Chez Stellantis, combien de temps le moteur Puretech français va survivre au Firefly italien ?
Cédric Pinatel , mis à jour
Après une domination de la partie française de Stellantis du temps de Carlos Tavares, les Italiens du groupe sont en train de reprendre le dessus sur les moteurs. Les futures Peugeot, Citroën et autres DS devraient embarqueront-elles des moteurs d’origine Fiat au lieu de celui qu’on appelait anciennement « Puretech » ? Une chose est sûre : le « Turbo » français n’est pas encore mort.

Comme chez Renault où le nouveau directeur général semble aller dans une direction très différente de celle de son prédécesseur Luca de Meo, le groupe Stellantis fait quasiment volte-face sur sa stratégie depuis l’arrivée d’Antonio Filosa en remplacement de Carlos Tavares.
Le groupe, dont on attend toujours de connaître le plan dans le détail (il sera officiellement dévoilé le 21 mai prochain), va quasiment tout changer par rapport aux directions prises depuis le début de la décennie. Outre une nouvelle répartition des tâches au sein de ses marques, une révision de sa stratégie d’électrification et une reconstitution de ses effectifs, le géant va changer de doctrine sur la conception de ses moteurs essence encore très importants.
Le Puretech résiste encore
Comme on l’entend depuis plusieurs mois, le rapport de force devrait considérablement changer au niveau des choix technologiques majeurs sur les véhicules d’entrée et de milieu de gamme. Depuis la formation de Stellantis, ce sont les motoristes et ingénieurs de l’ancien PSA qui avaient pris le dessus : outre l’adoption de plateformes techniques d’origine françaises chez Fiat, Lancia, Alfa Romeo et même Jeep, les moteurs essence de la famille Puretech (désormais appelés « Turbo » pour d’évidentes raisons marketing) s’étaient généralisés partout chez les marques de l’ancien groupe italien FCA en remplacement des blocs Firefly.
Rappelons que ce moteur Puretech a été considérablement retravaillé (70 % de nouvelles pièces, adoption d’une chaîne de distribution en remplacement de la courroie…) et fiabilisé dans sa version EB2 Gen3 lancée en 2023 et désormais incontournable chez toutes les marques du groupe, dans sa version à 1,2 litre de cylindrée (développant entre 100 et 145 chevaux selon les versions).

Et pendant ce temps, le groupe prépare l’adaptation aux normes Euro7 de ses moteurs Firefly qui auront droit à une mise à jour technique complète pour les années futures. Vont-ils remplacer l’EB2 Gen3 français ? C’est la question que tout le monde se pose depuis l’officialisation de cette adaptation des moteurs de la famille Firefly aux prochaines normes européennes, alors que ce n’était pas prévu dans les plans de la précédente direction de Stellantis. Mais les communicants de Stellantis contestent toujours une partie de ces suppositions : « le moteur EB2 Gen3 a lui aussi été rendu comptatible aux normes Euro7. Il restera sous le capot après la fin de l’année 2027 dans les voitures qu’il équipe déjà aujourd’hui », nous affirme-t-on.
Il n’est donc pas question d’installer des moteurs de la famille Firefly dans des véhicules thermiques de Stellantis conçus autour de l’EB2 français. La Peugeot 208 thermique par, exemple, a vocation à poursuivre sa carrière jusqu’à la fin de la décennie avec son moteur aux côtés de la prochaine génération 100 % électrique. En revanche, les communicants de Stellantis ne peuvent pas nous dire ce qu’il est prévu pour les prochaines générations de véhicules thermiques (plus ou moins électrifiés) du groupe qui doivent remplacer les citadines, compactes et autres modèles familiaux actuels de chez Opel, Peugeot, Citroën, Fiat, Lancia, Alfa Romeo, DS Automobiles tous dotés du moteur français. Basculeront-ils sur des blocs Firefly en 1,0, 1,3 et 1,5 litre comme c’est évoqué depuis quelques semaines ? La conférence du 21 mai prochain donné par Antonio Filosa permettra peut-être d’en apprendre davantage sur ce sujet sensible.
Sujet sensible car même si la production des moteurs EB2 Gen3 n’est plus assurée à Douvrin, elle reste importante pour celle de Trémery en Moselle actuellement alors que les ouvriers italiens dépendent de l'avenir du Firefly. Deux familles de moteurs essence peuvent-elles cohabiter au sein de Stellantis à l’heure de la rationalisation maximale des plateformes communes ?




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