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Bruno Le Maire ferme la portière à l'essence à 1,50 euro

Dans Economie / Politique / Finance

Michel Holtz

Alors que depuis quelques jours, le prix des carburants connaît une nouvelle poussée de fièvre, le ministre de l'économie refuse de baisser la TVA sur l'essence et d'en abaisser le prix à 1,50 euro, comme le réclame l'opposition. En revanche, Bruno Le Maire entend bien prolonger la baisse de 18 centimes qui s'applique actuellement, et n'exclut pas de la maintenir jusqu'à la fin l'année.

Pour Bruno Le Maire, l'opposition doit "revenir à la raison".
Pour Bruno Le Maire, l'opposition doit "revenir à la raison".

1,50 euro. Plus qu'un chiffre, c'est un cri de ralliement, et l'un des rares points de convergence entre les différents groupes parlementaires d'opposition de la nouvelle Assemblée. Du côté de LR, on prône une baisse "massive" des taxes pour que le litre de carburant ne dépasse pas 1,50 euro. Au RN, on s'attaque à la TVA, en souhaitant qu'elle passe de 20 % à 5,5 %. Enfin, la NUPES, souhaite un blocage des prix pour qu'ils soient inférieurs à la fameuse barre des 1,50 euros.

Sauf que dans l'édition du jour des Échos, Bruno Le Maire coupe court aux exigences de son opposition. Très court même. Le ministre de l'économie et des finances explique que ce type de proposition, "c'est promettre la lune". Il suggère aux partis qui réclament cette baisse importante de carburant, de "revenir à la raison". Et le ministre de prendre sa calculette. "Cela représenterait une dépense de 50 milliards pour l'État, soit plus que le budget du ministère de la transition écologique, et tout cela pour subventionner une énergie fossile."

La baisse de 18 cts par litre pourrait perdurer jusqu'à la fin de l'année

Les oppositions devraient apprécier très modérément la porte que le ministre vient de claquer au nez de leurs propositions, ce qui promet quelques débats agités à l'Assemblée lors de l'examen de la loi sur le pouvoir d'achat qui sera présentée dans quelques jours. Alors, pour tenter de les amadouer, Bruno Le Maire a souhaité laisser passer un rayon de lumière dans l'opacité de son refus.

Il évoque la baisse de 18 cts qui, dans le projet de loi doit être prolongée jusqu'à la fin du mois d'août et même, de manière dégressive, jusqu'à la fin de l'année. Mais il envisage d'aller un peu plus loin. "Nous sommes prêts à tendre la main aux oppositions responsables : pourquoi ne pas envisager une prolongation de la baisse de 18 centimes jusqu'à la fin de l'année ?" Autant dire qu'au moins cette mesure devrait être actée dans la future loi.

Patrick Pouyanné, président de Total, de rouler moins.
Patrick Pouyanné, président de Total, de rouler moins.

Mais pendant que les politiques se chamaillent et négocient pour parvenir à contenir la flambée des prix des carburants, Total a peut-être trouvé la solution ultime. Son patron, Patrick Pouyanné vient de cosigner, avec son confrère d'EDF et sa consœur d'Engie, une tribune dans le JDD intitulée Le prix de l'énergie menace notre cohésion. Jusque-là, on ne peut qu'être d'accord avec les trois signataires. En revanche, leur proposition pour endiguer le problème est pour le moins lunaire, puisque le trio demande aux Français, de diminuer "immédiatement", ce sont leurs propres termes, leur consommation énergétique.

Fort bien, n'utilisons plus nos voitures pour aller travailler, même si, pour la majorité des Français c'est le seul moyen de déplacement possible. Quant aux départs en vacances, on oublie. Curieusement, dans la tribune qu'il cosigne, Patrick Pouyanné n'évoque pas les 4 milliards de résultat engrangé depuis le début de l'année et les 20 milliards espérés pour 2022. L'effort de Total pour endiguer l'inflation pétrolière (hormis les 10 cts de baisse en été dans ses stations d'autoroute, assez loin des 5 euros consentis il y a quelques mois) consiste donc à renoncer à gagner plus, en incitant les consommateurs à moins acheter ses produits. Finalement, lorsque Bruno Le Maire demande de revenir à la raison, peut-être qu'entre les lignes de son interview, il s'adresse au patron de Total.

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