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Voitures électriques: une progression en trompe-l’œil

Les ventes de voitures électriques progressent, mais gare au trompe-l'oeil: si l'Etat ne soutient pas davantage la filière et si les constructeurs ne l'investissent pas davantage, il y a peu de chances que la mobilité dite "propre" se développe à grande échelle.

La Renault Zoé est la deuxième voiture électrique la plus prisée en Europe, derrière sa cousine la Nissan Leaf. Mais ses chiffres de vente restent faibles dans l'absolu: 13 500 voitures sur les 5 premiers mois de l'année, c'est encore peu.
La Renault Zoé est la deuxième voiture électrique la plus prisée en Europe, derrière sa cousine la Nissan Leaf. Mais ses chiffres de vente restent faibles dans l'absolu: 13 500 voitures sur les 5 premiers mois de l'année, c'est encore peu.

Il existe deux façons d’envisager les ventes de voitures électriques en France. La première consiste à considérer la batterie à moitié pleine, en mettant en avant des ventes qui ont progressé de 12,7% en juillet-août (par rapport à l’année précédente), et un marché du véhicule électrique - qui regroupe les 100% électrique et les hybrides - en progression de 22,4% depuis le début de l’année, soit presque trois fois mieux que le marché automobile global (+8,4%). Sous cet angle, on assiste à une progression relativement spectaculaire, dont ne peuvent que se féliciter ceux d’entre nous qui se soucient de préservation de l’environnement.

Mais si l’on examine les chiffres dans le détail, le tableau apparaît moins reluisant puisque les modèles électriques ne représentent que 1,16% du marché, contre 1,17% l’an dernier à la même période, et les hybrides 4,55% (contre 3,64% en 2018).

Des résultats qui font dire à Cécile Goubet, Secrétaire Générale de l’Avere-France, que « si la tendance reste globalement positive en France, le marché manque de dynamique au regard des chiffres européens. La mobilité électrique avance beaucoup moins vite en France que dans d’autres pays. La promotion, les mesures incitatives et aides au passage à la mobilité électriques doivent être davantage soutenues. Alors qu’il a défendu le véhicule à faibles émissions par le passé, l'Avere-France espère que la nomination de François de Rugy au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire contribuera à offrir un environnement réglementaire et fiscal favorable afin de rejoindre les niveaux de croissance du trio de tête des pays européens et ainsi atteindre les objectifs fixés pour 2022. »

Les freins à la mobilité 100% électrique sont encore nombreux, à commencer par la nécessité de changer nos habitudes d’automobilistes, puisque se posent avec l’électrique les questions du temps de charge et de la disponibilité des bornes. Auditionné à l’Assemblée nationale en janvier dernier, le patron de Renault Carlos Ghosn expliquait que « les infrastructures de charge sont un point essentiel pour le développement de la voiture électrique. Pour l’essence, les infrastructures de charge ont été nécessaires : sinon, les gens n’auraient pas acheté de voitures. Or, il est beaucoup moins cher d’installer une borne de chargement électrique qu’une station d’essence. Il y a donc très peu d’efforts à faire pour installer des bornes de chargement dans les villages ou dans les campagnes. L’électrique a un réel avantage comparé à l’hydrogène et à l’essence, car l’infrastructure unitaire de charge n’est pas très chère. L’effort doit être partagé entre les constructeurs, les communautés, les villages, les villes, etc. » Et Carlos Tavares, son homologue chez PSA, de préciser que « si on veut atteindre une part de 30% de modèles électriques dans les ventes totales, la question qui se pose est celle du point de vue du consommateur : un véhicule électrique c’est super, mais vais-je pouvoir le recharger ? Au-delà de la question d’entrave à la liberté de mouvement, il y a la question évidente du confort d’usage : à quelle vitesse allons-nous développer des réseaux de chargement qui sécurisent l’acheteur ? »

Au 1er juillet, on dénombrait 26 390 points de charge ouverts au public en France, qui se répartissent en 10 062 stations. Ce dernier chiffre traduit une progression de 38% par rapport à septembre 2017, et montre que les choses avancent donc dans le bon sens.

Reste à convaincre les constructeurs de jouer le jeu. Au Mondial de l’auto, les amateurs pourront notamment découvrir les Tesla Model 3, Mercedes EQC, Jaguar I-Pace et autres Audi e-tron. Des modèles d’exception, toutefois, et dont les prix élevés limiteront forcément la diffusion. En revanche, pas de grosses nouveautés à signaler du côté des généralistes. Ce sont les Nissan Leaf, Renault Zoé et Volkswagen e-Golf qui se partagent aujourd'hui l’essentiel du gâteau en Europe, et peu de constructeurs semblent vouloir leur disputer ce leadership.

 

 

 

 

 

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Commentaires (87)

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Vu l'offre rien d'étonnant, mais avec l'arrivée de la model 3 ça va décoller !

Par

En réponse à Rodger29

Vu l'offre rien d'étonnant, mais avec l'arrivée de la model 3 ça va décoller !

Vu la qualité de l'offre ou leur prix ça n'a rien d'étonnant.

Euh la Zoé pionnière (enfin, selon Carlos) , pour rire je rappelle ses prévisions de ventes annuelles communiquées par le chef de produit ?

