La filière automobile réclame le retour de la prime à la conversion pour soutenir les ventes de voitures
Les acteurs de la filière automobile et les ONG environnementales réclament que soient déployées des aides massives pour remplacer des vieux véhicules thermiques par de l’électrique, neuf ou d’occasion. Au gouvernement de trancher.

Les chiffres du marché des véhicules neufs, en recul de 0,6 % sur les cinq premiers mois de l’année 2026, l’activité a plongé de 31 % par rapport à 2019. De quoi s’interroger sur l’impact de la fiscalité destinée à favoriser l’électrification sur l’évolution des ventes.
Face à ce marché en panne, la fiscalité écologique actuelle – incarnée par le durcissement du malus au poids et au CO₂ – est vivement contestée par les constructeurs, qui l’accusent de paralyser l’acte d’achat. Car si les ventes de véhicules s’envolent, les volumes totaux se contractent.
Un levier pour démocratiser l’occasion électrique
C’est ici que le retour de la prime à la conversion (abandonnée en 2025) apparaît comme l’outil de relance idéal, capable de réconcilier impératif climatique et pouvoir d’achat. Contrairement aux dispositifs d’incitation passés, la filière et les ONG demandent d’une seule voix que cette aide financière porte simultanément sur le marché des véhicules électriques neufs et, surtout, sur celui de l’occasion.
Le gisement est en effet prêt à être exploité. Grâce aux flottes d’entreprises – où la part de l’électrique a atteint 40 % au premier semestre 2025 – de nombreux modèles s’apprêtent à venir « nourrir » le marché de la seconde main. Une prime ciblée permettrait d’absorber ces volumes et de rendre les motorisations propres accessibles aux ménages les plus modestes, tout en envoyant un signal fort de stabilité au marché automobile.
Un financement assuré par les malus
Reste la question de son financement dans un contexte budgétaire tendu pour l’État. Les acteurs du secteur ont déjà échafaudé un modèle d’autofinancement vertueux. La prime serait directement abondée par les recettes issues du malus automobile – dont 18 % des ventes les plus lourdes et polluantes génèrent aujourd’hui 86 % des rentrées fiscales – ainsi que par les certificats d’économie d’énergie (CEE).
Alors que la direction de la législation fiscale inquiète la filière en agitant des projets de simplification technique complexes pour les entreprises, le retour de la prime à la conversion s’impose comme la seule mesure lisible, immédiate et consensuelle. Reste à savoir si le gouvernement saura s’en saisir dans le prochain projet de loi de finances pour 2027.




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