Coût de l’essence : un salarié sur cinq prêt à tricher sur ses notes de frais carburant
Alors que les prix à la pompe s’installent à des sommets vertigineux, une étude britannique montre qu’un salarié sur cinq se dit prêt à tricher sur ses notes de frais. Le phénomène touche également la France.

Un récent rapport* du télématicien britannique Cubic³, montre qu’un « employé sur dix reconnaît avoir déjà falsifié ses notes de frais de carburant ».
Avec l’envolée des coûts du pétrole et des prix à la pompe, la proportion de personnes susceptibles de franchir le pas grimpe à 18 %. Soit près d’un employé sur cinq.
Rien d’étonnant à cela pour Paul Foley, vice-président chez Cubic³. « Lorsque les prix du carburant ne cessent de grimper, il n’est pas surprenant que certains cherchent des moyens d’alléger la pression, quitte à s’arranger avec les règles », souligne-t-il.
Un phénomène européen
Gonflage des kilométrages professionnels, utilisation de la carte carburant de l’entreprise pour des trajets personnels, plus d’un gestionnaire de flotte sur cinq signale des transactions non autorisées, avec un impact direct sur les coûts de l’entreprise, selon Cubic³.
D'après les relevés du télématicien 18 % de transactions par carte carburant présentent des anomalies (incohérence entre la position GPS du véhicule et la station). Un phénomène qui dépasse largement les frontières britanniques. Ce type de fraude s’étend partout en Europe.
En France, les pertes estimées liées à la fraude sur les carburants, dépassent les 150 millions d’euros par an. À l’échelle de l’Europe, le coût global pour les transporteurs avoisinerait les 4 milliards d’euros selon les estimations des commissions de travail du Parlement européen. Ces données comprennent également siphonnage de carburant.
Le vol de carburant l’autre plaie pour les sociétés
Le diesel est devenu le nouvel « or liquide » qui attire les réseaux de criminalité organisée toujours plus audacieux. « Le vol de carburant est une plaie qui touche toutes les entreprises exploitant des camions », s’insurge Nazaire Quincé, PDG de la société éponyme, dans les colonnes de Trans.INFO ce 16 mars. Après avoir perdu 13 800 litres l’an passé, l’entreprise, a déjà vu s’évaporer 5 207 litres dans la nature pour le seul mois de janvier 2026. Soit un préjudice sec de 6 750 € en seulement trente jours.
Un manque de contrôle
Selon les données d’Alphabet (filiale LLD de BMW) si près de la moitié des flottes suivent leurs émissions carbone, à peine 4,5 % utilisent l’intelligence artificielle ou l’automatisation pour piloter les dépenses et les comportements de leurs salariés.
Ce « fossé technologique », souligne Markus Deusing (PDG d’Alphabet), révèle un paradoxe majeur. « Les entreprises observent leurs données de mobilité mais ne disposent pas encore des outils réactifs nécessaires pour contrer efficacement les dérives budgétaires et la fraude. »
Pourtant les contraintes réglementaires s’intensifient. L’Union européenne impose désormais une nouvelle génération de tachygraphes intelligents dans les véhicules commerciaux, afin d’améliorer la sécurité et la fiabilité des données.
Malgré tout, seulement 39 % des employés jugent les dispositifs de contrôle de leur entreprise réellement efficaces. De quoi faire prêcher Paul Foley pour sa propre paroisse. Selon lui adopter une solution télématique permettrait aux entreprises « d’économiser plus de 10 % sur les coûts de carburant ».
Avez-vous déjà "optimisé" une note de frais carburant?
* The 2026 Fleet Spend Transparency Report : Bridging the Gap Between Telematics and Payments




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