140 km sans toucher le volant ni les pédales : j'ai testé la conduite automatique Tesla, bientôt disponible en France
C'est une grande première sur le Vieux continent. Tesla a reçu il y a quelques jours l’agrément des autorités néerlandaises pour déployer son système de conduite automatique supervisée, ce qui nous a offert l'occasion de prendre les commandes d'un Model Y pour un test grandeur nature. De l'autoroute aux rues d'Amsterdam bondées de cyclistes, nous avons parcouru 140 km en immersion totale pour vérifier si la promesse d'Elon Musk tenait sérieusement la route.

En quelques années de presse automobile, j’ai eu l’occasion de conduire de nombreuses voitures que l’on pourra qualifier d’intimidantes, et je suis même monté en passager de Sebastien Loeb pour une démonstration dont je me souviendrai toute ma vie. Mais ce vendredi 17 avril en début d’après-midi, je dois avouer que je n’en menais pas large devant cette banale Tesla Model Y d’entrée de gamme garée sur le parking du siège européen de Tesla, à Amsterdam.
Début avril, la marque a en effet obtenu des autorités néerlandaises l’autorisation d’exploiter son système de conduite automatique supervisée (autonomie de niveau 2+ sur une échelle de 5), et j’allais être l’un des tous premiers journalistes à m’installer derrière le volant…pour surtout ne pas conduire, et m’en remettre à la seule machine pour un parcours de 140 km mêlant voie rapide, réseau secondaire et surtout circulation urbaine (vélos compris, Hollande oblige), terrain de jeu le plus exigeant pour un système de conduite - presque - autonome.
Et même si j’avais pu éprouver les capacités du système en passager au mois de décembre lors d’une trop courte balade dans les rues de banlieue parisienne, le programme du jour était nettement plus corsé, quoiqu’extrêmement simple dans son exécution : s’installer au volant, entrer différentes destination dans le système de navigation de la voiture, et se laisser emmener, tout en gardant l'œil sur son environnement.
Car si la machine assure 99% du travail, c’est bien la responsabilité du conducteur qui reste engagée à tout instant. La caméra installée au niveau du rétroviseur intérieur permet au système de s’assurer de la vigilance de la personne au volant, qui doit garder les mains visibles (idéalement posées sur les cuisses) et ne pas se laisser aller à consulter son téléphone (il y a une tolérance de quelques secondes) ou s’endormir, faute de quoi une alarme retentit et le système menace de se couper. Vous avez droit à 5 rappels à l’ordre par trajet, après quoi le système se coupe pendant 3,5 jours !
Vision à 360°

Le système Tesla s’appuie sur les 7 caméras ceinturant la voiture, et le tout se voit placé sous l’autorité d’un système d’intelligence artificielle embarqué. "Dans sa forme actuelle, la Conduite entièrement automatique (supervisée) exige une surveillance active de la part du conducteur et ne rend pas le véhicule autonome. Le conducteur demeure responsable de l'utilisation de son véhicule à tout moment", précise bien Tesla. "À ce jour, plus de 14 milliards de kilomètres ont été parcourus avec la CEA (supervisée) dans le monde entier."

Soignant son storytelling, le constructeur américain explique que son IA est nourrie aux datas collectées chaque instant à travers les plus de 320 millions de km parcourus chaque jour par la flotte de Tesla circulant dans le monde : "Ces données sont utilisées pour apprendre à la CEA (supervisée) comment réagir, même dans les scénarios de conduite les plus rares." Le tout forme un système qui apprend en permanence, dont l’expérience accumulée permet de traiter un nombre toujours croissant de situations. "Au lieu de s'appuyer sur des règles distinctes, codées manuellement, pour chaque situation, le système apprend à comprendre la tâche de conduite (marquages au sol, signaux de circulation, piétons et autres véhicules) et agit directement sur les commandes du véhicule."
A quoi tout cela peut-il bien servir ? En premier lieu à améliorer la sécurité routière, à en croire Tesla (même si cette affirmation peut donner lieu à des polémiques): "Lorsque la CEA (supervisée) est activée, les collisions sont jusqu'à 7 fois moins probables pour chaque kilomètre parcouru par rapport à la conduite manuelle seule."
A quand en France?
Reste que pour le conducteur, il est vrai que le fait d’être dispensé de situations de conduite souvent rébarbatives, au premier rang desquelles les bouchons et la circulation urbaine, a de quoi tenter. Pour en profiter, il faut toutefois disposer d’une Tesla récente (seuls les modèles équipés du Hardware 4, déployé à travers la gamme à partir de 2023, peuvent pour le moment bénéficier de la CEA supervisée) et s’acquitter d’un abonnement de 100 € par mois (ou la moitié de cette somme pour qui dispose déjà du FSD amélioré facturé 3500 €), qu’il est possible d’activer et de désactiver à l’envi. Et la France, dans tout cela ? Tesla travaille à la question, et espère pour le moment un feu vert des autorités à l’été, sans garantie toutefois.
Reste une question, qui nous ramène au début de cet article : au-delà des effets d’annonce de la marque, est-ce que tout cela fonctionne bien ? Pour le savoir, lancez la vidéo accompagnant ces lignes et prenez donc place à bord avec nous.
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