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Les 80 km/h sauvent moins de vies que prévu

Les 80 km/h sauvent moins de vies que prévu

Selon la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité Routière, la baisse de la limitation de vitesse sur le réseau secondaire a prouvé son efficacité. Mais on est loin des promesses faites en 2018 pour vendre la mesure.

Baptême du feu pour la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité Routière. Nommée il y a quelques semaines, Marie Gautier-Melleray entre en fonction à un moment important, celui du bilan des 80 km/h sur les routes secondaires. Ceux-ci avaient en effet été mis en place le 1er juillet 2018 et le Président de la République avait alors parlé d'expérimentation de deux ans.

Une période écoulée donc. Et sans surprise, pour Marie Gautier-Melleray, l'expérimentation a "démontré son efficacité". Elle est venue avec un chiffre précis : 349 vies ont été épargnées entre le 1er juillet 2018 et le 29 février 2020, les derniers mois n'ayant pas été pris en compte en raison des mesures de confinement puis déconfinement qui ont forcément biaisé les chiffres.

349 vies épargnées, c'est un résultat donné par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), qui avait été missionné par le Premier ministre d'alors, Édouard Philippe, pour étudier les effets de la mesure. Pour l'obtenir, le Cerema a analysé les chiffres de la mortalité hors agglomérations et hors autoroutes et les a comparés à une période de référence (2013-2017).

300 à 400 vies devaient être sauvées par an

Le problème que l'on a déjà pu soulever est que le Cerema montre bien une baisse de la mortalité sur les routes concernées par les 80 km/h… mais ne peut démontrer que la réduction de la limitation en est l'explication directe. Il faut reconnaître que c'est mission impossible. Mais la Sécurité Routière laisse donc entendre que c'est uniquement grâce aux 80 km/h et pas à d'autres facteurs, comme une amélioration du niveau de sécurité des véhicules. Pour convaincre, le Cerema indique que sur le reste du réseau, la mortalité routière a augmenté par rapport à la période de référence (+ 48 décès).

On constate surtout qu'on est très loin du compte. En 2018, au moment de défendre la mesure, Édouard Philippe avait promis une baisse de la mortalité de 300 à 400 vies par an. On a donc au final ce gain sur quasiment deux ans. Évidemment pour la Sécurité Routière, c'est déjà largement positif. Marie Gautier-Melleray a ainsi déclaré : "Je ne crois pas que 349 vies épargnées puissent nécessairement être considérées comme un échec." Elle a toutefois ajouté : "Est-ce qu'on peut faire mieux ? Oui. Est-ce qu'on doit faire mieux ? Oui".

Les 80 km/h mieux acceptés mais pas encore bien respectés

Pour la Sécurité Routière, la mesure pourrait être plus efficace si elle était mieux respectée. Selon un suivi des vitesses relevées sur un échantillon de routes concernées, en décembre 2019, le Cerema indique que 58 % des conducteurs de véhicules légers circulaient encore au-dessus de 80 km/h, dont 23 % au-dessus de 90 km/h. Le Cerema dit ne pas avoir constaté de détérioration de la fluidité du trafic, avec pas d'augmentation du nombre de voitures coincées derrière des poids lourds. Il n'a aussi pas vu de hausse d'accidents liés à des dépassements dangereux.

Et maintenant, après les deux ans d'expérimentation, quelle suite ? La déléguée a indiqué qu'il ne lui appartenait pas à se prononcer sur cela mais a glissé que "la mesure (figurait) dans le code de la route". Elle souligne aussi que les Français commencent à se faire aux 80. Selon le Cerema, 48 % des Français y sont favorables contre 30 % en avril 2018 et 20 % y sont tout à fait opposés, contre 40 % il y a deux ans.

Aucun retour en arrière n'est donc en vue à l'échelle nationale. Mais depuis fin 2019, grâce à la loi mobilité, les présidents de département sont libres de revenir aux 90 km/h sur les départementales (les nationales étant exclues). C'est ainsi le cas sur tout le réseau secondaire de la Corrèze et du Cantal, ainsi que les grands axes de Haute-Marne, de Charente ou encore du Loiret.

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