Le Jaecoo 5 a-t-il toutes les armes en main pour bouleverser le segment des petits SUV hybrides ?
ESSAI – Depuis le 1er avril, Jaecoo, marque du groupe chinois Chery, est officiellement commercialisée en France. Si la gamme est encore limitée à deux modèles, les ambitions de ce nouveau venu sont grandes. Et son modèle d’entrée de gamme, simplement nommé 5, pourrait bien avoir les qualités nécessaires à leur concrétisation.

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Note
de la rédaction
15/20
EN BREF
SUV urbain
Hybride 224 ch
À partir de 26 990 €
Quasi inexistantes sur notre marché au début de la décennie, les marques automobiles chinoises seront, avant l’été, une dizaine à venir titiller les labels établis depuis plusieurs décennies. Le dernier arrivé en date se nomme Jaecoo. Un nouveau nom pour une nouvelle approche du marché et des modèles inédits. Même si, derrière Jaecoo, se cache Chery, le plus gros exportateur chinois de voitures.
Né en avril 2023, Jaecoo est toutefois déjà présent en Europe. Nos voisins espagnols peuvent ainsi passer commande du modèle le plus imposant de la marque, le 7, depuis 2024. Depuis, la marque a pris pied, notamment, en Italie et au Royaume-Uni. Elle débarque ces jours-ci dans l’Hexagone. Une arrivée plus tardive justifiée par le besoin d’observer la réaction d’autres pays face à ce label inédit, du temps plus important nécessaire pour sonder notre marché, jugé complexe, et de finaliser la mise au point du 5, probablement appelé à devenir le best-seller de Jaecoo en France. Signalons d’ailleurs que Jaecoo voit, d’emblée, grand puisque l’objectif 2026 est de 15 000 immatriculations. Au rythme où va le marché, cela devrait représenter presque 1 % des immatriculations et placer Jaecoo devant son compatriote BYD.
Cette appellation peu parlante est apposée sur un SUV du segment B. En langage courant, cela indique qu’il s’agit d’un concurrent de plus pour les Peugeot 2008, Renault Captur ou encore Volkswagen T-Roc. Avec 4,38 m de long, ce nouveau venu est toutefois l’une des offres les plus imposantes de son segment.
Comme un air de déjà-vu
Parmi les points que la plupart des constructeurs chinois doivent encore améliorer afin de séduire massivement les automobilistes européens, le design est assurément l’un des plus cruciaux. Chez Jaecoo, on s’est dit que prendre pour référence des modèles largement considérés comme étant esthétiquement réussis pouvait être un bon moyen d’atteindre cet objectif.

Et, visiblement, le regard des designers s’est porté sur l’autre rive de la Manche. La signature lumineuse avant, le dessin du vitrage latéral, la peinture bi-ton, qui donne l’impression d’un pavillon flottant, ou encore le bandeau de plastique noir qui relie les fins feux arrière rappellent, en effet, les créations Land Rover. Bien qu’il soit d’une longueur similaire à celle de la plus courte de ces dernières (l’actuel Range Rover Evoque est long de 4,37 m), le Jaecoo 5 a toutefois fait le choix d’un dessin général plus cubique, censé être plus baroudeur, et d’une calandre bien plus imposante qui le distingue toutefois suffisamment de son inspiration britannique.

Comme toujours, chacun jugera de la réussite, ou non, de ce coup de crayon. Mais, à en croire le nombre de têtes qui se sont retournées lors de notre essai, ce Jaecoo semble plaire.
Grand aussi à l’intérieur
L’un des avantages d’être plus grand que ses concurrents, c’est que cela permet, en théorie du moins, de proposer davantage d’espace à bord. Une théorie que la Jaecoo 5 confirme. Certes, il n’y a pas de miracle à attendre d’un SUV de ce segment : voyager à 4 est parfaitement envisageable et vouloir faire entrer un passager supplémentaire imposera de se serrer un peu les coudes.


À 4 adultes, l’espace disponible est assez bluffant. Installer 4 bonshommes d’1m85 se fait sans difficulté. Mieux, dans cette configuration, les occupants de la banquette n’auront même pas les genoux qui viendront toucher le dossier des sièges avant. Rarissime dans ce segment. L’installation à bord se fait sans peine, les portes étant larges et l’angle d’ouverture important. Et même la garde au toit est parmi les meilleures de la catégorie.
Les bagages ne se sentiront pas non plus à l’étroit. Non seulement la malle dispose d’un volume assez généreux (410 l) mais, de surcroît, sa forme presque parfaitement cubique en facilite le chargement. Surtout, ce volume ne prend pas en compte le rangement situé sous le plancher de coffre, puisque celui-ci n’existe pas. Il est donc parfaitement exploitable. Une fois la banquette rabattue, ce sont 1 214 l qui peuvent prendre place dans ce compartiment sachant que le plancher est alors plat.

Face aux occupants des places avant, on trouve une planche de bord au dessin moderne mais assez peu original. Les matériaux ne sont pas d’une qualité extraordinaire et, s’ils sont, dans l’ensemble, très satisfaisants, quelques assemblages manquent de rigueur. On relève aussi la présence assez envahissante de "faux’’ : faux aluminium, faux cuir… Tout cela sent les économies à plein nez. Il faudra attendre que le temps, et les kilomètres, passe afin de savoir si ces choix ne se paient sur le vieillissement de la voiture.
Naturellement, les écrans s’invitent largement dans l’habitacle. Face au conducteur, une petite dalle (8,9’’) fait office de combiné d’instrumentations, mais le nombre trop important d’informations qui y sont affichées la rend assez difficile à lire. Sur la console l’écran de 13,2’’, disposé verticalement, est plutôt lisible. Mais le nombre important de menus et sous-menus, dont les appellations ont parfois été traduites de façon approximative, rend son utilisation complexe.
Parmi les derniers reproches que l’on pourra formuler à l’encontre de ce Jaecoo, on a aussi le manque de caractère de l’affichage de l’écran multimédia (cela pourrait être celui de n’importe quelle autre voiture chinoise) et des boutons sensitifs sur le volant parfois capricieux.
Pas le choix
Le marché français n’a droit qu’à une seule variante mécanique de de SUV. Baptisée SHS-H (pour Super Hybrid System-Hybrid ? !), il s’agit d’une motorisation full hybrid. Un choix judicieux puisque ce type de moteur remporte un très large succès dans cette catégorie. Entièrement développée par Chery, elle associe ici un 4 cylindres Turbo 1.5 de 143 ch et un bloc électrique de 204 ch. La particularité de ce duo, qui annonce 224 ch en puissance cumulée maximale, soit bien plus que la plupart des petits SUV hybrides, c’est de fonctionner, selon les phases de roulage, en hybride série (le moteur thermique fournit exclusivement son énergie au moteur électrique) ou en hybride parallèle (les deux moteurs passent leur puissance aux roues avant).
Chiffres clés *
- Longueur : 4,38 m
- Largeur : 1,65 m
- Hauteur : NC
- Nombre de places : 5 places
- Volume du coffre : 410 l / 1 214 l
- Boite de vitesse : Auto. à 1 rapport
- Carburant : Hybride essence électrique
- Taux d'émission de CO2 : NC
- Date de commercialisation du modèle : Janvier 2026
* A titre d'exemple pour la version 1.5 224 SHS-H EXCLUSIVE.
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