Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Recharge électrique : quand le « tout numérique » devient une source de frustration pour les automobilistes

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

La complexité croissante des interfaces logicielles et l’omniprésence des applications mobiles seraient responsables d’une part majeure des échecs de recharge, transformant un acte simple en un défi technologique pour les conducteurs. Un phénomène mis en exergue par la société britannique de bornes Techtron.

Recharge électrique : quand le « tout numérique » devient une source de frustration pour les automobilistes
81 % des pannes de recharge ne seraient pas dues à un défaut matériel, mais à des problèmes numériques ©Maxppp

Derrière la promesse d’une mobilité propre et connectée se cache parfois un labyrinthe numérique où l’expérience utilisateur finit par se heurter au mur technologique.

Dans son livre blanc, la société britannique Techtron met en cause une dépendance excessive aux applications mobiles qui, sous couvert d’innovation, fragiliserait la fiabilité du service.

Le logiciel, maillon faible de l’infrastructure

Jusqu’ici, les critiques se concentraient sur le manque de bornes ou leur dégradation. L’étude « The Techtron Index », s’appuyant sur des recherches de l’opérateur Zest UK, souligne que 81 % des pannes de recharge ne seraient pas dues à un défaut matériel, mais à des problèmes « orientés utilisateur ».

L’authentification, la communication entre la voiture et le chargeur, et surtout les applications mobiles sont pointées du doigt. Plus une application intègre de fonctionnalités (planification, suivi énergétique, paiement complexe), plus le taux de réussite de la première charge s’amenuise. 75,7 % des sessions de charge échouées proviennent de défaillances liées aux applications, selon Zest.

La France n’est pas épargnée

Dans l’Hexagone, l’Observatoire Avere-France/AFIREV 2024 montre une situation similaire. 84 % des utilisateurs français ont rencontré au moins un défaut de charge au cours des 6 derniers mois (contre 80 % en 2022).

Le taux de réussite des sessions de recharge est de 85,5 % en 2023. Cela signifie qu’environ 15 % des tentatives échouent encore au premier essai. Plus de la moitié (56 %) des usagers a dû appeler une hotline technique en 2024/2025 (+ 6 points par rapport à 2022), ce qui prouve que l’application seule ne suffit souvent pas à résoudre le problème.

Pourquoi la technologie nuit-elle à l’expérience ?

À force de multiplier les étapes numériques, les gestionnaires de flottes créent une surcharge cognitive souligne le livre blanc de Techtron.

Pour un chauffeur habitué à la simplicité d’une pompe à essence, l’obligation de naviguer dans des menus complexes pour déclencher une charge génère une « appréhension » contre-productive. L’étude pointe une « app fatigue ».

En France, Les experts de l’IRVE (Infrastructures de Recharge de Véhicules Électriques) notent que les échecs de lancement de session (liés aux applications ou au réseau 4G/5G) sont la première source de frustration, bien avant le vandalisme ou la panne électrique. Un smartphone déchargé ou une borne en zone blanche suffit à immobiliser un véhicule.

Le Badge RFID comme sauveur

L’étude britannique préconise l’utilisation des cartes RFID face à la multiplication des applications. En France, contrairement au Royaume-Uni où chaque réseau a longtemps poussé sa propre app, la France a privilégié les « opérateurs de mobilité » (Chargemap, Freshmile, Izivia) qui fournissent un badge physique universel.

Dans les parkings souterrains des entreprises françaises, le badge RFID reste souvent la seule solution fiable à 100 % face aux problèmes de réseau mobile (3G/4G/5G).

Pour éviter le piège de la panne la solution la plus pragmatique, serait de mixer les technologies jugées anciennes comme les cartes RFID et les badges, aux côtés des applications, utiles pour la gestion de données en arrière-plan.

Cette approche hybride permet de conserver la puissance de l’analyse de données pour les gestionnaires, tout en offrant au conducteur une expérience Plug and Go (brancher et partir).

Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité Audi

Fiches fiabilité Audi

Essais Audi

Comparatifs Audi