"Les ambitions étaient trop élevées": François Provost solde les comptes de l'A390
Loin du discours politiquement correct habituel, le directeur général de Renault reconnaît l'échec des ventes du premier SUV électrique d'Alpine. Mais pas question d'abandonner la marque sportive dieppoise pour autant : tout en réduisant la voilure sur l'A390, la direction promet un retour aux sources passionnel qui prendra le temps qu'il faudra.

François Provost a fait son deuil de l’A390. Le SUV sportif d’Alpine dont le premier semestre d’existence commerciale s’est soldé par des chiffres de vente on ne peut plus décevants – à peine plus d’un millier d’unités ont trouvé preneur, dont 60 % en France – est considéré par le directeur général de Renault comme un échec patent.
Réaliste, le patron de la marque au losange a reconnu lors d’une réunion avec la presse au Mondial de l'automobile que « les ambitions étaient trop élevées » pour cette voiture dont la production journalière au sein de l’usine de Dieppe vient de passer de 30 à 15 véhicules.
Alors que les dirigeants de l’automobile, confrontés à ce genre de situation, préfèrent en général s’en remettre à la langue de bois ou pratiquer la méthode Coué, le patron du groupe n’a pas fait mystère de son opinion. Et du scepticisme que lui inspirait dés le départ ce projet, lancé alors que son prédécesseur Luca de Meo était en fonction.
"L'ADN d’Alpine n’est pas la Formule 1."
« Avec cette voiture, nous étions dans la cible » concède-t-il non sans ajouter que les mensualités de location longue durée étaient trop élevées au regard de la concurrence allemande. Pour François Provost, il serait illusoire d’espérer un retour en grâce de l’A390. « Désormais, il faut conserver le calme des vieilles troupes et travailler nos véhicules et nos prospects ». Bref, serrer les dents et élaborer des propositions commerciales convaincantes à destination des potentiels acheteurs. La voiture « va trouver sa clientèle, qui sera plus faible que prévu » a-t-il estimé au terme de ce qui ressemblait à un requiem pour l’A390.
Pour autant, le directeur général ne solde pas les ambitions d’Alpine. « On va faire des sportives électriques » a-t-il promis. Le succès se fera attendre « peut-être quinze ou vingt-ans – j’en ferai peut-être la moitié – mais nous y parviendrons ». Selon lui, « l’ADN d’Alpine n’est pas la Formule 1, c’est l’A110 ». Mieux vaudrait donc réincarner les modèles iconiques de la marque que tenter de créer des véhicules ex-nihilo. Un choix déjà perceptible sur le stand du constructeur dieppois qui a dévoilé au Mondial le concept SP1, joliment dérivé de l’A310.











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