommage dès lors que le freinage ait un peu vieilli, les distances d'arrêt étant un peu longues.

A l'arrière de la Mercedes 400E, l'espace n'est pas extraordinaire, mais on s'y sent tout de même bien.
A l'arrière de la Mercedes 400E, l'espace n'est pas extraordinaire, mais on s'y sent tout de même bien.

Le châssis suit parfaitement, l’auto étant équilibrée, bien amortie et dotée d’une motricité de joli niveau. Cela dit, la Mercedes n’aime pas être brusquée : elle prend du roulis, manque de précision et manifeste une certaine inertie. Rien d’une 500 E, même si elle se révèle fort saine et sûre. En revanche, la 400 convainc davantage sur autoroute, par son confort et son insonorisation, d’autant qu’elle tire plus long. Enfin, à 13 l/100 km en moyenne, elle boit raisonnablement.

 

L’alternative Newtimer

Mercedes-Benz E500 W211 (2002 – 2009)

Malgré ses bientôt 24 ans, la Mercedes E500 W211 conserve une ligne séduisante, marquée par l'élégance et la fluidité.
Malgré ses bientôt 24 ans, la Mercedes E500 W211 conserve une ligne séduisante, marquée par l'élégance et la fluidité.

Avec la Classe E W211, Mercedes a certainement touché le fond en matière de fiabilité. Serrer le kiki à Bosch, le fournisseur de ses équipements électroniques ultra-sophistiqués, comme le freinage by-wire, n’était pas une bonne idée. Et pourtant, quand elle fonctionne normalement, l’E500 est une auto merveilleuse.

Comme la W124 V8, elle reste très discrète, mais prodigue de très belles performances dans un grand confort. Son V8 5,0 l (allié à une boîte auto à 5 rapports jusqu’en 2003, 7 rapports ensuite) est, en effet, costaud ! 306 ch, 250 km/h, 0 à 100 km/h en 6,1 s. Richement équipée (cuir, clim multizones, sièges à réglages électriques), l’E500 sait aussi se montrer très sûre, avec la transmission 4Matic proposée dès 2003, année où elle se décline en break.

En 2006, elle bénéficie d’un léger restylage qui s’accompagne d’une fiabilité en hausse et d’un nouveau V8 5,4 l produisant quelque 388 ch : de quoi atteindre les 100 km/h en 5,3 s. ça marche fort ! En 2009, l’E500 W211 quitte la production, après avoir été produite à plus de 75 000 unités. A partir de 7 000 €.

Mercedes-Benz E400 (1992), la fiche technique

  • Moteur : 8 cylindres en V, 4 193 cm3
  • Alimentation : injection
  • Suspension : jambes de force, triangles, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV) ; essieu multibras, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AR)
  • Transmission : boîte 4 automatique, propulsion
  • Puissance : 279 ch à 5 700 tr/min
  • Couple : 400 Nm à 3 900 tr/min
  • Poids : 1 620 kg
  • Vitesse maxi : 250 km/h (donnée constructeur)
  • 0 à 100 km/h : 7,2 s (donnée constructeur)

> Pour trouver des annonces de Mercedes W124 phases 2 et 3, rendez-vous sur le site de La Centrale.

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