Oubliée, la Citroën Xsara 2.0 16v recèle de belles surprises pour pas cher
Ok, sa ligne est banale à pleurer, mais cette Citroën délivre de belles performances et un grand agrément de conduite, tout en accueillant la famille dans de bonnes conditions. Une compacte logique, fiable et rapide comme on n’en fait plus. Dès 2 500 €.

Il y a des voitures au design tellement anodin qu’on ne s’aperçoit pas de leur disparition. Pas la Renault 9, qui avait réussi ce paradoxe étonnant d’élever la banalité au rang d’art, si bien que tout le monde s’en souvient. Plutôt la Citroën Xsara. Malgré ses victoires en championnat du monde des rallyes, malgré son blason synonyme d’auto tantôt bizarres tantôt superbes, malgré une pub mettant en scène Claudia Schiffer, elle n’a jamais réussi à faire jaser ni rêver qui que ce soit, hormis des amateurs de cassoulet en boîte servi tiède. Et pourtant !
Cette auto transparente regorge de qualités, dont, aussi surprenant cela puisse-t-il paraître, un grand agrément de conduite. Surtout dans sa version haut de gamme, dotée d’un 2,0 l à 16 soupapes. Non, pas la sportive VTS mais la 2.0 16v. Quand la Xsara prend la relève de la ZX en 1997, en en conservant la plate-forme, les trains roulants (réglés différemment certes), et certains moteurs, elle change tout côté design. Reprenant des éléments du concept Xanae mais aussi de la Xantia, elle se veut plus charmeuse que sa devancière, plus cossue aussi grâce à son habitacle soigné même s’il se passe de banquette coulissante.

La formule fait mouche, et la Citroën rencontre un certain succès commercial, devançant même la très appréciée Peugeot 306. Comme tout ceci est loin ! En 1998, la Xsara se décline en coupé puis en break, carrosserie très appréciée que Citroën, dans sa grande clairvoyance ne produira plus après elle. En 1999, elle reçoit un nouveau moteur, le 2,0 l 16 soupapes XU10J4R qui nous intéresse, dans une définition bourgeoise et non sportive. Tout de même, ce 4-cylindres de 135 ch emmène la Xsara à 205 km/h, et autorise des accélérations vives vu qu’il n’a que 1 155 kg à emmener.

Ce bloc n’est proposé qu’avec la finition huppée Exclusive, comprenant de série la clim régulée, la sono, les essuie-glaces automatiques, les 4 vitres et rétros électriques, les 4 airbags, voire les projecteurs additionnels. Cela se facture assez cher : 124 000 F en berline et 128 000 F en break, soit respectivement 29 100 € et 30 050 € actuels selon l’Insee. Un an plus tard, la Xsara évolue assez profondément. Outre une coque renforcée, des voies élargies, et des jantes passant de 14 à 15 pouces, elle se signale par un avant totalement redessiné, évoquant celui du monospace Picasso.

Légèrement remanié, l’habitacle gagne des rangements, un ordinateur de bord, des airbags latéraux, ainsi que des airbags rideaux et un GPS en option. Surprise, le moteur change assez profondément : c’est celui de la Peugeot 206 S16. Codé EW10J4, il bénéficie d’un équipage mobile allégé, sa puissance et son couple étant en hausse (respectivement 137 ch et 190 Nm). La boîte se signale par une démultiplication finale allongée, de sorte que la vitesse maxi grimpe à 210 km/h alors que la consommation baisse. On pouvrai même s'offrir en option le système Windows CE associant GPS couleur avec infotrafic, téléphone avec lecture de SMS et commandes vocales. La Xsara 2.0 a alors droit à la carrosserie Coupé, qui s'associe aux finitions SX (simplifiée) et VTS (sportive), cette dernière n'étant pas à confondre avec la VTS de 167 ch, au châssis bien différent.

Fin 2001, l'ESP est disponible, puis début 2003, la Citroën est à nouveau modifiée, bénéficiant de nouveaux boucliers, avant de disparaître fin 2004, remplacée par la C4. La Xsara, qui a régulièrement passé les 300 000 unités annuelles, a été produite au total à 1 317 434 exemplaires, un score des plus honorables.

Combien ça coûte ?
La différence de prix n’étant pas énorme en neuf, les gens souhaitant une Xsara puissante ont plutôt opté pour la VTS, ou la HDI110, la mode étant au diesel. De sorte que la 2.0 Exclusive n’a pas été tellement diffusée, et se montre très rare en occasion. Et chère ? Pas vraiment. En très bon état, comptez de 2 500 € à 4 500 €, suivant que le kilométrage est au-dessus de la barre des 200 000 km ou sous celle des 100 000 km.

