Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Ferrari Luce et Jaguar 01 : les puristes refusent l'innovation parce qu'ils s'opposent à l'évolution

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

Entre la Ferrari Luce qualifiée de « ratée » et la Jaguar 01 transformée en « cétacé » par des observateurs outrés, ces nouveautés audacieuses déchaînent les passions. Mais loin des hurlements des puristes figés dans le passé, les carnets de commandes se remplissent à Maranello ou le bilan est au grand beau. Le fossé entre la nostalgie et la réalité d’une industrie en pleine révolution s’est bel et bien creusé

Ferrari Luce et Jaguar 01 : les puristes refusent l'innovation parce qu'ils s'opposent à l'évolution
Ferrari Leaf ou Nissan Luce ?

On l’a traité de tous les noms, de « Ferrari Prius » de « Nissan Leaf du cheval cabré » ou de « Xiaomi ratée ». Au moment de sa présentation au mois de mai dernier, la Luce laissait Caradisiac « sans voix ».

Jusqu’à Luca Di Montezemolo l’ancien boss de Maranello qui semblait s’excuser à la place de ses successeurs, en expliquant que « nous risquons la destruction d’un mythe. Je suis désolé de cela. J’espère qu’au moins ils retireront le Cheval cabré de cette voiture ». Rien que ça.

Un mythe détruit une baleine

Rarement une auto n’aura suscité des réactions aussi violentes que négatives. Sauf la Jaguar 01. La nouvelle berline électrique anglaise ? « Un cétacé » pour tel commentateur. Lors de la publication de ses premières esquisses déjà, la charge était plus virulente qu’héroïque « Mais qui va foutre ses fesses dans ça ??? » se demandait un lecteur. Même les concessionnaires se demandaient « qui va l’acheter ? ».

Ils viennent d’avoir la réponse à leurs inquiétudes, du moins ont-ils droit à des chiffres prometteurs et à une séance de câlinothérapie de la part de la direction de Jaguar-Land Rover qui leur a expliqué que 50 000 prospects sont déjà intéressés par la 01, et 80 % d’entre eux ne sont pas des clients de la marque, ce qui, en soi, n’est pas très compliqué, étant donné le niveau des ventes du félin ces dernières années.

Et à Maranello, comment vont les affaires de la Luce ? Plutôt très bien. Selon Benedetto Vigna le patron de Ferrari cité par l’agence Reuters, tous les modèles prévus pour 2027 sont déjà commandés. Combien de Luce à 550 000 euros pièce, l’année prochaine sont donc d’ores et déjà vendues ? Mystère. Vigna ne s’y attarde pas et tout ce que l’on murmure, c’est que 2 500 unités sont programmées d’ici 2030.

Quant à la puissance de nuisance qu’on attribuait à cette drôle d’auto, et qui pourrait nuire à l’image de marque du cheval cabré tout entier, on cherche toujours. Ferrari vient de livrer ses chiffres du troisième trimestre de cette année et ils sont plus que bons, ils sont excellents. Son bénéfice net sur trois mois atteint 431 millions d’euros et il est en hausse de 13 % par rapport à la même période en 2025.

L’effet « Leaf Ferrari » ? Même pas mal. La marque s’attend d’ailleurs à un bénéfice global sur l’exercice 2026 en très légère hausse par rapport au précédent à 3 milliards d’euros. La Bourse de Milan a applaudi en relevant le cours du constructeur de 4,5 % le jour de cette publication.

Le plus étrange dans cette réussite, c’est que Ferrari a vendu 33 % d’autos en moins ce trimestre que l’année d’avant. Son profit supplémentaire proviendrait de ses modèles les plus haut de gamme, celles qui génèrent le plus de marge, ces ultra-chères et personnalisées F80, 296 Speciale, 849 Testarossa, ou 12cilindri Spider. Des modèles recherchés par des collectionneurs aussi riches qu’aguerris, qui, souvent n’en sont pas à leur première Ferrari.

Mais ne seraient-ce pas justement ces fans de la marque que le chœur des observateurs en PLS voyait fuir la marque après l’apparition de la Luce ? Il a été, là encore, démenti par les faits.

La voiture de toutes les polémiques : la Jaguar 01
La voiture de toutes les polémiques : la Jaguar 01

Mais la Ferrari comme la Jaguar, ne témoignerait-elle pas d’un décalage entre les passionnés d’automobile et le monde tel qu’il va et avance ? Comme si les aficionados étaient restés scotchés à une époque variable selon leur âge.

Car les goûts comme les couleurs sont très discutables. Ils sont généralement issus des références que chacun a en tête et, c’est humain, que chacun tente d’appliquer à tout nouveau style qui, du coup, ne doit jamais être totalement nouveau pour coller à leur panthéon mental.

Du coup, ils refusent tout changement. Renault l’avait compris dès 1997, avec une fameuse pub ou toutes les innovations de la marque, du hayon au monospace en passant par le turbo en Formule 1 était condamnées par ces mêmes personnages qui expliquaient que « ça ne marchera jamais ».

Aujourd’hui Renault, comme d’autres généralistes, n’innove plus matière de style et recycle comme jamais les vieilles recettes et les vieilles références de la 2CV à la R5. Une exploitation jusqu’à l’os et jusqu’à l’épuisement de générations à qui ces vieilles lunes ne diront plus rien.

L’innovation stylistique à l’arrêt

Et puis, il y a ceux qui pensent à demain. Des designers venus d’ailleurs (d’Apple en l’occurrence pour la Luce) ou de la maison Jaguar elle-même pour la 01 puisque c’est Gerry Mc Govern, le patron du style de la marque depuis 6 ans qui signe l’engin. Il a su se renouveler et renouveler fondamentalement le dessin de la vénérable maison. Une évolution et une révolution aussi nécessaire que celle qui est en train de transformer l’automobile comme elle ne l’a jamais été.

Du coup, le changement de style de ces deux marques, le manque d’innovation, voir le rétrogradage de nombreuses autres, rappellent une époque vieille de plus de 100 ans. Celle ou les voitures à cheval étaient peu à peu remplacées par des voitures à moteur.

Une période ou certains constructeurs tentaient de reproduire, sur leurs premiers modèles, les calèches que tous les badauds avaient en tête, quand d’autres allaient chercher ailleurs un dessin tout neuf. Ces derniers ont évidemment gagné. Quant aux fans des voitures attelées, elles conspuaient ces novateurs en mode « ça ne marchera jamais ».

Mots clés :

Commentaires ()

Déposer un commentaire

 

SPONSORISE

Actualité Ferrari

Essais Ferrari

Comparatifs Ferrari