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Vélos, trottinettes : dur bilan pour les mobilités douces sur les routes de France en avril

Dans Pratique / Sécurité

Lionel Bret

Le dernier baromètre de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) révèle une dégradation nette des indicateurs en avril. Cyclistes et utilisateurs de trottinettes électriques payent un tribut de plus en plus lourd.

Vélos, trottinettes : dur bilan pour les mobilités douces sur les routes de France en avril
De plus en plus utilisés, vélos et EDPm sont les plus exposés à l'insécurité routière ©Maxppp

Les chiffres, publiés par l’ONISR pour avril, marquent une rupture inquiétante. Avec 285 personnes décédées sur les routes de France métropolitaine le mois dernier, la mortalité routière bondit de 15 % par rapport à l’année précédente. Le nombre de blessés graves (1 533) progresse quant à lui de + 8 % par rapport à avril 2025. Et n’est pas un accident statistique isolé.

Sur les douze derniers mois, la hausse cumulée atteint 8 %, éloignant un peu plus les objectifs de réduction drastique de l’insécurité routière fixés pour la décennie.

Évolution de la mortalité routière en France par type d’usagers ©ONISR
Évolution de la mortalité routière en France par type d’usagers ©ONISR

Le péril des mobilités douces

L’engouement pour les modes de transports individuels s’accompagne d’une insécurité accrue. La mortalité des cyclistes s’envole de + 17 % sur un an, et un chiffre vertigineux de + 32 % si l’on compare à 2019, l’année de référence pré-pandémie.

Plus frappant encore, la catégorie des Engins de déplacement personnel motorisés (EDPm), incluant les trottinettes électriques, voit sa mortalité exploser de 53 % sur les douze derniers mois et le nombre de blessés graves s’envoler de 45 % « Les Français pratiquent davantage le vélo en milieu rural pour les loisirs et la trottinette en ville pour les trajets courts, mais le partage de la route reste conflictuel et dangereux », analyse la sécurité routière.

Du mieux pour les jeunes

Les seniors de plus de 65 ans apparaissent également comme une population de plus en plus vulnérable, avec une hausse de 6 % sur un an et de 11 % de leur mortalité par rapport à 2019. À l’inverse, seule la catégorie des 18-24 ans connaît une accalmie relative (- 14 décès) ce mois-ci, bien que leur nombre de blessés graves reste à un niveau préoccupant.

La fracture territoriale

La géographie du risque dessine deux France. D’un côté, les agglomérations, où la mortalité recule légèrement grâce à une baisse des décès chez les piétons et les usagers de deux-roues motorisés. De l’autre, les routes hors agglomération qui redeviennent le principal théâtre des drames routiers avec 45 tués de plus qu’en avril 2025.

À l’inverse de la métropole, la tendance en Outre-mer est à l’amélioration avec une baisse de 13 % du nombre de tués depuis le début de l’année 2026. Pas de quoi masquer l’urgence nationale.

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