L'Europe s'attaque enfin à la "zone grise" du transport routier et de la logistique
À compter de ce 1er juillet, les utilitaires légers, dès 2,5 tonnes, destinés au transport routier de marchandises à l’international devront obligatoirement être équipés d’un tachygraphe. Une harmonisation voulue par Bruxelles pour lutter contre le dumping économique et social au sein de l’UE.

Ce 1er juillet, l’Europe franchit une nouvelle étape de son « Paquet Mobilité » en rendant obligatoire le tachygraphe intelligent sur tous les VUL (Trafic, Jumpy, Expert, Vito...) pratiquant du commerce transfrontalier.
En instaurant aux VUL, le même régime de contrôle des temps de conduites et de repos que pour les poids lourds, l’Union Européenne entend siffler la fin d’une forme d’anarchie sociale et économique sur l’ensemble de la chaîne logistique européenne.
Question d'équité économique et de sécurité routière
En échappant jusqu’alors aux chronotachygraphes, les VUL sont devenus les outils privilégiés du transport paneuropéen à flux tendus. Au point de constituer une zone grise du transport international.
Certains transporteurs utilisent des flottes de Véhicules légers pour s’affranchir des règles strictes des poids lourds (PL) et proposer des services de transport routier à prix cassés. Un conducteur pouvant enchaîner les heures de conduites sans contraintes.
D’après les enquêtes de gendarmerie, les procès-verbaux de la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et les syndicats de transporteurs, 80 % des VUL contrôlés en transit international appartenait à des flottes d’Europe de l’Est, Pologne, Bulgarie, Hongrie, Lituanie ou encore Roumanie. Pour abaisser toujours plus les coûts de transport, ces entreprises embauchent des chauffeurs à bas coût souvent Biélorusse, ukrainiens ou kazakhs sous contrats de travail locaux.
36 heures au volant sans dormir
Lors d’un contrôle ciblé sur l’autoroute A10 au niveau de la barrière de péage de Monnaie (Indre-et-Loire), le peloton de gendarmerie autoroutière a arrêté un chauffeur ayant roulé avec son VUL 36 heures sans dormir, en s’accordant juste quelques microsiestes sur des aires pour tout repos. Parti d’Europe de l’Est, il avait traversé l’Allemagne et la France entière, et s’apprêtait à descendre jusqu’au sud de l’Espagne sans longue pause. En l’absence de chronotachygraphe les gendarmes ont réussi à refaire le puzzle du parcours grâce aux tickets de péages.
En uniformisant les règles, Bruxelles cherche autant à sécuriser les routes qu’à assainir la concurrence. On se demande quand même pourquoi les véhicules de transports de moins de 9 personnes ne sont pas soumis à cette nouvelle réglementation.













Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération