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Carlos Ghosn : ce qu’il faut retenir de sa conférence de presse (MàJ)

Dans Economie / Politique / Personnalités

, mis à jour

Carlos Ghosn a tenu ce mercredi sa grande conférence de presse. Un moment très attendu dans la mesure où ses avocats nous annonçaient un homme à la parole libérée, qui s’attacherait à produire des preuves de son innocence. Et on n'a pas été déçu.

Carlos Ghosn : ce qu’il faut retenir de sa conférence de presse (MàJ)

Mise à jour du jeudi 9 janvier à 12h. Après la conférence de presse de Carlos Ghosn, la ministre de la Justice japonaise Masako Mori a redit« fortement » souhaiter voir l’industriel comparaître au Japon : «Je veux qu'il vienne affronter réellement la justice japonaise, mais il a fui, alors même qu'il n'était pas enfermé, qu'il pouvait voir librement ses avocats. Une telle attitude est inqualifiable […] Si l'accusé Ghosn a quelque chose à dire sur son affaire pénale, qu'il présente ses arguments ouvertement devant un tribunal japonais et apporte des preuves concrètes. J'espère sincèrement que le prévenu Ghosn déploiera tous les efforts possibles pour faire valoir son point de vue dans le cadre d'une procédure pénale équitable au Japon et qu'il viendra le faire devant un tribunal japonais.»

Parallèlement, Carlos Ghosn a été entendu pendant un peu moins d'une heure par le parquet libanais pour deux choses: la première concerne un voyage en Israël (« pays ennemi » du Liban) réalisé en 2009 alors qu’il était patron de Renault, et la seconde concerne son dossier judicaire au Japon. L'AFP rapporte ce matin que la justice a interdit à Carlos Ghosn de quitter le territoire libanais.

***

C’est donc à 14 heures (heure française) au Press club de Beyrouth que Carlos Ghosn a démarré sa grande conférence de presse, 11 jours après sa rocambolesque évasion du Japon, où il était assigné à résidence en attente de son procès. Des médias du monde entier ont été accrédités pour l’événement et se retrouver face à un homme décrit comme impatient d’en découdre : « Il est très tendu, ému et impatient de pouvoir s'exprimer, se justifier et démonter toutes les accusations articulées contre lui depuis tant de temps sans que jamais il puisse avoir accès au dossier », affirmait Me François Zimeray, l’un de ses avocats français, quelques heures avant l’événement. « Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité » avait d’ailleurs annoncé le 30 décembre l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, sur lequel pèsent des soupçons de malversations financières.  « Je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique. » Bref, on allait voir ce qu’on allait voir. Et on a vu.

Un Carlos Ghosn extrêmement combatif a tenu l’estrade pendant plus de deux heures face aux médias du monde entier. Après avoir rappelé la dureté de ses « 400 jours de privation de liberté », avec notamment une période de « 6 semaines sans pouvoir parler à [sa] ma famille », des interrogatoires de 8 heures sans assistance de son avocat, l’homme se dit aujourd’hui libre de parler et de fournir à l’appui « des données précises et des preuves de [son] mon innocence. » L’homme veut « réhabiliter [son] mon nom » et prouver que « les allégations sont fausses. »

« A mon arrivée, Nissan était mourant. »

Carlos Ghosn a commencé sa conférence de presse en évoquant les raisons de cette affaire. Selon lui, l’élément déclencheur est la baisse spectaculaire des résultats de Nissan, consécutive au fait qu’il s’en soit éloigné en 2017 pour se consacrer à Mitsubishi, nouvellement intégré dans l’Alliance. « Quand j’ai pris les rênes de Nissan en 1999, c’était une compagnie mourante. Et sous ma conduite, elle a renoué avec la croissance et les profits. » Son successeur Hiroto Saikawa n’aura pas connu la même réussite, mais a mis cela sur le dos de Ghosn. Ce que ce dernier n’accepte pas: « Il était le PDG, et donc le responsable. C’était à lui de trouver une solution pour améliorer les résultats. » Et d’ajouter : « quand quelqu’un doit assumer la direction générale d’un groupe, c’est lui le responsable. Il n’a pas à critiquer ses prédécesseurs. »

