Quand la Citroën CX devenait – presque – le diesel le plus rapide du monde !
Par ses performances, la Citroën CX turbo-diesel a marqué son époque, devenant l’une des favorites des gros rouleurs. Confortable, extrêmement sûre et rapide, elle devient recherchée car les beaux exemplaires sont rarissimes !

Les collectionnables sont des autos revêtant un intérêt particulier, donc méritant d’être préservées. Pas forcément anciennes, elles existent pourtant en quantité définie, soit parce que le constructeur en a décidé ainsi, soit parce que leur production est arrêtée. Ensuite, elles profitent de particularités qui les rendent spécialement désirables : une motorisation, un châssis, un design, ou un concept. Enfin, elles sont susceptibles de voir leur cote augmenter. Un argument supplémentaire pour les collectionner avant tout le monde !
Certes, le diesel est en chute libre mais n’oublions pas que cette motorisation a passionné les Français. La Citroën Cx a participé à cet engouement dès 1975, modestement, puis, sa carrière étant anormalement longue, en 1983. Pourquoi ? Parce qu’elle a alors greffé un turbo sur son diesel 2,5 l, ce qui lui a permis de larguer presque toute la concurrence en vitesse maxi ! Succès commercial, la CX turbo-diesel a été très prisée des gros rouleurs, qui l’ont usée jusqu’à la corde. Surtout que la XM qui l’a remplacée n’était pas aussi performante ! Emblématique d’une époque dynamique et optimiste, devenue très rare, la CX turbo-diesel est à préserver d’urgence !

Chargée de remplacer les DSpécial/Super, la Citroën CX n’a pas impressionné comme sa devancière lors de son lancement en 1974. A l’impossible nul n’est tenu ! Pourtant, nantie d’une carrosserie ultramoderne et très aérodynamique, d’une structure soigneusement étudiée pour protéger des chocs (caisse posée sur un cadre d’essieux très rigide), de trains roulants très raffinés et de la fameuse suspension hydropneumatique, la CX était encore un OVNI face à la concurrence. De plus, Citroën a prévu une animation de gamme très active.

Ainsi, dès 1976, sa grande berline reçoit un moteur diesel, un 2,2 l de 66 ch qui l’emmène à près de 150 km/h. A cette époque, c’est pratiquement la voiture de tourisme au gasoil la plus rapide du monde, talonnant la Mercedes 240 D 3.0. En 1978, son bloc passe à 2,5 l (75 ch), ce qui lui permet de flirter avec les 160 km/h avec la boîte 5. L’avènement du turbo, inauguré par Mercedes sur le diesel de série (mais n’oublions pas les créations du génial Georges Régembeau !), vite suivie de Peugeot avec la 604, rebat les cartes.

Citroën ne s’avoue pas vaincue, et dégaine en 1983 sa CX turbo-diesel. Sous le capot, le 2,5 l troque sa distribution par cascade de pignons contre une courroie (tout en conservant l’arbre à cames latéral) et surtout reçoit un turbo Garrett. Résultat, la puissance bondit à 95 ch et le couple à 220 Nm, permettant à Citroën de revendiquer un maxi de 174 km/h. En pratique, ce sera davantage : près de 180 km/h, faisant de la CX une des diesels plus rapides du monde. Encore !

Deux versions sont proposées, la RD Turbo, calquant son équipement sur celui de la RE (direction assistée en sus, mais pas de vitres électriques), et la TRD Turbo. Celle-ci propose les jantes en alliage montées sur des Michelin TRX, une sellerie velours, des vitres électriques, des appuie-têtes arrière. Egalement commercialisée en break et en Limousine, la CX turbo-diesel remporte un joli succès, le prix de 89 900 F en TRD (soit 32 600 € actuels selon l’Insee) demeurant raisonnable.

Evidemment, affichant 114 ch, la BMW 524 TD E28 va un peu plus vite, mais elle n’accélère pas plus fort. En juillet 1985, la Citroën CX bénéficie d’un restylage important, où elle adopte des boucliers en plastique et surtout un intérieur totalement renouvelé. Le moteur turbo-diesel n’évolue pas… pour l’instant.

Car en 1987, il bénéficie d’un échangeur air-air permettant de booster la pression de suralimentation de 0,68 à 0,8 bar, la puissance ressortant désormais à 120 ch, et le couple à 258 Nm. Conséquence, la Citroën flirte avec les 200 km/h ! Si l’on excepte la Mercedes 300 Turbo-Diesel W124 (143 ch), beaucoup plus chère, la française, badgée Turbo 2, se replace en tête des berlines au gasoil les plus rapides. Elle tirera sa révérence en 1989, remplacée par la XM, le break durant jusqu’en 1991.

Combien ça coûte ?
La CX turbo-diesel est devenue rarissime. Pour une 95 ch en bon état, comptez 7 000 €, contre 10 000 € si elle ne présente quasiment aucun défaut. Les 120 ch sont un peu plus chères (quand on les trouve), mais moins que les breaks et surtout l’introuvable Limousine. Celle-ci, si elle est impeccable, peut dépasser les 20 000 €.

