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Pénurie de semi-conducteurs : l'automobile est-elle trop "geek" ?

Dans Economie / Politique / Marché

Pénurie de semi-conducteurs : l'automobile est-elle trop "geek" ?

La facture de la pénurie de semi-conducteurs devrait dépasser celle de la crise Covid de 2020 pour l'industrie automobile. Au delà du rebond de la demande, l'auto n'est-elle pas devenue un peu trop geek et gourmande en petits circuits imprimés ?

Heureux sont ceux qui avaient prévu d'ouvrir une usine fabricant des semi-conducteurs en 2021. C'est par exemple le cas d'Infineon, qui s'apprête à lancer la production en Autriche. Le PDG de l'entreprise se frotte les mains et explique même que les clients "arrachent" les puces des "mains" de la société avant même le début des festivités. Un juteux business qui devrait rapporter dès la première année quelque deux milliards d'euros de chiffres d'affaires à Infineon. 

Parmi les clients, des constructeurs automobiles et des équipementiers, bien sûr. Depuis la reprise économique, les commandes clients remplissent à nouveau les carnets des concessionnaires, mais derrière, la filière est souvent incapable de livrer le véhicule dans des délais acceptables, ce qui conduit les marques à faire des "choix" en production et à privilégier les modèles les plus rentables.

L'automobile, trop geek ?

La pénurie de semi-conducteurs n'est pas uniquement la faute de l'automobile, c'est un contexte mondial de reprise, et des usines qui n'avaient pas la capacité de faire face à une demande générale, soudaine, et importante. Mais quelque part, l'automobile s'est un peu tiré une balle dans le pied avec des histoires d'électronique. 

Le crash-test de l'Audi Q4 e-tron, avec une partie sur les aides à la conduite.
Le crash-test de l'Audi Q4 e-tron, avec une partie sur les aides à la conduite.

Prenez par exemple les notes de l'organisme de crash-tests Euro NCAP : une bonne partie des résultats se basent sur la présence, ou non, d'un grand nombre d'aides à la conduite. Freinage autonome, maintien dans la voie... leur absence implique une mauvaise note sur la sécurité active, qui a largement pris le pas sur la sécurité passive au fil des ans. Il ne s'agit plus de protéger les occupants d'un véhicule, mais de prédire les accidents, les éviter à la place du conducteur, communiquer avec l'environnement et analyser. 

Et tout ceci consomme du semi-conducteur : caméras, capteurs, radars, calculateurs, capteurs, écrans...

Puis, vient le divertissement, ce que l'on a pour coutume d'appeler "l'infotainment". La connectivité de plus en plus poussée des véhicules est une source importante de consommation de semi-conducteurs, en particulier dans le déploiement des mises à jour à distance, de la conduite autonome et des services à bord. Mentionnons également l'arrivée de la connexion 5G dans certains véhicules.

Le semi-conducteur est délicat

Pour produire des semi-conducteurs, il faut des usines bien particulières, qui demandent d'énormes efforts d'investissements. Elles ne sortent pas de terre aussi facilement qu'une usine d'assemblage de véhicules : l'atmosphère doit être neutre (l'air dans les pièces de ces usines contient environ 100 fois moins de particules que l'air le plus pur de haute montagne), et les installations doivent être conçues de manière à éviter au maximum les micro vibrations.

Ajoutez à cela un délai de fabrication particulièrement long : entre le début du processus et l'expédition pour la livraison, la gestation d'un semi-conducteur peut prendre jusqu'à six mois.

On comprend alors aisément que la pénurie actuelle ne peut pas se régler en quelques mois. L'inertie de cette industrie est tellement importante que certains PDG de constructeurs ne voient pas un retour à la normale avant 2023. Le problème, c'est qu'il faudra d'ici là que ces mêmes marques automobiles écoulent un maximum de véhicules électriques et hybrides pour suivre les objectifs CO2. Des véhicules évidemment gourmands en semi-conducteurs.

Au final, la facture des semi-conducteurs devrait être plus lourde que celle du "Covid 2020". Les analystes parlent d'une perte de 80 milliards d'euros, et 3,9 millions de véhicules pour l'industrie automobile mondiale.

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