Comment Lamborghini est devenu le bon élève du groupe Volkswagen
Alors que le fleuron Porsche vacille avec un bénéfice en chute libre de 91 %, Lamborghini affiche une santé insolente et une marge opérationnelle de 24 %. Entre prudence saxonne et exubérance latine, quelles sont les recettes du Taureau de Sant’Agata ?

Il fut un temps, pas si lointain, ou Porsche était le premier de la classe du groupe Volkswagen, un temps ou le colosse de Stuttgart en remontrait aux autres marques de la galaxie et, au-delà, à tous les industriels de l’automobile. Mais les temps changent, la météo se couvre à Stuttgart, le fleuron dévisse et a perdu 91 % de son bénéfice en 2025.
Mais de l’autre côté des Alpes, en Émilie Romagne, on savoure, non pas une revanche, car Lamborghini est dans le même bateau allemand puisque filiale d’Audi. Mais à Sant’Agata, on affiche une insolente réussite et une année exceptionnelle. L’an passé, la marque au taureau a réalisé une marge opérationnelle de 24 %, alors que Porsche s’est contenté de 0,3 %, et un bénéfice, forcément, quasi nul.
Une réussite malgré les obstacles
Résultat : avec ses 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, réalisé avec « seulement » 2 000 salariés, l’Italien a permis d’engranger 8 % du chiffre total du groupe, en vendant 10 747 autos l’an passé, quand l’ensemble des marques de VW en distribuent près de 9 millions.
Et pourtant, 2025 était très mal engagée. Lambo, comme tous ses confrères étrangers a dû s’accommoder du retournement du marché chinois et des facéties douanières de Donald Trump.
Le constructeur qui n’est, après tout, qu’une ETI, n’a pas les moyens de s’offrir une usine en Amérique et il a décidé dès le printemps dernier, de stopper purement et simplement ses exportations vers les US, le temps que l’administration de Washington et l’UE trouvent un deal. Pendant 8 semaines, pas le moindre Urus ou Revuelto n’a donc pris le bateau et adieu les 27 % de marge opérationnelle de 2024.

C’est au cours de l’été que Stephan Winkelmann, le boss de la maison, a repris la route de l’Amérique avec ses autos, en augmentant leur prix de 10 à 15 % selon le modèle. Un mauvais timing pour une hausse des tarifs ? Pas vraiment. Avec un panier moyen de 350 000 euros, le client n’a pas senti passer la douloureuse.
Alors le patron allemand qui a grandi en Italie a poussé le bouchon plus loin en exploitant au maximum la personnalisation grâce au programme Ad Personam qui existait déjà, mais que Lambo n’avait pas mis en jusqu’à ce qu’il reprenne les commandes en 2020, après avoir fait un tour à la tête de Bugatti.
Et ça marche plus que de raison. Selon Winkelman, interrogé par la presse allemande, 90 % des clients en passent par la personnalisation pour un budget qui atteindrait 100 000 euros, en plus du prix de base de l’auto, évidemment. Un jackpot pour Sant’Agata avec des délais qui atteignent 2 ans. Il mise aussi sur les séries limitées qui elles aussi s’arrachent.
Bling-bling et personnalisation
Car Winckelmann semble avoir compris ses clients mieux que Rolls, Maserati, Bentley ou Aston qui tous, à des niveaux différents, marquent le pas ou boivent la tasse ces temps-ci. Quant leurs autos font dans la sobriété stylistique, le presque Italien n’hésite pas à en rajouter. Il assume totalement le côté bling bling de ses autos, et leurs couleurs parfois limites, mais visibles depuis la Lune.
Mais chez Automobili Lamborghini, l’outrance n’est que mécanique et stylistique. En interne, la gestion rigoureuse serait de mise, et la prudence semble devenue une religion. Après avoir purement et simplement annulé son coupé 2+ 2 Lanzador 100 % électrique, alors que son concurrent de toujours Ferrari s’engageait dans ce créneau avec la Luce. Mais il n’exclut pas d’y revenir, peut-être, après 2030, préférant d’ici-là miser sur les cylndres en V et sur l’hybridation. Quand la prudence saxonne se marie avec l’exubérance latine, le résultat peut avoir financièrement du bon.











Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération