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Une bataille après l’autre : et si le film multi-oscarisé avait réinventé la course-poursuite ?

Dans Loisirs / Cinéma

Michel Holtz

Avec ses complotistes lunaires, ses virées sous substances et six Oscars récoltés, le nouveau film de Paul Thomas Anderson débarque sur nos petits écrans comme un électrochoc. Porté par un Leonardo DiCaprio en robe de chambre et une image au format VistaVision, le film s’achève sur une course-poursuite dantesque qui renvoie « Bullitt » au garage. Plongée au cœur d’un film où le bitume ondule.

Une bataille après l’autre : et si le film multi-oscarisé avait réinventé la course-poursuite ?
Leonardo DiCaprio, tête d'affiche de l'hallucinant film de Paul Thomas Anderson.

C’est le film de tous les excès, ceux commis par des personnages frappadingues, par un scénario en surrégime constant et des images qui le sont tout autant. Dans cette profusion, il était tout à fait logique que les scènes de voitures soient au-dessus du lot. Et si elles le sont, ce n’est pas seulement parce que l’automobile est très souvent maltraitée par le cinéma.

Une bataille après l’autre, de Paul Thomas Anderson, qui vient de récolter une pluie d’Oscars, est enfin disponible en VOD et sur Canal + et c’est l’occasion de se pencher sur un phénomène ou des révolutionnaires fatigués, et passablement amochés par des années de substances, se retrouvent aux prises avec des militaires américains abrutis ou totalement barges qui les pourchassent.

Des complotistes et un passeur zen

Mais comme ça ne suffit pas, le cinéaste de There will be blood en rajoute une couche avec des complotistes suprémacistes qui, en cri de ralliement, s’exclament « gloire à saint Nicolas » et un passeur et protecteur de sans-papiers mexicain particulièrement zen et prof d’arts martiaux.

À ce chamboule-tout servi par un Leonardo DiCaprio hallucinant, un Sean Penn transfiguré et un Benicio del Toro toujours aussi juste, le réalisateur a ajouté une course-poursuite de clôture sur mesure. Mais avant d’y parvenir, il nous met l’eau à la bouche avec une première scène automobile. C’est un classique du genre puisque les révolutionnaires, après un braquage de banque, volent un SUV et s’enfuient dans les rues. La cavale se termine mal, dans un accident filmé avec une violence totalement inédite.

Mais le morceau de bravoure bagnolesque arrive à la fin du film (traversé par un Leo DiCaprio qui ne quitte pas sa robe de chambre). C’est une course-poursuite ou l’on retrouve une Dodge Charger et un coupé Nissan Sentra décati surmonté d’un aileron gigantesque tout droit sorti d’un Fast & Furious très au rabais. Viens se mêler à ce duel une Mustang qui n’est pas là par hasard.

Car la scène affiche clairement sa référence : celle de Bullit et de ses rues de San Francisco en pente. Mais pas question pour Anderson de tourner sa scène ni à Frisco, ni même dans une ville américaine quelconque. Alors sa caméra s’est arrêtée dans une vallée perdue du sud californien, « the river of hills ». Cette rivière de collines est traversée par une route en ligne droite qui fait d’étonnantes vagues. On y retrouve tantôt l’une ou l’autre des voitures et celle que l’on suit disparaît à chaque creux de la route.

À la limite de la nausée

Le spectateur est au ras du bitume, limite de la nausée provoquée par les montées et les descentes. Un effet produit par le bon vieux procédé VistaVision, une invention qui remonte aux années 50 ou la pellicule 35 mm (car le film n’est pas tourné en numérique) est utilisée de manière horizontale, et non verticale comme d’habitude. Hitchcock avait utilisé ce même procédé dans Vertigo. Cette inversion de sens garantit une image grand large et ce très curieux effet, surtout quand la caméra est collée au pare-choc des voitures.

Évidemment, cette scène, dont nous n’allons spoiler ni le déroulement ni la fin, ne doit pas être la seule raison pour s’avaler les 2h42 de cette Bataille après l’autre. Mais elle vient en point d’orgue, et en feu d’artifice final, d’un long-métrage qui, aussi déjanté soit-il mérite très largement que l’on y consacre un peu de temps.

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