Quelle version choisir ?
Déjà, celle que vous trouverez ! Ensuite, berline ou break, plutôt berline, car les breaks sont plus rares qu’une promesse politique tenue. Les phases 2 pourront retenir davantage l’attention de par leur équipement enrichi, leur meilleure sécurité passive et leur consommation moindre.

Les versions collector
Si vous dénichez un break de moins de 50 000 km, achetez-le et jouez au loto : ce sera votre jour de chance !

Que surveiller ?
La Xsara fait partie des ces voitures de PSA conçues pour durer. En clair, elle est d’une très grande fiabilité mécanique, si elle a été entretenue, naturellement (courroie de distribution à changer avant 100 000 km). En début de carrière, le boîtier papillon a causé quelques soucis, et à fort kilométrage, les capteurs moteurs sont susceptibles de défaillances tout à fait normales. Pas de soucis particuliers au sujet de la boîte non plus.
Toutefois, comme sur bien des productions PSA de cette époque, les roulements des bras tirés arrière prennent du jeu, et si on ne les change pas assez vite, ils vont usiner la traverse, et il faudra changer l’essieu. Une avarie qui peut intervenir après 150 000 km, alors que les triangles avant seront à renouveler avant 100 000 km. L’échappement rouille assez vite, alors que de ce point de vue, la carrosserie est très bien protégée, même si on jettera un œil aux passages de roue arrière. L’habitacle résiste bien au temps, même si les durits de chauffage peuvent fuir, et le témoin d’airbag s’allumer sans raison. Les commodos de versions multiplexées peuvent sérieusement dysfonctionner, et le système Windows CE est peu fiable. Des avaries mineures.

Sur la route
J’ai trouvé la Xsara particulièrement insipide à sa sortie, et je n’ai pas changé d’avis. Cela dit, je reconnais que l’habitacle présente correctement, et s’avère bien assemblé. Je serai moins laudatif sur la position de conduite, pas si simple trouver malgré le volant réglable dans les deux plans. Et que dire de commandes de vitres électriques au bas de la console centrale…

Mais enfin, le siège procure un confort très décent, et dès qu’on roule, on apprécie la suspension bien amortie et rigoureuse à la fois. Le moteur, d’une rondeur appréciable, offre de belles prestations à tous les régimes. Il ne déborde pas de caractère, mais assure des performances très intéressantes, surtout passé 4 000 tr/min : le 0 à 100 km/h annoncé en 9,5 s est plausible. Surtout qu’on relève quelques pertes de motricité quand on y va un peu fort !

Néanmoins, la direction précise et consistante commande un train avant rigoureux, alors que la poupe enroule très volontiers. Elle se place même de façon nette quand on entre fort sur les freins en virage. En découle un comportement sûr et alerte, que le moteur permet d’exploiter réellement. Pour autant, la suspension se révèle confortable, et, combinée à l’insonorisation soignée, fait de cette Xsara une très plaisante monture de voyage. Enfin, à 7,5 l/100 km, elle consomme raisonnablement.
L’alternative youngtimer
Citroën ZX Volcane (1991 – 1997)

En matière de banalité esthétique, la ZX en remontre à la Xsara, et pourtant, on se souvient davantage d’elle. Peut-être parce qu’elle fut la première compacte de Citroën, et surtout, a marqué les esprits avec son essieu « autodirectionnel ». Nantie d’une coque très rigide, la ZX propose un comportement routier extrêmement précis et agile, plus peut-être que celui de la Xsara.
Avec le 1,9 l de 130 ch proposé dès le lancement en 1991 sur la version Volcane, la Citroën devient une digne compacte sportive : elle pointe à 205 km/h, dans un sacré boucan. Dotée d’un 2,0 l de 123 ch pour 1993 (doté d’un catalyseur), la ZX Volcane perd alors de son caractère, ce que Citroën ne corrigera jamais. Restylée en 1994 (légèrement), la ZX s’en va en 1997. A partir de 5 500 €.
Citroën Xsara 2.0 16v Exclusive (2001), la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 1 997 cm3
- Alimentation : injection électronique
- Suspension : jambes McPherson, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis (AV) ; bras tirés, barres de torsion, barre antiroulis (AR).
- Transmission : boîte 5 manuelle, traction
- Puissance : 137 ch à 6 000 tr/min
- Couple : 190 Nm à 4 100 tr/min
- Poids : 1 175 kg
- Vitesse maxi : 210 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 9,6 secondes (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Citroën Xsara essence, rendez-vous sur le site de La Centrale.

















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