À toute vitesse (série d’été) : « la leçon inattendue que m’a donnée ma première BMW… »
La première de nos traditionnelles séries estivales est consacrée à la vitesse, indissociable de l’automobile. À tour de rôle, nos journalistes vont évoquer des souvenirs personnels liés à des allures un peu folles atteintes au volant de véhicules divers et dans des circonstances variées. Des moments qui les ont suffisamment marqués pour qu’ils s’en souviennent encore des années plus tard, même s’il n’est pas question ici de glorifier des attitudes répréhensibles. Dans ce deuxième volet, vous découvrirez que la vitesse n’est pas forcément gage de sensations, sauf quand un flash vous envoie une décharge d’adrénaline !

Aaaaah la vitesse… Vaste débat ! Enfin plus vraiment puisqu’on n’a plus le droit de rien dire, et encore moins de s’en plaindre. Enfin, on peut tout de même raconter nos histoires, comme a commencé à le faire notre « Pom »… Si désormais ils nous valent des foudres, les excès en la matière ont longtemps été « tolérés ». À titre personnel, la vitesse ne me fascine pas particulièrement : voir le paysage défiler rapidement par les vitres m’apparaît peu grisant, moins en tout cas qu’une bonne sensation de poussée dans le dos.
D’ailleurs, je fais partie des rares journalistes à ne pas chercher à rouler systématiquement à fond sur les autoroutes allemandes illimitées. Par conscience professionnelle, je m’attache surtout à relever les consommations aux allures « normales ». Et j’avoue ne pas être rassuré sur des axes à seulement deux voies par sens de circulation qui imposent de raser des voitures bien plus lentes.
Au début, je trouvais la vitesse utile : dans les années 1990, période durant laquelle j’ai passé mon permis de conduire, beaucoup roulaient à 160 ou 180 km/h (voire plus) sur les grands axes pour gagner du temps. Avec les risques que l’on connaît. Petit rappel : en 2001, juste avant que Nicolas Sarkozy n’accède au ministère de l’Intérieur et ne serre la vis (multiplication des contrôles, apparition des radars fixes, plus de permis blanc…) on dénombrait 7 720 morts sur la route, dont une bonne partie à cause de la vitesse, soit deux fois plus qu’en 2025.
Les émotions d’abord !
Bref, il m’arrivait parfois de rouler (un peu) trop vite, comme tout le monde. Et cela m’a valu ce petit cliché sur une route départementale. Oh, rien d’exceptionnel : j’avais juste « tiré la deux » comme on dit, pour dépasser et rattraper mon retard (j’étais invité à dîner) au volant de ma première Bmw : une Série 3 e36, plus particulièrement une 325is qui tutoyait les 200 ch. Quelques secondes après le passage de la troisième vitesse, j’étais déjà largement au-dessus des 90 km/h autorisés. Photo, courrier, rendez-vous à la gendarmerie : impossible de nier face à ce portrait aisément reconnaissable de ma pomme.
23 ans après, la dette est payée bien sûr, et cette photo est l’une des rares que j’ai de cette « béhème », qui par son niveau d’aboutissement était l’archétype de la voiture pousse-au-crime : rapide mais facile (du moins sur le sec) et étonnamment aseptisée. D’ailleurs, je ne l’ai pas gardée longtemps et j’ai justement privilégié les sensations en passant à une 325is de la génération précédente (une craquante version deux portes noire avec le cuir beige et le toit ouvrant électrique), moins puissante, moins efficace, mais bien plus vivante, et avec laquelle je n’ai reçu aucune amende en 50 000 km malgré le durcissement de la loi.
J’avais compris que prendre plus de plaisir en roulant moins vite était tout à fait possible. Et mon métier de journaliste automobile me l’a confirmé en me mettant entre les mains des Lotus, Morgan ou Caterham, pas toujours rapides mais ultra-communicatives. Des voitures à considérer en parallèle des modèles électriques qui, pour beaucoup, accélèrent bien plus fort que les thermiques dans un calme olympien… Des pousse-au-crime d’un nouveau genre, encore plus vicieux !







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