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L'État débloque 400 millions d'euros pour les sous-traitants de la filière auto

Dans Economie / Politique / Politique

Michel Holtz

Plusieurs usines de petits équipementiers sont fermées ou sont sur le point de l'être en raison de la crise sanitaire et de la reconversion programmée vers l'électrique. Pour tenter de stopper l'hémorragie, les pouvoirs publics font un chèque de 300 millions d'euros pour sauver les entreprises qui peuvent l'être et 100 millions pour les territoires qui les accueillent.

La fonderie S.A.M à Decazeville est désormais en liquidation judiciaire.
La fonderie S.A.M à Decazeville est désormais en liquidation judiciaire.

La liste n'en finit plus de s'allonger. Entre la fonderie S.A.M de Decazeville dans l'Aveyron, Benteler à Migennes dans l'Yonne en passant par MBF Aluminium à Saint Claude dans le Jura, nombre de sous-traitants de la filière automobile sont sur le point de fermer leurs portes, si celles-ci ne sont pas déjà closes. Ces entreprises sont en effet soumises à une double peine : la crise sanitaire et ses conséquences et la bascule désormais inéluctable de l'industrie auto vers l'électrique.

L'une de ces boîtes, l'entreprise Votat dans l'Oise, spécialisée dans l'emboutissage de pièces métalliques a souffert elle aussi, mais elle a survécu, notamment grâce à des aides publiques obtenues au début de cette année. Et c'est justement à son siège qu'Agnès Pannier-Runnacher a annoncé hier nouveau plan d'aide pour ces entreprises, souvent des PME. La ministre déléguée chargée de l'industrie a proposé un nouveau fonds de soutien à ces petits équipementiers de 300 millions d'euros, auquels s'ajoutent 100 millions plus spécialement destinés aux territoires qui doivent faire face à ces défaillances, et aux salariés licenciés.

Agnès Pannier Runacher promet 400 millions d'aides pour soutenir la filière.
Agnès Pannier Runacher promet 400 millions d'aides pour soutenir la filière.

Ce fond, disponible dès aujourd'hui, doit permettre à des entreprises de la filière de basculer elles aussi vers l'électrique, si elles en ont la possibilité, et si ce n'est déjà fait. Pour les autres, il leur permettra de se reprogrammer, de se transformer ou d'aborder un autre secteur que l'automobile, comme l'aéronautique par exemple.

Aider les entreprises à se transformer ou à se reconvertir pour ne pas mourir

À ces 300 millions, la ministre en a ajouté 100. Une somme plus spécialement destinée aux territoires touchés par les défaillances d'entreprises. Une trentaine de bassins industriels sont d’ores et déjà sélectionnés pour recevoir une part de cette somme. Une manne qui devrait leur servir à attirer, et à financer en partie, de nouvelles entreprises qui pourraient, par ce biais, s'installer dans leur région et, bien entendu, d'embaucher ceux qui y vivent. Ces nouvelles boîtes devront, ça va de soi, être porteuses de projets d'avenir.

Par ailleurs, un dispositif est mis en place avec les partenaires sociaux pour permettre aux salariés licenciés de se former et de se reconvertir. Ce dispositif, étonnamment non chiffré, n'est pas anecdotique, ou ne devrait pas l'être : 2 865 personnes ont perdu leur emploi parmi ces sous-traitants de l'automobile pour la seule année 2021, selon les statistiques de l'observatoire de l'emploi Trendeo.

Préparer la bascule vers l'électrique sans (trop) de casse sociale : l'une des difficultés gouvernementale de ces dix prochaines années.
Préparer la bascule vers l'électrique sans (trop) de casse sociale : l'une des difficultés gouvernementale de ces dix prochaines années.

Pour piloter l'ensemble de ce dispositif, Agnès Pannier Runacher n'est pas seule à la barre. Car il s'agit d'identifier les possibilités de changement de business model des entreprises en reconversion, et de déterminer les nouveaux secteurs porteurs autour des thèmes de l'électrique et de l'hydrogène. Ce sera le rôle de la PFA (Plateforme Automobile) et de son incontournable président Luc Chatel.

L'organisme qui regroupe les constructeurs, les équipementiers comme les réparateurs, va s'appuyer sur deux professionnels, spécialement chargés de cette tâche. Il s'agit de Didier Sépulchre de Condé, ancien directeur général de SNR Roulements et de Patrick Thollin, ex-patron d'Electrifil Automotive. Les deux hommes ont effectué toutes leur carrière au sein d'équipementiers et vont à présent conseiller leurs confrères dans la difficulté.

Pour autant, ces 400 millions d'euros seront ils suffisant pour sauver les sous-traitants qui tirent aujourd'hui leurs revenus de pièces mécaniques destinées aux voitures thermiques ? Rien n'est moins sûr et Agnès Pannier Runacher a déjà donné rendez-vous à la filière  après les fêtes pour leur annoncer une nouvelle aide, destinée cette fois à la recherche et développement et leur permettre de franchir un pas supplémentaire vers les nouvelles technologies de l'automobile. Un nouveau fonds de soutien quinze jours à peine après celui-ci ? C'est que le temps presse et que les élections approchent.

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