De manière étrange, Citroën célèbre les 30 ans de sa Saxo VTS
Citroën glorifie sa Saxo VTS qui a su séduire les conducteurs sportifs les plus exigeants. Pourquoi faire, vu l’électrification massive de sa gamme qui ne compte strictement plus rien de sportif ? Cela dit, ne boudons pas notre plaisir, d'autant que c'est l'occasion de passer en revue les petites bombes du double chevron, à commencer par la Visa.

Un petit coup de « c’était mieux aaaavant », ça vous dit ? Sans discontinuer, Citroën a commercialisé, de 1982 à 2016 des citadines sportives. Et non des moindres, à commencer par la première sortie, la Visa. La marque aurait-elle envie de l’oublier ? Pourtant, elle a été déclinée en une série de variantes parfois très affûtées, de la Chrono de 93 ch en 1982 à la GTI de 115 ch (1985), en passant par l’étonnante Mille Pistes. Celle-ci, dotée d’une transmission intégrale, a été homologuée en Groupe B, ce qui signifie que 200 unités routières ont été fabriquées pour son homologation en course.

Elle n’a pas fait que de la figuration, et c’est bien là le problème. A son volant, le défunt Jean-Luc Thérier a accompli des prouesses lors du rallye Paris-Dakar 1985, où il a réussi à occuper la 3e place au général avant de se blesser très gravement lors d’un crash. Il en est ressorti paralysé d’un bras, ce qui a mis à un terme à sa carrière. Problème, Citroën Compétition ne l’avait pas assuré, puis aurait refusé de l’indemniser. Thérier a poursuivi le constructeur en dommages et intérêts, se ruinant en dix ans de frais de procédure car en fin de compte, il a été débouté.

Pendant ce temps, la Visa GTI était sortie, d’abord en 105 ch puis en 115 ch, avec la mécanique et le train avant de la Peugeot 205 GTI. La Citroën était une petite sportive bien digne, qui ne rendait pas grand-chose à sa cousine sochalienne dynamiquement, mais elle est loin d’avoir connu la même carrière.

Pour lui succéder, Citroën a sorti en 1986 la très intéressante AX, qui s’est déclinée en Sport, GT et GTI. Comme la Visa, elle a bien marché en rallye, et servi de formule de promotion redoutable mais aussi marché. L’AX n’était pas bien puissante (100 ch maxi) mais très légère, elle en remontrait à bien plus costaud qu’elle ! Sur sa base modernisée, on a développé la Peugeot 106, de laquelle on a extrait la Saxo en 1996.

Celle-ci, en avril de cette année-là, s’est offert une variante sportive très compétitive, la VTS. En effet, sous son capot trône le respecté moteur TU5JP4, un 1,6 l développant 120 ch. Pas énorme, notamment face aux 136 ch d’une Fiat Punto GT, mais voilà, la Citroën modère son poids et surtout bénéficie de trains roulants affûtés comme jamais. En découle une petite bombe légère, rageuse, ultra-efficace, pas très chère et… fiable en diable ! A son volant, en rallye, catégorie Super 1600, c’est un certain Sébastien Loeb qui remportera le championnat du monde Junior en 2001, avec à ses côtés Daniel Elena. Malheureusement, Citroën ne la fera pratiquement pas évoluer, se contentant de lui offrir un léger restylage en 1999, qui modifiera vaguement le look mais pas la mécanique.

Celle-ci, retravaillée à 125 ch, se retrouvera sous le capot de la C2 VTS, qui remplacera la Saxo en 2003. Mais à cause d’un poids bien plus élevé (rançon d’une sécurité passive infiniment meilleure), la C2 restera dans l’ombre de sa devancière, et comme elle, n’évoluera pratiquement pas au fil d’une carrière en demi-teinte qui s’arrêtera en 2009. On s’en remettra car déboule la très réussie DS3 Racing fin 2010. Au programme, 202 ch, suspension aux petits oignons, gros freins. Déclinée aussi en cabriolet, elle se forgera son petit succès, sur route et en compétition, puis abandonnera son blason Citroën pour devenir simplement une DSen 2016.

En clair, si Citroën célèbre les 30 ans de sa Saxo VTS, elle n’a plus produit aucune sportive depuis 10 ans. Mais peut-être que le double chevron nous concocte quelque chose sur la base de la C4-ë ? Une nouvelle sportive certes puissante (280 ch) et efficace, mais lourde comme un âne mort, affublée d’une autonomie ridicule et très chère, puisqu’établie sur la même plate-forme que l’Abarth 600e, la Peugeot 208 GTI, la Lancia Ypsilon HF et l’Opel Mokka GSE. Rien n’est moins sûr, et heureusement diront certains.








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