Essai - Fiat Freemont 4x4 : la polyvalence italo-américaine

Fiat commercialise depuis fin mars le Freemont 4x4 avec deux motorisations au choix : le diesel 2.0 Multijet de 170 ch ainsi que le V6 Pentastar 3.6 de 280 ch. Autant dire que les ventes du bloc essence seront anecdotiques comparées à celles du quatre cylindres diesel italien. Les deux motorisations sont uniquement disponibles avec une boîte automatique d'origine Chrysler, et lors de notre essai, cette dernière s'est montrée peu convaincante. La réactivité n'est pas vraiment son point fort, notamment dans certaines phases où elle jongle entre deux rapports, faisant ainsi monter en régime le bloc diesel. Toutefois, il reste la possibilité d'opter pour la fonction "Autostick", qui est en fait un mode séquentiel, mais vu la lenteur de passage des rapports, il est plus judicieux de rester en mode automatique.

Le 2.0 Multijet se trouvant sous le capot développe 170 ch et un couple de 350 Nm disponible entre 1750 tr/mn et 2500 tr/mn. Autant dire que les 170 ch ne sont pas de trop sur cette version à transmission intégrale du grand monospace italien. Avec un poids en augmentation de presque 150 kg par rapport au Freemont deux roues motrices (1874 kg contre 2004 kg) et une boîte automatique qui n'est pas toujours des plus efficaces, le Freemont 4x4 fait bien, mais sans plus, avec des relances dans la moyenne de la catégorie. Fiat annonce un 0 à 100 km/h en 11,1 secondes, soit un dixième de plus seulement que la version deux roues motrices équipée du même moteur et en boîte manuelle. Ce chiffre nous a paru un poil optimiste, surtout vu la prise de poids. Concernant la consommation, nous avons relevé une moyenne de 8,2 l/100 km sur un parcours autoroutier/routier et en roulant normalement. Ce chiffre est assez élevé, mais il faut tenir compte des deux tonnes de l'engin et de la boîte automatique. Moyennant une conduite assez souple, il doit être possible de descendre sous la barre des 8 l/100 km, ce qui coïnciderait avec les chiffres avancés par Fiat.

Essai - Fiat Freemont 4x4 : la polyvalence italo-américaine

La marque turinoise affirme avoir travaillé sur la direction et les suspensions pour rendre son grand monospace plus proche des standards européens. Le résultat est dans l'ensemble concluant, avec une direction plus précise et un amortissement plus ferme que sur le cousin américain. La prise de roulis est toujours assez importante, on regrette d'ailleurs ici le manque de maintien des sièges. Il est clair qu'on est loin du dynamisme d'un Grand Scénic, mais en comparaison de ce que propose le Dodge Journey, il n'y a pas photo. Que ce soit sur route, autoroute, ou sur un revêtement dégradé, le confort reste bon (même si la version équipée de jantes 19" est plus raide), l'insonorisation également, malgré les envolées lyriques du Multijet qui peut se révéler bruyant en phase d'accélération. En revanche, le ressenti de la pédale de freinage est assez mauvais, avec un manque évident de progressivité. Mieux vaut donc faire attention et doser le freinage, notamment en centre-ville, sans quoi les passagers pourraient vous en vouloir. Le centre-ville justement, c'est probablement l'ennemi juré du Freemont. Le gabarit imposant et la mauvaise visibilité rendent toute manœuvre compliquée. La caméra de recul disponible sur la finition haut de gamme Lounge devient alors une réelle nécessité pour une utilisation urbaine.

Essai - Fiat Freemont 4x4 : la polyvalence italo-américaine

Revenons à la grosse nouveauté de ce Freemont, l'apparition de la transmission intégrale. Ici, elle est gérée électroniquement et n'est pas permanente. Dans les phases de roulage en conditions normales, toute la puissance est envoyée aux roues avant. Lorsque les différents capteurs d'ESP et d'ABS détectent une perte d'adhérence sur les roues avant, une partie du couple (jusqu'à 50%) est envoyée sur les roues arrière. Cela est également valable sur les routes sinueuses, ce qui permet selon Fiat d'améliorer l'agrément de conduite. Dans la pratique, le comportement est neutre voire sous-vireur à certains moments. Sur route dégradée ou sur chemin, le Freemont 4x4 s'en sort relativement bien, sans pour autant faire des miracles. Le but affiché est d'augmenter l'aspect sécuritaire, et non de venir jouer les baroudeurs invétérés.