Y aura-t-il de l’essence pour les vacances ? Et à quel prix ?
Alors que l’Île-de-France donne le coup d’envoi des vacances de printemps ce vendredi 17 avril et que se profilent les ponts de mai, une double ombre plane sur nos tableaux de bord et des questions se posent. Le risque de pénurie d’essence est-il d’actualité et quid des tarifs élevés ? Réponses.

Ce vendredi 17 avril, la France entre dans un tunnel. Celui des vacances de printemps, qui débutent ce jour pour l’île de France et va se cumuler aux week-ends à rallonge du mois de mai. Autant de temps que nos contemporains allouent aux déplacements et en voiture le plus souvent.
Inévitablement, la question qui va ronger tout conducteur derrière son volant, ou plutôt les questions, consistent à savoir si l’on trouvera de l’essence sur la route des vacances ou du week-end, mais aussi, est-ce que ce carburant sera au même prix qu’aujourd’hui ?
Pas de pénurie en vue
Pour la première question, c’est un grand oui. Quant à la seconde c’est un plus normand, « peut-être bien que oui ». Côté pénurie, les craintes ne sont pas vraiment de mise. D’abord parce que les cuves vides des stations-service ces dernières semaines ont été siphonnées par des automobilistes désireux de faire un plein le moins cher possible. Un réflexe logique, qui se double d’un autre, qui consiste à remplir son réservoir avant une pénurie supposée et qui, évidemment est susceptible de créer la pénurie tant crainte. Mais ce temps est révolu et l’essence est désormais chère partout et tout le temps.
Les opérations spéciales, chez TotalÉnergies comme ailleurs, sont terminées. Il est donc inutile de se précipiter ? Il est surtout inutile de se précipiter chez Total justement ou, en ce vendredi 17 avril, jour de départ en vacances de printemps des Transiliens, la CGT appelle à la grève. 200 stations-service sont concernées par le mot d’ordre, car la confédération réclame une aide pour que les salariés de cette filiale du pétrolier puissent bénéficier d’une aide pour leur propre plein d’une essence qu’ils vendent donc trop cher.

Pas d’affolement pour autant, car selon la direction du groupe pétrolier, seules 4 % des 182 stations gérées par la filiale en grève sont fermées. Un chiffre différent selon la CGT, pour qui 10 % d’entre elles ont baissé le rideau.
Reste que les 8, ou 18 stations fermées sur le territoire ne vont pas chambouler le cours des choses dans un pays qui compte 27 000 pompes. Et qui, selon Francis Pousse, le président de la branche énergie de Mobilians ne risque pas la pénurie à court et moyen terme. « Car en France, on a la chance d’avoir des approvisionnements diversifiés, qui viennent d’Amérique du Nord et du Sud mais aussi d’Afrique. Seul 5 à 10 % de notre pétrole dépend du détroit d’Ormuz ». Nulle pénurie à craindre au cours des prochains week-ends donc.
D’autant que ce flux et cette circulation vacancière pourraient même être inférieurs cette année à celle des migrations précédentes. Ce supplément de carburant estimé à 20 % durant cette période au moment des ponts du printemps ne va peut-être pas être si important cette année.
Car un nouveau phénomène se dessine depuis le début de la crise iranienne. Si les déplacements quotidiens en voiture, le fameux maison – boulot ne peut pas être réduit, ceux qui sont consacrés aux loisirs le sont. Et les destinations de farniente sont désormais moins lointaines. Direction le comité régional du tourisme de la région centre – Val de Loire. Selon les derniers chiffres récoltés par l’équipe de sa directrice Martine Guelasse, « les réservations sont en hausse de près de 15 % durant les vacances de mai, et sont bien avancées pour cet été ». Même son de cloche en Bourgogne, alors qu’à l’inverse, dans le Var et le Vaucluse, les demandes sont en baisse de 20 %.

Les Français, et surtout les Franciliens choisiraient-ils plutôt les châteaux de la Loire et les hospices de Beaune plutôt que les plages méditerranéennes ? Ils choisissent surtout d’aller au plus près, histoire d’économiser quelques litres d’une essence de plus en plus précieuse.
Des économies qui permettent elles aussi d’écarter le risque de pénurie. Reste à savoir à quel prix ce carburant abondant sera disponible. C’est simple : plus personne n’ose miser sur une baisse rapide du cours du baril et, a fortiori du prix du litre à la pompe. Les tarifs devraient rester au (haut) niveau ou ils sont. Mais jusqu’à quand ? Pour l’économiste de l’OFCE (observatoire Français des Conjonctures Économiques) Eric Heyer, le scénario le plus probable est « un baril à 100 dollars jusqu’à la fin du premier semestre, avec une décrue très progressive pour arriver à 75 dollars le baril en fin d’année ». Il y aura donc, peut-être une essence à 1,70 euro sous le sapin à Noël, mais sans doute pas avant.
Francis Pousse est sur la même ligne, rappelant que pour que le prix du baril retrouve son cours d’avant, il faut évidemment que la guerre s’arrête, « mais qu’en plus, les infrastructures bombardées dans le Golfe soient réparées. » Le responsable de Mobilians a néanmoins un petit motif d’optimisme. Le cours du diesel, côté à Amsterdam baisse de jour en jour, et on ne devrait plus assister aux envolées délirantes du gazole que l’on a pu subir.
Des tarifs élevés pour longtemps et un gouvernement inflexible
Reste que les tarifs du diesel comme du sans-plomb restent himalayesques et ne semblent pas ébranler la détermination du gouvernement Lecornu qui ne veut pas aller au-delà des petites aides déjà accordées aux professionnels et gros rouleurs. Le blocage de la marge des distributeurs qu’il souhaite imposer n’est toujours pas en vigueur, et vu le tollé suscité chez ces derniers, il pourrait ne pas voir le jour.
Quoi qu’il en soit, cette décision ne devrait pas renverser la table budgétaire des automobilistes puisque la baisse de prix qu’elle induirait ne dépasserait pas 2 ou 3 cts dans la grande distribution, et 5 et 7 cts chez les pompistes indépendants. Le carburant reste donc cher longtemps, mais au moins, la pénurie n’est pas pour maintenant.




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