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Bornes de recharge: gare à la salade de chiffres

Selon des données officielles européennes, la France comptabiliserait nettement moins de bornes que ce que les pouvoirs publics annoncent. Caradisiac a donc tenté d'y voir plus clair.

Bornes de recharge: gare à la salade de chiffres

L’Association des constructeurs automobiles européens, organisme présenté comme le lobby des constructeurs automobiles, pointe régulièrement du doigt les lenteurs du Vieux continent en matière de déploiement des bornes de recharge.

Cette semaine, l’ACEA a ainsi envoyé un communiqué de presse dans lequel elle soulignait le fait que la moitié des 307 000 chargeurs répertoriés à la fin 2021 dans l’Union se concentraient dans deux pays, en l’occurrence la Hollande (90 000 bornes, soit 29% du total) et l’Allemagne (59 000 bornes, soit 19% du total). La France arriverait en troisième position avec 37 000 bornes, soit seulement 11% du total.

Premier problème, ce chiffre contredit les données officielles du baromètre officiel établi en partenariat entre le ministère de la transition écologique et l’Avere-France, à partir des chiffres du Gireve.

Dans son édition du 11 janvier, ledit baromètre indiquait que la France comptait près de 54 000 points de recharge ouverts au public, chiffre qui correspondait à une hausse de 64 % en un an.

Or, avec 54 000 bornes au 31 décembre, la France réduirait fortement son écart avec l’Allemagne. On nous mentirait donc ?

3 pays = 64% des bornes en Europe

La réalité est différente, et semble résulter d’un « bug » de l’organisme qui traite les données au niveau de l’Observatoire européen des carburants alternatifs (EAFO), émanation de l’agence européenne de l’environnement. « On est au courant de cette distorsion de chiffres et on essaie de comprendre d’où ça vient », s’agace une source proche du dossier interrogée par Caradisiac. « Nous sommes absolument certains de nos infos, et cela nous étonne d’autant plus que les bases de données initiales sont les mêmes. Le problème semble venir du prestataire qui traite les données pour l’EAFO, mais il faudrait que l’on charge un technicien de chez nous pour rentrer dans leurs chiffres pour y voir plus clair. »

A moins que le problème soit en réalité plus profond. Dans un rapport publié l’an dernier, la Cour des comptes européenne déplore notamment un « manque de clarté entourant la définition et le comptage des points de recharge ouverts au public ».

Et celle-ci d’expliquer que « les données del'EAFO englobent tous les points de recharge ouverts au public, qu'ils le soient entièrement ou partiellement, mais ce n'est pas toujours le cas dans les rapports des États membres. Aux Pays-Bas, l'EAFO fait état de 61 534 points de recharge, mais seuls 36 187 d'entre eux étaient entièrement ouverts au public, les autres ne l'étant que partiellement. Nous avons également relevé des incohérences pour le Danemark, le Luxembourg et la Pologne, dont les rapports sur la mise en œuvre des cadres d'action nationaux relatifs à 2018 font état d'un nombre de points de recharge supérieur à celui recensé par l'EAFO en septembre 2020. »

Quoi qu’il en soit, la France suit une dynamique positive. Il se trouve que l’EAFO a mis en place cette année un second décompte mené selon les nouveaux critères AFIR (nouveau projet de règlement sur les carburants alternatifs), lequel donne des chiffres correspondant aux données officielles françaises montrant une véritable dynamique (62 000 bornes installées à la fin mai).

Selon ces critères AFIR, la Hollande est toujours en tête avec 28% des bornes déployées au sein de l’UE (plus de 91 000 bornes à la fin 2021), devant l’Allemagne avec 19% (62 000 à la fin 2021) et la France à 17% (54 000 à la fin 2021, ce qui confirme les données ministérielles).

Inutile donc de s’autoflageller, l’Hexagone est plutôt bien avancé en matière de déploiement des infrastructures de charge, ce qui tombe bien quand on est un pays de transit pour des voitures de l’Europe entière.

Le problème, par contre, est que les trois pays évoqués plus haut concentrent à eux seuls 64% des bornes de l’union européenne. Dans la perspective de la fin du thermique en 2035, il va falloir rééquilibrer rapidement les choses.

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