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Hausse des prix de l’essence : à qui profite le crime ?

Dans Economie / Politique / Budget

Michel Holtz

Les distributeurs sont convoqués à Bercy pour se justifier sur les hausses de carburant qui atteignent 2 euros le litre. Une flambée qui pourrait avoir des incidences bien au-delà du plein des Français et toucher l'économie en général.

Hausse des prix de l’essence : à qui profite le crime ?
Un conducteur s'apprète à faire le plein de sa voiture, à Caen, le 5 mars. Crédit photo : MaxPPP.

Ce n’est pas une réunion, plutôt un remontage de bretelles. En fin de matinée de ce jeudi 6 mars, Roland Lescure et Maud Bregeon, respectivement ministre de l’Économie et porte-parole de gouvernement ont convoqué les distributeurs de pétrole, savoir les représentants des stations-service comme leurs grossistes pour avoir quelques explications.

C’est que la hausse du carburant constatée partout en France est non seulement déjugée le ministre dans un premier temps, mais elle est sans rapport direct avec la situation au proche et moyen orient.

Une bourde ministérielle

Roland Lescure affirmait sur FranceInfo, le 5 mars que le prix moyen du carburant s’établissait à 1,75 euro. C’est faux, et c’est le site de son propre ministère qui l’affirme : il s’établit plutôt à 1,86 euro pour le gazole et 1,83 pour le sans-plomb 95, avec des pointes qui peuvent largement dépasser les 2 euros. Il a finalement reconnu, dans une interview au Parisien le lendemain, que la hausse atteignait effectivement « entre 5 et 20 cts ».

Mais au-delà de cette boulette, Bercy en particulier et le gouvernement dans son entier, veulent savoir à qui profite le crime. Les pétroliers semblent jouer le jeu des tarifs, puisque non seulement ils disposent de stocks de plusieurs semaines, payés au prix d’avant la guerre en Iran.

De plus, la France est plutôt moins dépendante que d’autres pays de l’or noir du Golfe, notamment grâce à l’Afrique de l’Ouest (et aux forages TotalÉnergies) qui n’ont pas besoin de transiter par le détroit d’Ormuz. Ce pétrole n’est pas moins cher que celui en provenance d’Arabie saoudite, mais au moins il préserve d’une éventuelle pénurie et d’un besoin vital de pétrole oriental dans les jours qui viennent.

Dans un premier temps, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a sous-estimé le prix de l’essence. Crédit photo : MaxPPP.
Dans un premier temps, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a sous-estimé le prix de l’essence. Crédit photo : MaxPPP.

Ce sont donc les distributeurs qui sont dans le collimateur et accusés de faire gonfler les prix, et leurs marges par conséquent. Jusqu’où risquent-ils de grimper ? Le délégué général de 40 millions d’automobilistes, interrogé sur RMC ce 6 mars, évoque un litre à 3 euros.

Mais Pierre Chasseray sait parfaitement que le bouclier énergétique mis en place au moment de déclenchement de la guerre en Ukraine serait redéclenché pour faire baisser les prix bien avant que le sans-plomb n’atteigne cette somme, et même si l’opération coûte ultra-cher, l’addition sera moins élevée que les points de PIB qui seraient perdus en raison de cette hausse.

Le porte-parole de l’association fustige également, dans une tribune, le « hold-up fiscal » réalisé par l’État qui serait le grand gagnant de cette flambée. Un discours également tenu par Dominique Schelcher, président de Super U et Jordan Bardella, président du RN. Sauf que, il faut le rappeler, la taxe (ex TICPE) de 0,69 euro par litre, est fixe quel que soit le prix de l’essence.

Reste les 20 % de TVA qui est effectivement lié au tarif. Mais, selon Bercy, la hausse des recettes liée à l’envolée va freiner la croissance à un niveau beaucoup plus élevé que le gain de TVA supplémentaire.

Reste que le carburant ne risque pas de baisser de sitôt. Car après les distributeurs, les pétroliers vont prendre le relais et répercuter la hausse du baril qui atteint 87 euros en cette fin de semaine. Et rien ne justifie une baisse avant que le conflit ne cesse, ou du moins que le détroit d’Ormuz ne soit réouvert.

L’industrie automobile pourrait être touchée

Les répercussions de cette crise risquent d’aller bien au-delà d’une facture d’essence alourdie pour les particuliers. Car les transports sont touchés dans leur ensemble et, par là même, tous les biens et services qui en dépendent. Ce qui pourrait relancer une inflation qui s’était calmée depuis un an et demi.

Quant à l’industrie automobile, elle doit, quant à elle, faire face à deux écueils : l’envolée des prix du plastique, dont les prix sont évidemment liés à ceux du pétrole, mais aussi, l’augmentation du tarif de transport des voitures assemblées et des pièces venues d’Orient, qui risquent d’être détournées et ralenties.

Cette hausse du prix du fret va irrémédiablement être répercutée sur le consommateur final. Une nouvelle qui survient au moment ou l’automobile est déjà plongée dans le marasme, et qui pourrait agir comme une deuxième lame de crise.

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