A cela s’est ajouté la méfiance créée au Japon par la « loi Florange » (Nissan posséde 15% des actions de Renault sans avoir de droit de vote, quand Renault dispose de 43% de Nissan): « on a refusé de donner le droit de vote à Nissan ç’est ça qui a provoqué la méfiance des Japonais. » Deux facteurs qui ont selon Carlos Ghosn précipité sa chute : « on se débarrasse de Carlos Ghosn et on prend plus d’autonomie. »

« Dictateur froid et cupide »

Evoquant un complot destiné à le destituer, Carlos Ghosn a fustigé les liens entre le procureur et Nissan - « la collusion est partout ! » - et déploré la façon dont il avait été traité, se sentant « mi-homme mi-animal » : « il n’y avait aucun signe que j’allais pouvoir revenir à une vie normale avant au mieux 4 ou 5 ans. Je me sentais comme un otage dans ce pays que j’avais servi pendant 17 ans, un pays où 200 ouvrages sur le management m’ont été consacrés. Et un pays où certains s’attachaient maintenant à me décrire comme un dictateur froid et cupide ! »

Dénonçant des audits truqués et des accusations de malversations que n’accompagnent aucune preuve, au sujet desquelles il a promis de livrer à la presse des éléments l’innocentant, l’homme a aussi évoqué les soirées organisées au Château de Versailles en 2014 et 2016, "pour le quinzième anniversaire de l’Alliance" (et un montant total estimé de 636 000 € tout de même, NDLR!) puis pour celui de sa femme. « La présidente du château Catherine Pégard m'a proposé de mettre à disposition une salle pour moi, et j’y ai vu un geste commercial » alors que Renault est un des mécènes du château. « Versailles symbolise le génie français. Si vous y invitez des étrangers, ils accourent. Ce n’est pas que nous nous prenions pour Louis XIV ou Marie-Antoinette.» Précisons que des images de la soirée de 2014 circulent et témoignent du faste de la fête, qui s'apparenterait toutefois plus à un événement d'ordre privé.

« Aujourd’hui, l’Alliance ne fonctionne plus ! »

Les dirigeants actuels de l’Alliance en ont sacrément pris pour leur grade : « Aujourd’hui l’Alliance ne fonctionne plus, les profits sont en berne et on ne voit venir aucune innovation. […] Et en plus ils ratent la fusion avec Fiat Chrysler, que j’avais déjà presque finalisée. Mais comment ont-ils pu manquer ça ? C’est incroyable ! » Et l’industriel d’enfoncer le clou : « depuis mon arrestation, la valorisation de Nissan a baissé de plus de 10 milliards de dollars. Ils ont perdu plus de 40 millions de dollars par jour pendant cette période. Ce n'est pas mieux pour Renault, dont la valorisation a baissé, de plus de 5 milliards d'euros, depuis mon arrestation, ce qui signifie 20 millions d'euros par jour. » Et de porter l'estocade : « Ils ont voulu tourner la page Ghosn, et ils y sont bien parvenus ! »

 « J’aime le Japon, j’ai ressuscité Nissan, j’ai été le premier étranger à m’y rendre après le Tsunami, et mes enfants y ont suivi des études. Je ne suis pas quelqu’un de froid. Cupide? j’aurais pu prendre la tête de General Motors en 2009. J’y aurais doublé mon salaire, ce qui prouve au passage que je ne suis pas quelqu’un de cupide, et je ne serais pas dans la situation qui est la mienne aujourd’hui ! Dictateur, enfin ? Ils ont attendu 2018 pour le découvrir ? »

Enfin, s’il n’a pas donné de détails concernant le déroulement de son évasion, Carlos Ghosn a fait part de ses sentiments une fois loin du Japon: « le 19 novembre 2018 c’est comme si j’étais décédé. Je ne savais pas si j’allais revoir les gens que j’aime. Vous êtes paralysé. Vous vous anesthésiez pour vous protéger de la souffrance, c’est votre façon de survivre. Quand j’ai vu que j’étais sorti c’est comme si quelque part je revenais à la vie. »

Voici pour l’essentiel des propos tenus par Carlos Ghosn durant son allocution, laquelle fut suivie d’une séance de questions-réponses en anglais, arabe, français ou portugais. Nous aurons l’occasion de reparler du fond de l’affaire, alors même que Carlos Ghosn s’est dit innocent de tous les chefs d’accusation pesant sur lui et en mesure de le prouver. Le passionnant feuilleton continue.

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