Allez rions avec Thierry Koskas, responsable du projet des véhicules électriques chez Renault :

"La Zoe sera produite à environ 150 000 exemplaires par an, pour un prix de vente de 15 700 €, soit quasiment moitié moins cher que la Nissan Leaf"

Bah non

Par

" la mobilité "propre" est un argument qui ne me semble pas le plus approprié...Je dirais plutôt " la mobilité plus propre que le thermique sur les trajets urbains" et n'en démordrais pas.....

Car ça reste et restera une histoire d'intérêt .Je pense que lorsque le monopole des points de recharges sera éclairci, lorsque Total et les autres auront vampirisé les fournisseurs d'énergie électrique, lorsqu'on aura trouvé et reporté un substitut aux TICPE ....et j'en passe au niveau de la reconversion des principaux constructeurs automobiles.... Alors là, oui, les publicités et incitations diverses y compris pécuniaires accélèreront la mise en place des VE....

Par

L'électrique c'est bien en ville. Pour partir en vacances bof. A moins de faire plusieurs étapes, sur 800 bornes pourquoi pas mais sur 500, pas forcément utile. A moins de faire du tourisme itinérant, des "road trip" par exemple. Tout est une question d'usage.

A l'heure actuelle il faut 2 bagnoles et tout le monde n'a pas les moyens d'en avoir plus d'une, dans les parking collectifs de résidence on trouve rarement des prises, les stations de recharge ne seront exemptes pas de taxes (faut pas déconner), les français sont pris pour des cons et des vaches à lait donc les ventes ne décollent pas.

Par

Le greenwashing est utile pour la carrière politique et les élections. La pollution rien à cirer, la santé des gens encore moins. Des taxes, ça oui. Bref, du foutage de gueule comme d'hab' et ce depuis toujours venant des gouvernements en carton ces dernières décennies.

Par

L'endroit où il est le plus difficile d'avoir une prise électrique pour la recharge à domicile c'est en ville.

L'endroit où l'électrique est le plus utile/efficient, c'est en ville.

Je pense que l'électrique en l'état plafonnera à 5% de part de marché (c'est à peu près le % de bobo en France), tant que le cahier des charge GAME (globalement au moins équivalent), qui est le cahier des charges de l'utilisateur lambda n'est pas rempli :

- Temps de recharge : 5/10 minutes (le temps de faire le plein actuellement)

- Nombre de station recharge = nombre de station-service

- Performance globale des véhicules (rapport poids / puissance)

- Autonomie thermique = autonomie électrique

- Prix thermique = prix électrique (hors subvention)

Bref, c'est pas pour demain. D'ici la, on aura réalisé que le Lithium ça pollue et que c'est une catastrophe et comme pour le Diesel on aura perdu 20 ans de R&D :)

C'est dommage que la bobo-sphère soit composé majoritairement de philosophe que d'ingénieur =D

Par

En réponse à WJMM88

L'électrique c'est bien en ville. Pour partir en vacances bof. A moins de faire plusieurs étapes, sur 800 bornes pourquoi pas mais sur 500, pas forcément utile. A moins de faire du tourisme itinérant, des "road trip" par exemple. Tout est une question d'usage.

A l'heure actuelle il faut 2 bagnoles et tout le monde n'a pas les moyens d'en avoir plus d'une, dans les parking collectifs de résidence on trouve rarement des prises, les stations de recharge ne seront exemptes pas de taxes (faut pas déconner), les français sont pris pour des cons et des vaches à lait donc les ventes ne décollent pas.

Le bobo part en vacances en train (nostalgique des déportés de 40'), c'est pas un critère.

Par

En réponse à Rodger29

Vu l'offre rien d'étonnant, mais avec l'arrivée de la model 3 ça va décoller !

Vous êtes au courant que le prix moyen d'achat d'une Model 3 est de 60.000$? A ce jour la version promise à 35.000$HT (donc min. 40.000€ TTC) n'est toujours pas produite.

Par

Ben tiens ! Subventionner encore plus ! 6000 euros de bonus et le marché stagne toujours à 1%....C'est peut être que la voiture électrique ne répond pas aux besoins des gens non ?

Personnellement je ne suis pas près à mettre 25 000 euros dans une zoe pour faire des ronds autour de ma ville , sans pouvoir envisager autre chose comme déplacement....Sans parler du temps de recharge, de l'usure des batteries, ou du prix de revente calamiteux de l'auto...

Comme déjà par d'autres, je ne comprend pas pourquoi on ne s’intéresse pas plus à l'hybride rechargeable au lieu de s'obstiner à vouloir accroitre l'autonomie des électriques pures, ce qui est une aberration aujourd'hui.

Par

En réponse à LOCTITE

Ben tiens ! Subventionner encore plus ! 6000 euros de bonus et le marché stagne toujours à 1%....C'est peut être que la voiture électrique ne répond pas aux besoins des gens non ?

Personnellement je ne suis pas près à mettre 25 000 euros dans une zoe pour faire des ronds autour de ma ville , sans pouvoir envisager autre chose comme déplacement....Sans parler du temps de recharge, de l'usure des batteries, ou du prix de revente calamiteux de l'auto...

Comme déjà par d'autres, je ne comprend pas pourquoi on ne s’intéresse pas plus à l'hybride rechargeable au lieu de s'obstiner à vouloir accroitre l'autonomie des électriques pures, ce qui est une aberration aujourd'hui.

L'hybride rechargeable est aussi cher que l'électrique, la peur de la panne sèche en moins. :bah:

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