Prix du carburant : la France "à deux semaines" du krach (et le plan anti-crise du gouvernement)
Avec des prix à la pompe au plus haut depuis 1985, le patron de Système U alerte jeudi matin sur un "point de tournant" imminent pour le prix et la disponibilité du pétrole. Face à ce choc potentiel, l’État prépare une riposte massive : un plan d'électrification d'urgence sera dévoilé la semaine prochaine pour aider à sevrer le pays de l’or noir. Entre l'accélération de la demande pour l'électrique d'occasion et l'arrivée de modèles enfin abordables comme la nouvelle Twingo, découvrez les coulisses d'une mutation forcée par la géopolitique.

Les prix du carburant atteignent des sommets. Et même s’ils devaient subitement baisser dans les semaines qui viennent, perspective bien improbable, nombre d’entre nous ont pris conscience des fragilités d’un système totalement dépendant des conditions géopolitiques.
Reste qu’à court terme, les perspectives sont moroses : interrogé sur RTL ce matin, le patron de la chaîne de distribution Coopérative U fait part de son inquiétude : "Je situe à 6 semaines le point de tournant, il nous reste deux semaines. Sinon, ça va être de plus en plus difficile sur le prix et la disponibilité du pétrole", a lancé Dominique Schelcher. "Le prix coûtant, on y est déjà. On veut être au mieux dans le match des prix donc on serre nos marges." Et le même de pointer les pétroliers: "le problème est à leur niveau, ils doivent prendre sur leurs marges." Il est vrai que jamais les prix à la pompe n’avaient atteint de tels sommets depuis 1985, période à laquelle on a commencé à les répertorier officiellement.
En attendant, les Français s’organisent. Covoiturage, télétravail quand cela est possible, réduction de la vitesse, recherche des stations les moins onéreuses via des applis ou avec les réseaux sociaux … : les solutions de dépannage n’ont pas tardé à se mettre en place, mais aucune n’est réellement satisfaisante.
Requêtes quasi-doublées sur La Centrale
C’est dans ce contexte qu’une part croissante d’entre nous commence à s’intéresser aux voitures électriques : celles-ci ont représenté 28% des immatriculations de voitures neuves au premier trimestre, contre 20% l’an dernier à la même époque. Interrogé par votre serviteur la semaine dernière, le vendeur d’une concession Citroën de la Sarthe se montrait catégorique : "il y a clairement une accélération de la demande ces dernières semaines, je n’ai plus besoin de servir mon argumentaire habituel sur l’électrique, ça part tout seul !"
Idem en occasion : sur La Centrale, qui appartient au même groupe que Caradisiac, les requêtes de voitures électriques d’occasion ont crû de 91% à partir du 28 février, début du conflit au Moyen-Orient.
Pour qui en a les moyens et peut recharger à domicile (ce qui est nettement plus facile pour qui vit en maison qu’en ville, convenons-en), il est vrai que les voitures électriques ont soudainement gagné en intérêt. Et ce d’autant que l’infrastructure de recharge publique française est l’une des meilleures d’Europe : le dernier pointage officialisé le 10 mars fait état de plus de 190 000 points de charge publique déployés sur le territoire, et 100% des stations-services d’autoroute sont équipées de bornes à haut débit. En d’autres termes, les trajets longue distance "zéro émission" ne sont (presque) plus un souci en France, même si des délais d’attente s’allongent occasionnellement à certaines bornes lors des gros week-ends.

Reste que l’électrique répond aux besoins quotidiens de l’immense majorité d’entre nous, et son plus gros défaut réside dans des prix d’achat encore élevés, malgré les récents efforts consentis par les constructeurs sur ce point. On ne nourrit d’ailleurs guère d’inquiétudes quant au succès de la Renault Twingo E-Tech récemment essayée par Caradisiac, laquelle présente l’avantage de tarifs relativement accessibles (à partir de 15 870 € prime "coup de pouce" déduite). Ce modèle devrait inciter nombre d’entre nous à franchir le pas pour la deuxième voiture du foyer, aux côtés des Citroën ë-C3, Peugeot e-208 et autres Dacia Spring (liste non exhaustive).
Le gouvernement prépare un plan
Surtout, on attend beaucoup du "plan d’électrification" qui sera présenté la semaine prochaine par le gouvernement, et dont le but est de verdir l’économie tout en réduisant la dépendance aux hydrocarbures importés, ceci grâce aux "surplus" de recettes fiscales sur les carburants générés ces dernières semaines.
On ignore encore les contours dudit plan, dans la mesure où les ministres concernés devront rendre leur copie le 8 avril, mais on sait que le but est de réduire la dépendance au pétrole de 60 à 40% d’ici 2035 (avec un "point de passage" en 2030), en partie grâce aux voitures électriques.
Parmi les pistes envisagées dans les semaines qui viennent, la mise en place de formules de location à prix préférentiel pour les professions qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, notamment pour les métiers du soin (infirmiers libéraux, par exemple). "La question n’est plus que climatique, elle touche désormais à l’intérêt national", résume le premier ministre Sébastien Lecornu. En lançant son offensive contre les intérêts iraniens, Donald Trump n’avait sans doute pas conscience qu’il allait contribuer à l’accélération de la mutation du parc automobile français, voire européen, qui patinait ces dernières années.
La crise pétrolière vous ferait-elle passer à l'électrique?
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