Quelle version choisir ?
Plus abouties, les 120 ch sont plus attractives, même si certains préfère le look chromé des phases 1.

Les versions collector
Toutes, en particulier les breaks et les Limousine. La rareté fait que même les exemplaires en mauvais état méritent d’être sauvés !

Que surveiller ?
Malgré son turbo, la CX bénéficie d’une belle robustesse mécanique. Cela dit, la culasse peut se fendre, sur les autos trop sollicitées, ce qui était courant dans les années 80 ! De plus, l’arbre à cames latéral est entraîné par une courroie, qui dure heureusement plus de 150 000 km. La suspension, la Citroën suspension hydropneumatique nécessite une maintenance assez contraignante (purge régulière du circuit hydraulique par exemple), et finit toujours par fuir.
Attention, la remise en état, potentiellement complexe, peut coûter cher. On examinera aussi les trains roulants comportant de nombreux silentblocs, à changer régulièrement, alors que l’articulation des bras arrière finit par prendre du jeu. Mais, tout ceci n’est rien face au vrai souci de la CX : la corrosion. Si la de la rouille se niche entre la caisse et le châssis-cadre, ou si ce dernier est pourri, la voiture peut ne pas être sauvable à prix raisonnable.
Dans l’habitacle, la finition est assez lamentable, surtout sur les phases 1 : plastiques friable, ciel de toit effondré, panneaux de porte déformés… Les phases 2 font un peu mieux, même si les trappes centrales du tableau de bord cassent tout le temps… Les pépins électriques sont fréquents. Attention aux autos montées en Michelin TRX : ces gommes sont rares et hors de prix !

Sur la route
Malgré un volant non réglable, la CX TRD Turbo 2 offre une bonne position de conduite, son siège remarquablement mou s’ajustant en hauteur. Mais l’ergonomie foutraque agace : quelle idée de placer l’autoradio et les commandes de chauffage entre les fauteuils ! Au démarrage, après un temps de préchauffage désuet, le moteur vibre un peu, puis se fait plutôt oublier… auditivement. Pas par sa poussée car il procure des performances assez étonnantes, le turbo soufflant progressivement avant 2 000 tr/min, au bénéfice de la souplesse. Belle adaptation !

La boîte très longue (à 130 km/h, le moteur tourne à 2 800 tr/min) ne gêne pas les reprises, excellentes même en 5e, alors que son maniement s’avère plaisant. Le châssis ? C’est particulier. Légère et ultra-directe, la direction Diravi demande une accoutumance, surtout que très précise, elle ne renvoie presque pas d’informations. Un léger mouvement au volant engendre un roulis important : à manier avec mesure, mais heureusement, elle s’affermit judicieusement avec la vitesse.

Grâce à des trains roulants rigoureux, la CX tient encore très, très bien la route, quelles que soient les conditions (route dégradée, vent, pluie). Belle sécurité, même si son tempérament reste irréductiblement sous-vireur à la limite. Quant au freinage, il reste d’actualité par sa vivacité, moins par ses distances d’arrêt longuettes. Le tout se double d’un confort de roulement sidérant, la Citroën absorbant presque tout ! Enfin, elle sait rester sous les 6 l//100 km en conduite tranquille. Un vrai youngtimer de voyage.
L’alternative newtimer
Citroën C6 V6 HDi (2005 – 2012)

Citroën ne s’en cache pas, sa C6 s’inspire directement de la CX, par son profil et sa lunette arrière concave. Très personnel, ce vaisseau-amiral bénéficie d’une suspension Hydractive 4 ultra-sophistiquée qui lui est spécifique. Par ailleurs, sous le capot, la C6 diesel utilise d’abord un V6 HDi 2,7 l biturbo offrant 208 ch, un moteur doux et performant.
Mais le plus sympa sera le 3,0 l de 240 ch apparu en 2009. Plus solide et musclé, il emmène la C6 à 235 km/h dans un immense confort et une sécurité active hors pair. Malheureusement, la fiabilité posera bien des soucis (hydraulique, électronique), et à l’heure actuelle, les vérins de suspension ne se réparent pas… Une superbe auto à acheter très prudemment ! Dès 4 000 € en très bon état.
Citroën CX 25 TRD Turbo 2 (1987), la fiche technique
- Moteur : 4 cylindres en ligne, 2 500 cm3
- Alimentation : injection diesel, turbo
- Suspension : bras superposés, hydropneumatique, barre antiroulis (AV), bras tirés, hydropneumatique, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 5 manuelle, traction
- Puissance : 120 ch à 3 900 tr/min
- Couple : 258 Nm à 2 000 tr/min
- Poids : 1 425 kg
- Vitesse maxi : 195 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 1 000 m : 10,6 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Citroën CX, rendez-vous sur le site de La Centrale.








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