90 % d’automatisation et des ouvriers augmentés : bienvenue dans l’usine du futur de Chery
Le prix cassé des voitures chinoises n’est pas qu’une question de bas salaires. En plongeant au cœur de la « Super Factory » de Chery à Wuhu, on découvre un modèle de productivité qui emploie deux fois moins d’ouvriers que chez nous pour produire autant. Entre automatisation record et intelligence artificielle, la Chine a pris une longueur d’avance technologique mais aussi industrielle.

On se dit souvent que le prix attractif des voitures chinoises est lié aux salaires bien plus bas pratiqués dans l’empire du Milieu. C’est exact puisqu’ils sont d’un tiers plus faibles dans une ville comme Shanghai et de moitié dans les usines des provinces. Mais cette masse salariale inférieure n’est pas la seule clé de la réussite chinoise.
Pour s’en convaincre, il suffit de comparer. L’usine Stellantis de Sochaux, qui produit les Peugeot 3008 et 5008 a assemblé l’an passé 230 000 autos avec une équipe de 6450 ouvriers (intérimaires compris).
3 000 salariés pour 300 000 autos
Alors, direction Wuhu en Chine pour visiter la super factory 1 du groupe Chery. Construite en 2023, elle produit aujourd’hui 300 000 Jaecoo et Chery par an avec 3 000 employés seulement. Non seulement l’unité de production chinoise produit autant que la Française, mais elle y parvient avec deux fois moins d’hommes payés moins cher.

Comment ? L’usine est neuve, ou presque et déploie, sur 830 000 m2, des centaines de robots. On n’est pas dans une dark factory pour autant, ces usines, sans ouvriers, comme celle de Zeekr entièrement plongée dans le noir, puisque les machines n’ont pas besoin de lumière pour travailler.
Chez Chery, il y a des hommes, même s’ils ne sont que 164 dans l’atelier d’assemblage et de soudure de 50 000 m2. C’est là qu’avec 362 robots, ils fabriquent des caisses complètes dans un ballet automatisé de bras mécaniques qui soudent, perforent et ajustent 60 autos par heure. Des robots capables d’ajuster 4 portes en même temps sous la surveillance des humains, tout de même, qui veillent sur les machines derrière leurs écrans.
Un ballet incessant de chariots totalement autonomes livre les pièces nécessaires en provenance de la presse entièrement automatisée elle aussi. Ironie du sort : les robots utilisés sont allemands et japonais, deux pays dont l’économie souffre, notamment en raison de la mainmise chinoise sur les machines-outils justement.

Cette usine de Wuhu aura coûté 4 milliards de Yuans, l’équivalent de 500 millions d’euros alors que l’unité de production de Sochaux aura nécessité 320 millions pour sa seule mise à jour. Et l’usine chinoise entend bien être rentable rapidement et générer à terme, 5,6 milliards d’euros de bénéfices.
Mais poussons plus loin la visite de l’usine de Wuhu. Une fois les caisses assemblées, les moteurs et transmissions sont installés par d’autres robots. D’autres encore mettent en place les sièges et les quatre roues aux pneus prémontés. Des opérations automatisées à 90 %, selon la direction. De-ci de-là, des ouvriers s’affairent tout de même à l’intérieur, ou aux côtés des autos. Ce sont des travailleurs augmentés, des hommes aidés par des machines de serrage automatiques et de dispositif d’aide au garnissage des portes.
Mais in fine, où sont les milliers de salariés qui garnissent les effectifs de la super factory ? Ils sont présents, en petite équipe, en 2x8 au contrôle qualité, comme à toutes étapes de la chaîne de fabrication.
Moins d’hommes et des usines neuves
Mais ils agissent moins qu’ils ne contrôlent une machinerie sophistiquée qui, grâce à l’IA, vérifie les différents points de fabrication de l’auto, construite en 2 heures, et les comparent avec une auto parfaite stockée dans la base de données. Lorsque tous les points sont conformes, l’auto est validée et s’en va, via les énormes cargos rangés le long du fleuve Yang Tsé qui traverse la ville, rejoiint la mer, d'ou les bateaux arrosent le monde entier. Une opération plus compliquée à Sochaux.
Le secret de cette usine chinoise, et de toutes ses consœurs tient donc effectivement à des salaires moins élevés que chez nous, mais aussi à une automatisation plus avancée obtenue grâce à des unités de production flambant neuves ou presque. Bas salaires et usines neuves : deux éléments clés qui rendent pour le moins inégale la lutte.
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