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Baisse de la mortalité routière : il ne faut pas négliger le rôle des nouveaux équipements de sécurité

Pour diminuer le nombre de morts sur les routes, le gouvernement vient de donner un nouveau tour de vis répressif, avec notamment les 80 km/h sur départementales. Mais le recul de la mortalité passe surtout par l'amélioration de la conception et de la dotation des voitures.

Baisse de la mortalité routière : il ne faut pas négliger le rôle des nouveaux équipements de sécurité

Édouard Philippe l'a répété à de nombreuses reprises, avec la baisse de la limitation de vitesse sur les départementales, il veut sauver des vies, pas remplir les caisses de l'Etat grâce aux PV. 80 km/h au lieu de 90, ce serait 300 à 400 morts de moins par an en France. Pour le Premier Ministre, il fallait une mesure choc pour inverser la courbe de la mortalité routière, orientée à la hausse depuis 2014. Dans une interview au JDD, il a déclaré : "Chaque fois qu’un responsable politique a eu le courage de s’engager, les résultats ont été spectaculaires".

D'ailleurs, le dossier de presse présentant les mesures du dernier Conseil Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) comprend un graphique qui montre la courbe de la mortalité routière, en baisse depuis 1973, sur laquelle sont indiquées les différentes mesures prises par l'État, quasiment toutes restrictives : l'instauration du permis à points en 1992, l'arrivée des radars automatiques en 2002… Une manière de les justifier, et de faire passer la pilule des 80 km/h.

Baisse de la mortalité routière : il ne faut pas négliger le rôle des nouveaux équipements de sécurité

Sur le graphique, il y a bien dans un coin l'évocation de deux avancées technologiques : la généralisation de l'ABS dans les années 1980 et celles des airbags dans les années 1990. Mais après, plus rien, à croire que depuis, la baisse de la mortalité routière ne vient que de ses mesures prises par l'État !

Évidemment, on ne nie pas l'impact sur la mortalité routière du déploiement des radars automatiques ou de la chasse aux conducteurs roulant le portable vissé à l'oreille. Mais il faut surtout souligner que le niveau de sécurité des voitures a fait un sacré bond depuis le début du 21e siècle. Si on devait suivre la logique du graphique du CISR, on pourrait dire que la décennie 2000 est celle de l'amélioration de la conception des voitures pour la proctection en cas de choc, comme en témoigne en 2001 le premier 5 étoiles Euro NCAP. La décennie 2010 est celle de l'amélioration de la dotation de sécurité active, avec des équipements qui interviennent.

Cela commence par la généralisation de l'ESP, obligatoire en Europe depuis 2011, puis l'arrivée de nouvelles technologies d'aides à la conduite. Comme toujours, les innovations apparaissent sur des véhicules haut de gamme, puis se démocratisent. C'est ainsi qu'en 2018, une citadine peut recevoir un freinage d'urgence avec détection des piétons, une aide au maintien dans la voie, un régulateur de vitesse adaptatif, une surveillance des angles morts… Et dans quelques années, des systèmes visibles sur des véhicules premium ne seront plus un luxe. On pense à la vision nocturne, à l'assistant anti-sortie de route (vu chez Volvo)… Autant de dispositifs qui corrigent des erreurs de conduite, pour éviter ou minimiser un accident. La prochaine étape sera évidemment le développement du véhicule autonome.

Ce progrès technologique participe grandement à la baisse de la mortalité routière. Par exemple, une étude publiée il y a quelques jours au Royaume-Uni estime à 2 500 le nombre de vies sauvées Outre-Manche d'ici 2025 grâce aux avancées technologiques. Forcément, il ne peut qu'en être de même en France.

Cela pourrait d'ailleurs faire les affaires du gouvernement ! Celui-ci s'est en effet engagé à remettre en question les 80 km/h dans deux ans, si la mesure n'a pas eu d'effet. Ce serait un aveu d'échec, bien embêtant alors que la course à l'élection présidentielle 2022 sera sur le point d'être lancée. Mais grâce à l'amélioration du niveau de sécurité des voitures, la courbe a toutes les chances de baisser à nouveau, même sans les 80 km/h. À cela on peut ajouter un plus simple effet de contexte, la probabilité d'une baisse augmentant en fonction du nombre d'années consécutives de hausse, un peu à la manière de la courbe du chômage. La promesse de revenir en arrière est donc peu risquée. On est d'ailleurs déjà curieux de savoir comment l'effet de la mesure sera analysé en 2020.

Cela nous fait d'ailleurs penser à une idée : pourquoi ne pas mettre en place une prime pour l'achat d'un modèle plus sûr ? Il existe une prime à la casse pour sortir de la circulation les vieilles voitures polluantes. Si celle-ci participe déjà indirectement à une amélioration du niveau de sécurité des véhicules, vu qu'on se débarrasse d'un vieux modèle pour un nouveau forcément mieux équipé (déjà avec l'ESP), pourquoi ne pas donner un coup de pouce aux Français pour que ceux-ci puissent prendre des options de sécurité ? Si des aides sont mises en place pour améliorer la qualité de l'air, autant en faire de même pour sauver des vies sur la route.

Joli hasard : au moment de finir ce texte, Citroën nous a envoyé un communiqué pour annoncer le lancement d'une nouvelle campagne de publicité pour vanter les mérites d'une de ces technologies avec la nouvelle C3.

Baisse de la mortalité routière : il ne faut pas négliger le rôle des nouveaux équipements de sécurité

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